On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Dans « Batman », Dick Tomasovic ne fait rien d'autre que scruter derrière le costume du super-héros. Qu'est-ce qui l'oppose à Spiderman et le rapproche de Sherlock Holmes ? En quoi est-il clownesque, ténébreux ou workaholic ? Quelle est la juste mesure de sa plasticité ? L'ouvrage est fluide, dense et passionnant ; les réflexions qu'il porte en son sein sont exemplifiées à travers toute une série d’œuvres mettant en scène le Chevalier noir.
Véronique Campan, Marie Martin et Sylvie Rollet posent une question inépuisable : qu'est-ce qu'un geste politique au cinéma ? Les trois enseignantes (parmi d'autres) y répondent par une série de textes nous renvoyant à Jean-Luc Godard, Fritz Lang ou Wang Bing, tout en se plaçant sous le patronage de Giorgio Agamben, Gilles Deleuze ou Aristote.
Carlotta Films nous invite, dans deux opuscules leur étant consacrés, à redécouvrir François Truffaut et John Huston, sous la plume de Lillian Ross et à travers une succession d'articles. Au programme : des anecdotes, quelques mots sur la personnalité des deux réalisateurs, mais aussi un amour immodéré et une passion communicative pour le septième art.
Le critique de cinéma Emmanuel Burdeau nous livre Billy Wilder en plan d'ensemble. Un plan d'ensemble lui-même composé de multiples inserts : sur les rapports du cinéaste au mouvement, à la mort, à la musique, à la langue, à l'histoire, à Lubitsch, mais aussi à la gravité, qui prête son nom à l'ouvrage. Une étude minutieuse où le sens - des images, des propos, des objets - n'apparaît souvent que par agglomération(s).
Philippe Durant compile plus de 4000 répliques de films dans une encyclopédie parue chez LettMotif. En plus de redécouvrir certaines perles ayant marqué la culture populaire, le lecteur se plonge dans un hommage au métier de dialoguiste et scrute le cinéma - une fois n'est pas coutume - par le truchement du verbe.
Mélanie Boissonneau étudie la pin-up hollywoodienne à l'ère du pré-code (1930-1934). Elle réfute la réputation idyllique de cette période, inscrit la pin-up dans l'histoire du féminisme et analyse les carcans de la société patriarcale. L'ouvrage, passionnant, se compose de deux parties : une longue introduction théorique (code Hays, féminisme, représentation des femmes) et un effeuillage des pin-up hollywoodiennes des années 1930.
Dans "Une vie de cinéma", Michel Ciment décortique le cinéma soviétique, rencontre Coppola ou Gainsbourg, s'interroge sur le métier de critique et rend quelques hommages appuyés à des films ou des réalisateurs parfois mésestimés. C'est à la fois dense et captivant.
Gallimard publie un recueil d'articles et de critiques de François Truffaut, présenté par Bernard Bastide. Les obsessions du futur héraut de la Nouvelle Vague y sont mises à nue, tandis qu'affleure une passion communicative pour Hitchcock, Bresson, Hawks ou Rossellini. Le festival de Cannes, les critiques français et Michel Audiard subissent quant à eux la formule courroucée et ironique tellement caractéristique du réalisateur des "400 coups".
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.