Rampart, d’Oren Moverman

Rampart : Le portrait psychologique d’une police violente, raciste et mysogine

Après avoir publiquement brutalisé un individu lors d’une interpellation, un officier de police, Dave Brown (Woody Harrelson) dont la réputation est déjà entachée, devient l’attraction médiatique locale, obligeant ses supérieurs à mener une enquête afin de montrer l’exemplarité des services de police.

Sa carrière étant remise en question, l’agent Brown voit sa vie familiale, au préalable fragile, prendre du plomb dans l’aile et le contraint à tenter de se racheter une conduite.

Co-écrit par le romancier James Ellroy, roi du polar, Rampart, le deuxième film d’Oren Moverman après The Messenger (2012), nous plonge dans le quotidien de Dave Brown, un officier de police de l’unité Rampart, violent, raciste et misogyne, interprété par le prodigieux Woody Harrelson, omniprésent, inquiétant et surtout diablement attachant malgré son personnage détestable, et à fleur de peau.

Nous sommes en 1999, à Los Angeles, l’affaire Rodney King est encore dans les esprits et Dave Brown, ce vétéran du Vietnam, ce flic ripou à l’ancienne, devient vite la cible de tout le monde : médias, police, et proches. Nous suivons avec attention et une certaine empathie la descente en enfer de ce flic perverti en quête de rédemption. Avant l’histoire, Rampart s’intéresse d’abord à la psychologie de son personnage et nous immerge en lui, à l’image d’un documentaire. La caméra de Moverman est proche de son personnage, sans concessions, pour mieux nous montrer son état intérieur, sa mise à nu.

De même, la mise en scène, étrange et âpre, focalise son intérêt sur la composition de Woody Harrelson. Malgré un rythme lent, l’histoire progresse de façon originale, avec un personnage principal qui n’est pas facile à cerner. Rampart est également riche par son casting d’excellence, jusqu’aux seconds rôles. Le spectateur a la surprise d’y découvrir Signourey Weaver, Robin Wright, Steve Buscemi et Ice Cube dans de petits rôles.

Mais chaque apparition est marquante, a du sens. On retrouve également Ben Foster, que l’on aimerait décidément voir plus souvent sur grand écran.Malgré une mise en scène maniérée, Rampart est un film policier intense, d’une grande noirceur, et à l’âpreté féroce, qui ne se regarde pas, mais qui se vit. Rampart est un film percutant, étouffant, une pépite mésestimée et magnifiée par un Woody Harrelson en état de grâce démoniaque. Une belle preuve que le polar sombre n’est pas mort a Hollywood !

Dans The Messenger, sorti seulement en 2012, et inédit dans les salles françaises, Oren Moverman expose déjà sa maitrise d’écriture et sa mise en scène, si particulière. Il dirige pour la première fois Woody Harrelson qui dans une interprétation délicate mais toujours juste, porte un regard intéressant et inédit sur la guerre en Irak.

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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