Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

Cannes 2024 : L’Amour ouf, autopsie des cœurs

Fort d’un casting francophone XXL, "L’Amour ouf" est une ode aux premiers amours et à l’amitié. Quand tout va de travers dans la vie, mieux vaut prévenir que guérir. La prescription de Gilles Lellouche est une petite bulle solaire que se partagent deux individus que tout semble opposer, et sur deux époques distinctes. Malheureusement, les ficelles qui animent cette romance empêchent toute envolée lyrique.

Cannes 2024 : Les Graines du figuier sauvage, fruits de l’espoir

Le cinéma iranien est en plein essor et revient périodiquement dans les festivals internationaux depuis quelques décennies. On y découvre à chaque fois la société d'un pays gouverné par la peur, qui manque à ses devoirs envers ses citoyens et ampute tout élan artistique chez les cinéastes qui revendiquent leur liberté d'expression. "Les Graines du figuier sauvage" revient justement sur ces dysfonctionnements en suivant une famille unie, mais qui va peu à peu révéler des fêlures.

Cannes 2024 : Motel Destino, l’amour pas ouf

Certains vivent d’amour et d’eau fraîche, d’autres vivent plutôt d’alcool et de sexe, un parcours de vie qui mène nécessairement vers une impasse.  Dans le cas des personnages déchus du film de Karim Aïnouz, le point de chute correspond au "Motel Destino", un love hotel où l’on feint de vivre le grand amour.

Cannes 2024 : Flow, le règne animal

Rares sont les films d'animation à fouler la Croisette. Cette année, nombre d'entre eux se partagent la lumière sur plusieurs sélections. "Flow" éblouit la sélection d'Un Certain Regard avec une épopée qui convoque un groupe d'animaux sur une arche de Noé. Une fresque sensorielle et minimaliste qui encense les valeurs de l’amitié, au détour d’un voyage éblouissant et hypnotisant.

Cannes 2024 : Les linceuls, à corps perdu

De son propre deuil, David Cronenberg revient sur la Croisette avec une œuvre on ne peut plus personnelle. La disparition de son épouse sept ans plus tôt semble encore le hanter et "Les linceuls" constitue pour lui une manière de lui rendre hommage, tout en laissant la porte ouverte au dialogue, même après la mort. Et malgré cet effort, le célèbre croque-mort du cinéma ne fait que brasser de l’air avec ses dialogues interminables, qui paralysent toute tentative d’immersion ou de communion avec son film.

Cannes 2024 : The Apprentice, le pouvoir héréditaire

L'ascension de Donald Trump n'est plus une fiction jusqu'à aujourd'hui. Ali Abbasi s'est emparé de l'une des figures américaines les plus controversées. Avant même que l'on s'attarde sur la présidence du "guerrier solitaire", "The Apprentice" nous donne à voir comment un homme aussi peu confiant et charismatique s'est bâti un empire financier conséquent.

Cannes 2024 : Oh, Canada – Entretien avec un sénile

Connu pour avoir scénarisé plusieurs scénarios de Scorsese ("Taxi Driver", "Raging Bull", "La Dernière Tentation du Christ"), Paul Schrader retrouve enfin le chemin de la Croisette. À peine sorti de sa trilogie de la rédemption ("First Reformed", "The Card Counter"", Master Gardener"), le cinéaste se penche à présent sur la mélancolie d’un vieil homme sur son lit de mort dans "Oh, Canada". Ses confidences sont ainsi étalées dans une ultime interview, celle qui défait les vérités et les mensonges racontés.

Cannes 2024 : Caught by the Tides, un amour égaré

Impacté par la pandémie du COVID-19, le tournage de "Caught by the Tides" laisse planer toutes sortes d’incertitudes dans son déroulé, linéaire et ancré dans une réalité nostalgique et mélancolique. Au terme de la quatrième journée de la compétition cannoise, nous ne comptons plus les ovnis qui se sont crashés sur la toile. Cette œuvre chinoise représente sans doute la lettre d’amour la plus douce et amère que l’on a découvert depuis le début de la quinzaine.

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