« Marée blanche » : une odyssée cocaïnée entre tragédie et comédie

Les éditions Delcourt publient Marée blanche, de Gaël Séjourné. La découverte accidentelle de 40 kilos de cocaïne par des marins y constitue un point de bascule à bien des égards vertigineux.

Avec Marée blanche, Gaël Séjourné façonne une aventure menée tambour battant, où le destin de plusieurs personnages s’entremêle autour d’une trouvaille des plus explosives : 40 kilos de cocaïne, soit l’équivalent, approximativement, de deux millions d’euros. Partant de cet événement inattendu, se déroulant en pleine coupe du monde de football, cette bande dessinée chorale offre une intrigue douce-amère, oscillant entre tragique et comique, et plonge ses héros dans un tourbillon de conséquences en chaîne.

Au cœur de l’histoire, l’équipage du Fargo, composé de Théo, Laurent, Paul et Jordan, qui, bien loin d’imaginer les bouleversements provoqués par leur pêche miraculeuse, décident de garder pour eux ce trésor compromettant. Leurs vies basculent alors, plus vite qu’ils ne l’auraient pensé, dans une spirale infernale, où les contrecoups abondent avant même que les dilemmes moraux n’aient le temps de se poser. Que faire de cette drogue qui est à la fois une bénédiction et une malédiction ? Véritable fil conducteur du récit, elle va entraîner les protagonistes, ainsi que leurs proches, dans un abîme duquel ils vont avoir le plus grand mal à s’extirper. Et cela passera par des overdoses, des problèmes judiciaires, voire des menaces de mort.

Les personnages secondaires ajoutent à la richesse de l’intrigue. On y trouve un policier cocufié et pathétique, des jeunes adultes en quête de liberté ou en pleine errance et des bandits sans le moindre scrupule. Parmi eux, les deux jumeaux mafieux, dans la splendeur de leur ignorance, rappellent furieusement Paulie Gualtieri, capo de la série Les Soprano. Ils ajoutent une touche d’humour noir à l’ensemble.

Marée blanche fait place à d’autres références, notamment cinématographiques, avec des allusions directes à Tony Montana, ou encore en arborant une veine pop parfois tarantinesque. Gaël Séjourné réussit à tisser un récit qui marie habilement les différentes tonalités et plonge ses personnages dans une suite de mésaventures sur laquelle ils n’ont aucune prise. Une fois la machine enclenchée et les rouages en branle, ils ne peuvent que subir les conséquences de leur choix initial.

Le style de Séjourné est plaisant, agréable et léger. Les illustrations, efficaces, participent à l’immersion du lecteur dans une histoire tumultueuse, où l’homme se laisse piéger par l’appât du gain, minimisant les risques encourus, aveuglé par la perspective d’une richesse inespérée. Un récit complet engageant, à défaut d’être passionnant.

Marée blanche, Gaël Séjourné
Delcourt, avril 2023, 72 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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