« Tati par Merveille » : deux univers qui s’entrechoquent

Monsieur Hulot est-il iconique ? Le dessinateur belge David Merveille semble en attester. Il s’empare de ses attributs dans un album faisant la part belle à l’image. Le résultat est double : un hommage passionné à Tati et des planches d’une beauté incontestable.

Monsieur Hulot est indissociable du cinéma de Jacques Tati. Il est le personnage-phare de quelques-uns de ses films les plus marquants : Mon oncle, Playtime ou Les Vacances de monsieur Hulot. Pourvu d’un imperméable, d’un chapeau et d’un pantalon trop court, augmenté d’une pipe, d’un parapluie et d’une démarche singulière, longiligne et gauche, il fait partie de ces personnages de cinéma récurrents, attachants et iconiques tels qu’a pu l’être Charlot.

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Extrait visible sur le site de l’éditeur.

Le dessinateur belge David Merveille va puiser dans son univers de quoi agrémenter des planches diversement conçues. Dessins au fusain, aux pastels, à la gouache, à l’acrylique ou au crayon, revisitant une affiche ou voguant autour d’un thème ou d’une situation, le Bruxellois met sa fantaisie au service de monsieur Hulot dans ce qui s’apparente à une démarche passionnée et duale. Car ce sont bien deux univers qui s’entrechoquent ici : Merveille rencontre Tati et redéfinit son personnage touche par touche – tout en lui restant fidèle.

À travers monsieur Hulot, David Merveille exploite une réalité esthétique et architecturale appartenant à une autre époque. Les années 1950-1960 se fondent de manière idoine dans ses dessins. L’artiste belge s’est d’ailleurs tôt intéressé à Jacques Tati et son personnage-clé, qu’il dessine depuis de nombreuses années, dans ses livres, dans des expositions ou des sérigraphies dédiées. En définitive, Hulot apparaît pour ce qu’il est : taciturne, bon enfant, maladroit, archétypal.

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Extrait visible sur le site de l’éditeur.

Pierre Richard ne s’y trompe pas dans sa préface : « Plonger dans le livre de David Merveille, c’est s’immerger dans le monde poétique de Jacques Tati. » Cette poésie transparaît dans chaque variation proposée autour du personnage, mais aussi dans le soin accordé aux décors – une citation de Tati vient d’ailleurs souligner leur importance. L’humour, les métaphores visuelles, l’incongruité ont également toute leur place dans les planches de David Merveille. Une énième preuve, s’il en fallait, que les deux univers artistiques ici présents sont en parfaite osmose.

Tati par Merveille, David Merveille
Champaka Brussels Éditions, août 2020, 120 Pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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