Dragon Ball : l’ombre du démon et l’orgueil des combattants

Nouveau volume de Dragon Ball Full Color, qui annonce l’affrontement de Gokû adolescent face au fils de Piccolo Daimaô, lors du 23ᵉ Tenkaichi Budokai. Le manga a cessé d’être un conte initiatique léger pour plonger dans une dramaturgie plus sombre, plus tendue et surtout plus spectaculaire, avec des enjeux d’ampleur biblique.

Jusqu’ici, Akira Toriyama avait mis en scène la cruauté de Piccolo Daimaô, l’archétype du mal absolu, qui entreprenait de semer la mort avec l’indifférence glaciale du tyran antique qu’il était. Mais avec la naissance de son héritier, Piccolo Junior, un avenir menaçant semble s’annoncer : celui d’un monde gouverné par la rancune et l’héritage démoniaque.

Lorsque Gokû reparaît après plusieurs années d’entraînement, le lecteur est frappé par sa métamorphose. L’enfant candide aux gestes maladroits a laissé place à un adolescent sûr de lui, élancé, porteur d’une maturité nouvelle – quoique relative. Dès son entrée au tournoi, Gokû en impose. Et sa présence est celle d’un champion mandaté par l’histoire elle-même : sauver le monde de la résurgence du mal. C’est en tout cas le chemin que l’histoire semble prendre.

Mais Piccolo Junior n’est pas seulement « le fils de son père ». Là où Piccolo Daimaô représentait la terreur nue et absolue, son rejeton concentre une haine froide, plus méthodique. Peut-être plus effrayante aussi. Il participe au tournoi pour se rapprocher de son ennemi juré, Gokû, et préparer une revanche que tout le monde voit venir.

Akira Toriyama traduit dans ce personnage des enjeux filiaux, l’impossibilité du pardon, la haine froide. Dans ce face-à-face annoncé, c’est toute la question de la répétition du mal, de son déterminisme, qui se joue. D’ailleurs, dans ce 23ᵉ tournoi, l’atmosphère est totalement différente. L’arène ne vaut plus tant pour ses exploits sportifs ou ses gags burlesques : c’est un lieu sacralisé où plane une menace planétaire.

Les amis de Gokû ont beau se battre pour avancer dans le tournoi, cela ne forme d’une parenthèse. Divertissante certes, mais secondaire au regard de ce que tout admirateur de la série attend : une finale, un duel épique, entre le héros et le fils de son ancien et plus féroce ennemi. Une créature extraterrestre qui a plus d’un tour dans son sac…

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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