« Gotlib, la face cachée de Pervers Pépère » : radiographie d’un personnage

Les éditions Fluide glacial mettent à l’honneur le personnage de Pervers Pépère à l’occasion des 50 ans de la maison fondée par Marcel Gotlib. Dans un petit format carré, en quelque 60 pages, on retrouve l’un des personnages-phares de l’irrévérencieux – mais surtout talentueux – dessinateur français.

Figure incontournable de la bande dessinée française, qu’il a contribué à révolutionner en la libérant de ses carcans, Marcel Gotlib a marqué des générations entières par son humour décapant et son trait inimitable. Avec un talent fou pour croquer les failles humaines et tourner en dérision les normes sociales, il s’est délecté à repousser les frontières de l’humour sur planches. En 1975, après avoir collaboré avec René Goscinny à Pilote, il fonde Fluide Glacial, un magazine qui deviendra un repaire pour les auteurs décomplexés et les amateurs de satire. L’humour du magazine est à la fois irrévérencieux et subtil : il capitalise sur les zones d’ombre de la société avec une liberté totale, sans se soucier de la bienséance.

Justement, parmi les personnages emblématiques de Gotlib, il y a ce fameux Pervers Pépère. Ce dernier incarne l’anti-héros parfait : un vieillard patibulaire, chétif et inadapté, dont les intentions sont ambiguës et toujours borderline. Avec Pervers Pépère, l’auteur et dessinateur joue sur la frontière entre l’inversion des attentes et la perversion revendiquée, utilisant un humour visuel et absurde qui se passe souvent de mots. Ce mutisme des vignettes amplifie l’effet comique en suggérant plus qu’il ne montre, et c’est précisément cette économie de dialogues, associée à des situations très exagérées, souvent pathétiques, qui confère au personnage une dimension burlesque et irréelle. Pervers Pépère déconstruit les stéréotypes, déploie un humour grinçant et décalé, signature s’il en est du style Gotlib.

Gotlib, la face cachée de Pervers Pépère met en perspective la création du personnage, mais aussi la manière dont Fluide glacial s’est inscrit dans le paysage du neuvième art en France. Gotlib aimait l’humour distingué et froid des Britanniques, franchouilllard et littéraire des Français, vif et ingénieux des Juifs américains. Il en a exploité les aspérités comiques jusqu’à s’imposer parmi les maîtres de l’humour décomplexé. L’hommage qui lui est rendu dans ce petit album permet de se replonger dans son univers absurde.

Gotlib, la face cachée de Pervers Pépère, Yves Frémion
Fluide glacial, novembre 2024, 64 pages

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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