Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

Greenland : Migration – quand la survie perd son urgence

La survie change d’échelle mais perd en intensité dans "Greenland : Migration". Entre ambitions post-apocalyptiques et road-trip mécanique, le film cherche à élargir son horizon sans jamais parvenir à lui donner du souffle. Mise en scène atone, personnages appauvris et émotion sous contrôle, cette suite avance, mais sans véritable urgence ni destination claire.

La Femme de ménage : l’art du faux suspense

Avec "La Femme de ménage", Paul Feig poursuit son virage vers le thriller domestique en adaptant le best-seller de Freida McFadden. Le film met en scène une héroïne précaire piégée dans une maison bourgeoise où domination sociale et emprise patriarcale s’entremêlent. Porté par Sydney Sweeney et Amanda Seyfried, le récit affiche des ambitions féministes fortes, mais peine à instaurer une tension durable et une véritable radicalité de mise en scène.

Avatar : De Feu et de Cendres – à l’épreuve du feu

L'univers des Na’vis s’embrase sous le regard de James Cameron, dont la virtuosité formelle n’est plus à démontrer. Dans "Avatar : de feu et de cendres", la beauté des images et la puissance sensorielle masquent difficilement un récit en perte d’élan, saturé de personnages et d’enjeux esquissés plus qu’incarnés. Un retour à Pandora aussi fascinant que frustrant.

Palmarès du WIPP Festival 2025

Le palmarès 2025 du WIPP Festival célèbre le cinéma en train de s’inventer à travers des projets encore à l’état de work in progress. Performances scéniques, écritures audacieuses et regards singuliers se croisent à Commune Image pour affirmer le WIPP comme un laboratoire essentiel des formes et récits cinématographiques contemporains.

The Shadow’s Edge : ancienne école, nouvelle ère

"The Shadow’s Edge" marque le retour en grâce de Jackie Chan dans un polar d’action nerveux signé Larry Yang. Entre filature, tension autour de la surveillance et cascades inventives, le film réunit un trio marquant avec Tony Leung Ka-fai et Zhang Zifeng. Un remake énergique où se confrontent tradition, modernité et un spectacle d’action généreux.

Jone Sometimes : le grand départ

"Jone Sometimes" de Sara Fantova est un film sensible sur le passage à l’âge adulte, porté par l’introspection d’une jeune femme durant la Semana Grande à Bilbao. Entre amitiés, amour, doutes et liens familiaux fragiles, ce récit d’été mêle douceur, silences et souvenirs en formation, capturant l’intensité éphémère de la jeunesse avec pudeur et justesse.

L’Œuf de l’Ange : le monde englouti

Restauré en 4K, "L’Œuf de l’Ange" de Mamoru Oshii révèle toute la puissance mystique et contemplative de ce film culte. Entre visions gothiques, silence habité et quête de sens, cette œuvre rare explore la foi, le doute et la beauté fragile d’un monde en ruine. Une expérience poétique et hors du temps qui continue de hanter le cinéma.

Reedland : le silence des roseaux

"Reedland", premier long métrage de Sven Bresser, transforme un paysage rural en espace mental où se mêlent solitude, désir latent et malaise collectif. Entre thriller détourné, portrait psychologique et fable sensorielle, le film explore la fragilité d’un homme et d’une communauté en mutation, portée par une atmosphère dense et une forte identité visuelle.

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From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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Silent Friend : filmer la lumière, filmer le temps

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