Le destructuralisme libérateur d’Audrey Ouazan

Qui est Audrey Ouazan, la femme derrière le projet du Destructuralisme libérateur ? Cette artiste a décidé de renverser les codes, en présentant un texte parfois polémique. Bien déterminée à remettre les pendules à l’heure, l’auteure pointe du doigt les vices d’un système trop rigide, qui ne prend plus le temps d’innover…

Avant de se lancer dans l’écriture, Audrey Ouazan était avocate. Elle a également enseigné. Deux métiers qui ne la prédisposaient aucunement à ce projet ambitieux. Rompre avec les codes, les lois préexistantes afin de redéfinir l’Art et plus spécifiquement l’écriture. Comment repenser ces domaines très techniques (sculpture, peinture) ? Comment se passer de l’approbation des élites de l’Académie française, en jouant avec les mots ? L’audace manque aux yeux de la fondatrice de ce mouvement littéraire et artistique. Toujours selon elle, il serait urgent de s’extirper du conformisme et d’oser de nouvelles formes d’expression grâce au destructuralisme libérateur…

Clash des générations et recherche de nouveauté

De nos jours, même les ados se répètent que « c’était mieux avant ». Avec une préface signée Fabienne Amiach, la journaliste admet avoir adhéré aux valeurs du mouvement. L’étape suivante ? La création du projet sociétal Cursus Honorum. La présidente et fondatrice est une vraie passionnée des arts. Grâce à sa méthodologie, elle entend réunir toutes les inspirations et privilégier l’impulsion : la spontanéité. Sur son site web, Audrey Ouazan regrette le rejet de la culture, l’oubli du patrimoine chez les plus jeunes. Et si l’intérêt naissait dans une école plus libre ? Le génie créateur se déleste du règlement et se moque des bienséances. Entre les pages de ce long manifeste, la fondatrice présente petit à petit ses objectifs en avançant des arguments qui susciteront bien des réactions. Après tout, le but de ce livre est de promouvoir ses messages et ses ambitions, quant à l’avenir de l’écriture.

Déstructurer pour mieux construire et se sentir bien

Par-delà la simple vocation de changer et avancer, Ouazan souhaite mettre en avant l’instinct. Pour cela, elle évoque une nouvelle manière de produire, grâce à l’écriture spontanée. À différencier de la forme automatique, cette approche expérimentale ressemble à un état de transe, où l’auteur est comme habité par une muse qui viendrait jouer un air, à l’oreille du créateur. Mais à quoi peut donc servir l’Art ? La catastrophe liée à la pandémie mondiale dès 2020 a dévoilé l’avis du gouvernement, au sujet de ces professions considérées comme non essentielles. Dans des messages peu subtils, les hautes sphères politiques clamaient que les livres, séries, films n’étaient pas de grande utilité. Et pourtant, à l’heure du confinement, la recherche du frisson et du divertissement était bel et bien intense. De nombreux auteurs ont profité de cette période étrange pour oser franchir le pas de l’écriture. Un journal, une lettre, un texte.

L’imagination plus forte que tout

Maintenant, Audrey Ouazan souhaite la valoriser, plus que jamais. Afin de l’exploiter dans tous les domaines, il convient de la dompter, de lui faire prendre une forme exaltante. Dans un cadre cinématographique, Tim Burton s’est déjà exprimé sur la puissance de la spontanéité : « La spontanéité est la meilleure façon d’obtenir de bonnes choses. Vous pouvez faire un maximum de répétitions, dessiner tous les story-boards que vous voulez, lorsque vous arrivez sur le plateau, vous repartez de zéro. » Face à ces mots avisés, ce concept semble être le moteur même de l’inspiration. Le livre d’Audrey Ouazan appelle à la réflexion et peut s’apparenter à un manuel de méthodologie expérimental et alternatif. Paru le premier septembre 2020 aux éditions Baudelaire, l’ouvrage assure une découverte optimiste, dans laquelle l’auteure souhaite voir la francophonie s’unir, sous une bannière de renouveau artistique.

Le destructuralisme libérateur, enfin un nouveau mouvement littéraire et artistique pour tous, Audrey Ouazan
Éditions Baudelaire, septembre 2020, 114 pages

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

Le Triangle d’or : sous le palais, la cage

Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz. 

Gavagai, et autres malentendus : du postcolonialisme mou

"Gavagai" entend nous instruire de la grande affaire des rapports post-coloniaux, mais n'aboutit qu'à un petit drame sans aspérité.

« Les Systèmes de protection sociale face aux crises » : regards croisés

À travers une série de contributions consacrées à la pandémie, au climat ou encore au vieillissement démographique, l’ouvrage paru aux PUR observe avec acuité l'état et la lente métamorphose des systèmes sociaux. France, Japon : partout, la crise agit comme révélateur, accélérateur, et parfois même en tant que mise en demeure.

Quelle place pour les super-héros dans le cinéma hollywoodien contemporain ?

Sébastien David et Hélène Valmary dirigent aux PUR un ouvrage collectif intitulé Les super-héros dans le cinéma hollywoodien contemporain. Ce dernier prend le blockbuster au sérieux : plus qu'un produit industriel ou le symptôme patenté de l’hégémonie Marvel, le super-héros y est analysé comme carrefour de formes, de gestes, de sons, de corps ou encore de croyances. Un laboratoire où le cinéma contemporain rejoue, parfois malgré lui, toute une histoire des images.

« Les Trois Maisons de Michel Foucault » : les demeures de la pensée

Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.