« Beer Revolution » : odyssée de la bière artisanale

La bière occupe une place dans le panthéon des boissons les plus populaires. Beer Revolution (Glénat), de Teo Musso et Sualzo, explore les horizons insoupçonnés du monde brassicole. Un tour d’horizon des terroirs, des techniques et des bières emblématiques qui rend compte des secrets de cette boisson ancestrale.

Qu’il s’agisse de la bière trappiste de Chimay, conçue dans un monastère par des moines, ou du Barley Wine, qui présente une teneur en alcool à deux chiffres et un profil aromatique caractérisé par des traits vineux, Beer Revolution s’aventure dans les moindres recoins de l’écosystème brassicole. Toujours attaché à la dimension artisanale, allant de la récolte du houblon aux méthodes de fermentation, l’album témoigne, avec passion, de la diversité des pratiques et des saveurs.

Sur la planète, chaque personne boit en moyenne 26 litres de bière chaque année. Sans surprise, les hommes âgés de 35 à 45 ans restent les plus grands consommateurs. Et en termes de consommation, le record du monde est détenu par la République tchèque, où l’on se délecte d’environ 188 litres par an. Excusez du peu. Ces dernières années, la consommation de bières dites spéciales n’a cessé d’augmenter, jusqu’à atteindre plus de 17 % de part de marché. Une fois ce contexte posé, tout reste à faire pour Teo Musso et Sualzo, à savoir faire le tour des brasseries pour nous révéler quelques anecdotes et secrets de fabrication.

De quel genre ? La Lambic Cantillon, peut-être la plus vieille bière du monde, est exposée aux bactéries présentes dans l’air. La Camra, association britannique indépendante qui promeut la bière traditionnelle, compte plus de 180 000 membres. Les origines de l’Oktoberfest remontent aux années 1530, quand l’Allemagne décréta que les brasseurs bavarois n’avaient le droit de produire de la bière que pendant les mois froids, considérés comme plus sûrs en raison d’un faible risque d’incendie. C’est précisément ces faits, un peu désordonnés mais toujours pertinents, qui sont rapportés aux lecteurs dans Beer Revolution.

La volonté des uns de produire des bières « goûtues » et « naturelles », les fermes qui s’agrandissent pour moderniser leurs processus de production, les brasseries à vapeur, la stout et sa couleur proche du café due au malt torréfié : Beer Revolution est bien plus qu’une bande dessinée : c’est une épistémologie liquide. Le périple de Teo Musso à travers les arcanes du monde brassicole témoigne d’une réelle volonté de comprendre et d’expliquer la richesse d’un univers qui ne cesse d’évoluer, d’innover et de surprendre, bien qu’attaché aux traditions. À la lumière de cet ouvrage, boire une bière invite presque à la réflexion, à l’émerveillement et, évidemment, à la dégustation.

Beer Revolution, Teo Musso et Sualzo
Glénat, octobre 2023, 184 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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