Le Top 5 des biopics selon la rédaction

Parce que cette fin d’année, les biopics d’un pilote héroïque (Sully, le 30 novembre) et d’un homme d’affaires influent (The Founder, le 28 décembre) sortent sur nos écrans, nous avons voulu nous pencher sur ce genre.

Mais justement, peut-on véritablement parler de genre ? Le film biographique est finalement moins un genre en soi que le prétexte à des reconstitutions historiques dont l’approche va dépendre de deux critères.

Le premier critère est évidemment l’époque dépeinte. Ainsi, les personnages antiques ont eu droit à certains des péplums les plus mémorables de l’Histoire du cinéma (Cléopâtre, Spartacus…). De la même façon, le moyen-âge et la renaissance ont été le support à de magnifiques films d’époques. Ainsi, le 16ème siècle a inspiré aussi bien La Reine Margot de Patrice Chéreau qu’Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog ou encore Ivan le Terrible de Sergueï Eisenstein. Des films aux styles radicalement différents.

Le second critère est sans conteste le personnage lui-même. L’exemple le plus fréquent est celui des biographies d’artistes musicaux qui prennent naturellement la forme de films musicaux (Walk The Line, Cloclo, The Doors…). Mais, dans les cas – certes plus rares – de militaires, le biopic peut adopter les codes d’un film de guerre (Patton, Ché…) ou même ceux du film d’aventures exotiques (Lawrence d’Arabie).

Un tel éclectisme formel nous a menés à nous interroger sur les biopics qui nous ont le plus marqués, et force est de constater que le résultat de ce petit sondage interne est représentatif du large champ des possibles de ce genre qui n’en est finalement pas un.

Le top 5 des biopics selon la rédaction:

The Social Network (David Fincher, 2010) :  Qui mieux que David Fincher et Aaron Sorkin pour filmer toute la dualité d’un personnage dont la volonté de connecter le monde entier l’aura paradoxalement isolé de son propre réseau ? Aussi bien thriller psychologique que biopic nuancé, The Social Network n’est pas le récit de la création du plus grand bouleversement numérique du siècle, il est l’histoire des protagonistes qui y ont participé et de l’ego des uns et des autres qui finira par prendre le dessus. Les deux auteurs captent avec brio toute l’ampleur de cette avancée numérique et le comportement opportuniste et sociopathe des différents personnages du film, dont un Mark Zuckerberg magnétique porté par un Jessie Eisenberg au sommet de son art. The Social Network est le reflet implacable de nos sociétés dans lesquelles les cerveaux s’adonnent à une lutte acharnée pour être les instigateurs du monde de demain. Le biopic le plus fascinant du millénaire.  Kévin L

La liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993) : Inspiré du roman homonyme paru en 1982 de Thomas Keneally sur Oskar Schindler, un industriel allemand qui réussit pendant la Seconde Guerre mondiale à sauver environ 1 100 Juifs, ce drame historique de plus de 3 heures est dans le top 10 des meilleurs films de tous les temps (selon l’American Film Institute et Imdb). Auréolé d’une pléthore de récompenses dont 7 oscars en 1994, le 14ème long métrage de Spielberg, d’origine juive, qui voulait confier le projet à Polanski, puis à Scorsese, atteint des sommets de justesse et d’émotions. Ce qui est étrange c’est que Liam Neeson, d’une profondeur surprenante, n’est l’atout principal de ce « biopic » tourné en n&b. Non, on garde en tête la composition humaniste de John Williams, le grain photographique empathique de Janusz Kaminski et surtout la trame poignante historique (qui peut être contestée, c’est Hollywood quand même!), mais moins l’aspect biographique du héros de l’histoire.   Antoine M

Elephant Man (David Lynch, 1980) : On parle toujours de vibrant appel à la tolérance à propos d’Elephant Man, mais c’est d’acceptation dont il est question. Voir l’autre dans toute sa monstruosité pour ne plus la voir finalement. C’est le tour de force de David Lynch, remplacer la pitié par l’empathie pour faire de la difformité une source d’humanité. Anthony Hopkins, tout jeune alors, trouvait ici un des rôles qui allaient faire de lui un «monstre sacré ». À la fois homme doué de sentiments et scientifique, il fait glisser son jeu d’acteur d’un regard froid et calculateur face à la bête, vers celui plus chaud de l’humain qui va au-delà des apparences. Mais le plus étonnant est la performance d’un John Hurt dissimulé derrière toutes ces couches de maquillage. Référence assumée à Freaks, Elephant Man tente de nous montrer que l’extraordinaire est à nos portes et que, paradoxalement, il n’y a pas besoin du cinéma pour inventer de telles histoires. La réalité est suffisamment exceptionnelle pour que les plus beaux films la mettent en image.    Thierry

Amadeus (Milos forman, 1984) : Si le film, adapté d’une pièce de théâtre de Peter Shaffer, se permet de nombreuses libertés scénaristiques, il n’en demeure pas moins un biopic essentiel sur la vie de Wolfgang Amadeus Mozart et sur son œuvre, ce qui nous offre par conséquent une bande son exquise, qui nous replonge, tout autant que les décors et costumes parfaitement soignés, dans un XVIIIème siècle romantique somptueux. Par ailleurs la mise en scène de Milos Forman épouse parfaitement les superbes compositions de Mozart et se synchronise avec la musique, décuplant ainsi les émotions de chaque scène. Enfin, les interprétations sans failles des acteurs, Francis Murray Abraham notamment, font de ce film un véritable tour de force qui remporta pas moins de huit oscars dont celui du meilleur film en 1984. L’une des plus belles œuvres biographiques de l’histoire du cinéma à n’en pas douter.   Clément

Gandhi (Richard Attenborough, 1983) : Il est légitime que le peuple indien ait vu comme une ironie cynique qu’un Anglais réalise un film sur celui qui les libéra du joug de l’empire colonial britannique. Pourtant, Richard Attenborough a réussi à retranscrire avec impartialité le combat quotidien et le message humaniste de Gandhi. Le résultat est une peinture particulièrement grandiloquente de l’épopée du maitre à penser de la non-violence, qui de plus s’accompagne d’une dimension intimiste dont l’humilité sied avec celle de son héros. Car oui, on peut bien parler de héros même si le film évite de tomber dans le piège de l’hagiographie bêtement manichéenne. Ben Kingsley tient là un rôle à la mesure de son talent, apportant à son personnage l’humanité dont il a besoin pour se poser en modèle intergénérationnel. Pour tout ça, Gandhi est l’une des fresques historiques les plus spectaculaires du cinéma au discours moral imparable, celui du Mahatma !       Julien

Ils auraient pu y être : Into the wild (Sean Penn, 2007), Bronson (Nicolas Winding Refn, 2008), Raging Bull (Martin Scorsese, 1981)…

 

 

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