Cannes 2016 : Qui est Kleber Mendonça Filho, en compétition avec Aquarius ?

Aquarius en compétition officielle

Cinéaste de l’exigence et de l’expérimentation, Kleber Mendonça Filho commence à tourner ses premiers courts métrages dans les années 90. Né à Récife au Brésil en 1968, le cinéaste a vécu quelques années avec sa mère au Royaume-Uni. Il reviendra sur ses terres natales étudier le journalisme, et deviendra par la suite critique cinéma pour une gazette locale. Il cesse cette activité en 2011 pour se consacrer pleinement à la réalisation, et notamment ses premiers longs métrages. Il possède avec sa femme sa propre société de production intitulée Cinemascópio, avec laquelle il souhaitait exclusivement financer ses propres films. Mais le succès venant, il collabore désormais avec des amis et des collègues de la profession et s’apprête notamment à produire un long métrage qui n’est pas réalisé par lui. Dans tous ses films, Mendonça cherche à produire des images de sa ville natale, qu’il affectionne particulièrement, et à donner cette représentation hors des frontières du Brésil. Profondément anti-hollywoodien, le cinéaste brésilien souhaite casser l’image que les grands studios américains donnent de son pays. A côté de toutes ces activités, Kleber Mendonça Filho est également programmateur dans un cinéma de la Fondation Joaquim Nabuco (homme politique brésilien qui a lutté contre l’esclavage).

Jouissant d’une notoriété immense dans la profession au Brésil, il se fait remarquer par les programmateurs cannois qui inscrivent son court métrage Vinil Verde à la Quinzaine des Réalisateurs en 2005. C’est une première étape pour le cinéaste qui connaîtra véritablement une renommée internationale avec son premier long métrage en 2012, Les Bruits de Recife, un thriller psychologique social qui fait le tour du monde des festivals avant de représenter le Brésil pour les Oscars en 2014.

Pour ses premiers pas dans la compétition cannoise, Kleber Mendonça Filho viendra présenter Aquarius, son second long métrage décrit comme un nouveau thriller social. Le récit suivra les traces de Clara, une critique de musique retraitée. Veuve, et mère de trois enfants, elle vit dans dans un appartement plein de disques et de livres situé dans l’immeuble « Aquarius« . Un important promoteur rachète tous les appartements mais elle, se refuse à vendre le sien. Elle va rentrer en guerre froide avec la société immobilière qui la harcèle. Très perturbée par cette tension, elle repense à sa vie, son passé, ceux qu’elle aime.

Le film sera dans les salles françaises à partir du 28 septembre 2016. Et avant même une éventuelle consécration cannoise, le réalisateur brésilien a déjà annoncé la mise en chantier de son prochain long métrage intitulé Bacurau, attendu pour 2017. Avec à la clé peut-être une nouvelle sélection au Festival de Cannes ?

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Backrooms : Plongée mitigée dans l’étrangeté du liminal

Le YouTubeur Kane Parsons adapte ses célèbres espaces liminaux au cinéma avec une direction artistique soignée et une atmosphère vraiment envoûtante. Dommage qu'un scénario trop bavard et un rythme poussif viennent freiner ce projet d'horreur psychologique pourtant bien plus prometteur qu'effrayant.

Le Vertige : Méditation dupieusienne ou aberration cinématographique

Avec "Le Vertige", Quentin Dupieux pousse son cinéma de l'absurde jusqu'à la limite de l'arnaque. Entre méditation cartésienne et pur foutage de gueule, le film embarque Alain Chabat et Jonathan Cohen dans un doute existentiel : et si rien de ce que l'on voit n'était réel ? Mêlant animation et personnages dérivés de cette expérimentation esthétique rétro, cette expérience aussi terne que radicale ne fait pas rire, mais fascine par son obstination. Décryptage d'un vertige métaphysique signé Dupieux.

The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez "Taken", ajoutez-y une pincée de "John Wick", beaucoup de "The Raid" et de "City of Darkness", et vous obtenez "The Furious". Entre série B décomplexée et scènes d'action d'anthologie, on tient l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années.

Le Dernier Vrai Samouraï : jidai-geki mon amour

Sur le mode de la comédie fantastique, Le Dernier Vrai Samouraï est une mise en abyme savoureuse : un vrai samouraï qui en côtoie des faux, interprétant une version romancée de son propre monde, devenu désuet et un sujet de spectacle. Derrière l’hommage à un genre cinématographique, Jun’ichi Yasuda veut surtout saluer les artisans oubliés du cinéma nippon. Il y a donc de multiples grilles de lecture dans ce film qui, par ailleurs, demeure distrayant, humoristique et parfois spectaculaire.

Disclosure Day : la face sombre de l’émerveillement

Presque 50 ans après "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg revient à ses grandes énigmes du cosmos avec "Disclosure Day". Un thriller conspirationniste, porté par Emily Blunt et Josh O'Connor, qui déconstruit la science-fiction pour mieux interroger notre époque sur la désinformation, la dissimulation gouvernementale et la foi en l'humanité. Une réussite !
Kévin List
Kévin Listhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile assidu accro au café. Traîne dans les cinémas d'art et d'essai de Paris. Mange dans les food trucks entre deux films. Prend plaisir à débattre dans les bars des alentours de Notre-Dame. Outre son activité sur le site, Kévin est régisseur sur les plateaux de cinéma.

Cannes 2016 : Interview de Paul Lê pour La Vie Rêvée de David L (Marché du Film)

CineSeriesMag a rencontré Paul Lê, co-réalisateur, coscénariste et coproducteur de La Vie Rêvée de David L, un film inspiré de la jeunesse et des éléments de l’œuvre cinématographique et picturale de David Lynch.

Cannes 2016 : Interview de Paul Schrader (Dog Eat Dog, Taxi Driver)

Palme d'Or en 1976, Paul Schrader a présenté Dog Eat Dog en clôture de la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2016. Le lendemain de la projection, le cinéaste s'est prêté au jeu des questions-réponses pour CineSeriesMag.

Cannes 2016 : Elle, de Paul Verhoeven (Compétition Officielle)

Review de l'un des derniers films présentés à la Séléction Officielle à Cannes, Elle de Paul Verhoeven est un film qui dérange et surprend, de par son humour mais surtout par la position de voyeur dans laquelle il place le spectateur. Un grand film du maître, l'hollandais violent, Paul Verhoeven.