For Assia : Après Divines, Houda Benyamina va dépeindre une histoire d’amour sur fond de guerre en Algérie

Houda Benyamina, qui a été couronnée par le prix de la Caméra d’or au dernier Festival de Cannes pour Divines, travaillerait sur son prochain long-métrage For Assia. Cette fresque historique devrait être le théâtre d’une très belle histoire d’amour entre un journaliste américain et une révolutionnaire algérienne.

La réalisatrice de Divines a évoqué son prochain projet cinématographique lors d’un entretien à Variety. For Assia devrait reposer sur la même thématique centrale que son précédent long-métrage Divines. L’importance de l’amour au milieu du chaos. La passion comme seule évasion pour fuir un quotidien cauchemardesque où l’avenir appartient déjà au passé.

L’amour plus fort que la guerre

Ce futur film devrait se dérouler en pleine période de la guerre d’Algérie. Les deux personnages principaux seront un journaliste américain et une révolutionnaire algérienne. For Assia sera un drame épique dans le contexte de l’indépendance de l’Algérie. La chronologie du film devrait s’étaler sur trois décennies. La cinéaste Houda Benyamina se serait inspirée des militantes du FLN Djamila Bouhired et Zohra Drif pour préparer ce film.

Cette histoire d’amour entre le journaliste et cette figure révolutionnaire sera inévitablement entachée par les conflits d’intérêts et les jeux de pouvoir.

Les cinéphiles qui avaient apprécié le biopic de Marco Turco sur la journaliste Oriana Fallaci ou les grands classiques La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo mais également Hiroshima Mon Amour d’Alain Resnais devraient être séduits par cette nouvelle œuvre de fiction de Houda Benyamina avec la guerre d’Algérie pour toile de fond.

Après avoir remporté la Caméra d’or avec Divines au dernier Festival de Cannes, Houda Benyamina pourrait être, avec toute l’équipe du film, la grande gagnante de la magnifique nuit des César du vendredi 24 février. Divines figure effectivement parmi les favoris pour cette grande soirée de la célébration du septième art en France.

For Assia serait actuellement en pré-production d’après des informations d’Allocine. Houda Benyamina aurait déjà rencontré James Franco ainsi que Robert Pattinson pour l’attribution du rôle du reporter américain.

Pour ce film, je vois un acteur qui aurait à la fois la profondeur de Michael Fassbender et la fantaisie de Tom Cruise dans Magnolia

En ce qui concerne le rôle féminin principal, l’héroïne révolutionnaire, Houda Benyamina souhaite donner sa chance et faire confiance à une jeune femme talentueuse et encore inconnue du grand public.

Ces femmes algériennes révolutionnaires étaient issues de différents milieux sociaux. Pour la jeunesse algérienne, elles représentaient des icônes fortes et charismatiques à la manière de Martin Luther King, Neslon Mandela et Malcolm X.

For Assia sera produit par Marc-Benoit Créancier pour le compte de la société Easy Tiger comme ce fut le cas pour Divines. Le calendrier de début de tournage est pour l’instant fixé au premier semestre 2018. Un triomphe aux César vendredi soir avec Divines pourrait peut-être accélérer les choses et propulser un peu plus Houda Benyamina vers les étoiles.

 

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Gabriel M.
Gabriel M.https://www.lemagducine.fr/
Passionné de cinéma et de séries. Nostalgique des séances mythiques au cinéma Grand Ecran Italie 2 et des rencontres-projections cultes organisées par l’équipe de Panic Cinema (Lloyd Kaufman, Joe Dante, Uwe Boll). Admirateur de la qualité immersive des séances au Max Linder Panorama. De nombreux réalisateurs ont marqué mon expérience de cinéphile : Kubrick, Jarmusch, Romero, Carpenter, Argento, Fulci, Lynch, Cronenberg, Verhoeven, Cameron, Tsui Hark, John Woo ou plus récemment Julie Delpy et Guillaume Nicloux.

Le Robot Sauvage : critique du classique Disney par DreamWorks

Pour ses 30 ans, DreamWorks présente Le Robot Sauvage, un porte-étendard d’une industrie de l’animation en crise. Signé Chris Sanders, le studio transcende la simple rivalité historique avec Disney.

Papillon : l’enfer tropical

Avec "Papillon", Franklin James Schaffner plongeait le spectateur dans l’atrocité du bagne de Cayenne et brossait le portrait éblouissant d’une grande figure héroïque, injustement condamnée à perpétuité, et obsédée par l’évasion. Ou quand une idée fixe, une détermination farouche, constitue le sens d’une vie. Une réussite majeure du septième art, qui aborde les thèmes de l’endurance, de l’abnégation et ce qui peut lier deux hommes au-delà de leurs épreuves et souffrances communes.

« Le Mag du Ciné » recrute !

« Le Mag du Ciné » est à la recherche de rédacteurs-chroniqueurs passionnés, motivés et à qui il serait loisible de contribuer régulièrement (c'est-à-dire à raison d'au moins deux articles par mois) à ses diverses rubriques.