Nymphs, une série de Miikko Oikkonen : Critique

Fans de séries fantastiques aux effets spectaculaires, passez votre chemin ! Nymphs est une délicate friandise, une série sensuelle et poétique où le fantastique est à peine palpable et suggéré de façon légère et mystique.

Synopsis : Après la mort de son petit-ami au cours de leur première nuit ensemble, Didi est recueillie par deux nymphes qui lui apprennent qu’elle est des leurs. Pourchassées par des Satyres, les trois jeunes femmes doivent vivre cacher mais elles doivent aussi coucher avec des hommes pour survivre, au risque de les tuer… 

Nymphs aka Nymfit est une série finlandaise passée presque inaperçue. On y suit Didi (Sara Soulié), une délicieuse jeune femme qui découvre son statut de nymphe en même temps que sa sexualité et qui porte sur son ventre un tatouage particulier qui ferait d’elle l’Élue de son clan. Sortie sans trop grand succès en août 2013 sur les écrans finlandais, la série a surtout marché en Italie et en Allemagne. En France, la chaîne June a diffusé Nymphs en avril dernier mais une fois encore, c’est plutôt le flop.
A première vue, cette série fantastique à l’eau de rose ne fait donc pas l’unanimité, pourtant, il faut bien lui reconnaître quelques qualités esthétiques et symboliques. D’ailleurs, si la série n’a pas été reconduite, nous venons d’apprendre qu’une adaptation pour le cinéma est actuellement en préparation ! Le producteur de la série, Matti Halonen, s’est confié à CineSeriesMag à ce sujet : « Nous sommes en train de développer un long métrage de Nymphs pour le Cinéma. Il entrera probablement en production entre 2016 et 2017. »

Nymphs, une série fantastique édulcorée et érotique :

D’abord, le sujet de la série est, somme toute, assez original : la légende des nymphes de la mythologie grecque modernisée et érotisée au maximum du convenable. On y côtoie de jolies demoiselles largement dévêtues, dans leur intimité et dans des postures suggestives, parfois seules, parfois à plusieurs… Et on les suit évidemment dans leurs ébats amoureux avec ces messieurs car après tout, c’est quand même le thème principal de la série. Les nymphes tentent de survivre dans le monde moderne en se nourrissant chaque mois de la force vitale de leurs amants, au risque de les tuer, et en fuyant des satyres qui veulent les détruire. Si elles ne s’accouplent pas avec des hommes, leurs corps s’abîment et elles se flétrissent avant de mourir. Un scénario attrayant et pourtant peu palpitant car le récit est un peu décousu et sans finalité concrète. Là où on aurait aimé en savoir davantage sur les origines des nymphes et des satyres ou encore sur les autres personnages Kati et Nadia, le récit se centre (trop) sur les histoires de coeur de Didi au risque d’en faire une série pour adolescentes. Pour ces mêmes raisons, le rythme de la série est aussi très irrégulier et certains passages traînent en longueur notamment dans les scènes de dialogues entre Didi et Samuel, son amour d’enfance. Mais d’une certaine façon, cette langueur dans le récit confine à l’ambiance lascive de Nymphs. Pour éclairer l’histoire, de nombreux flash-backs font alors irruption apportant une touche d’authenticité mais, là encore, de façon si désordonnée qu’ils complexifient parfois l’histoire au lieu d’en aider la compréhension.
En ce qui concerne les personnages, nos trois nymphettes sont jouées par des actrices charmantes et sexy. Et il y en a pour tous les goûts : brune, blonde et surtout rousse. La flamboyante Didi (Sara Soulié, célèbre en Finlande) gagnera en effet a être connue, faisant à elle seule tout l’attrait de la série. Mais qu’on se le dise, les autres dryades ne sont pas à jeter, notamment la brunette Kati (Rebecca Viitala), connue en Finlande pour avoir joué dans les séries Un Nouveau Jour et M. Helsinki. Frida (Malla Malmivaara), une autre nymphe passée du côté obscur, pourchasse ses pairs armée d’un arc et des flèches, ce qui n’est pas sans rappeler la beauté fatale de Hunger Games. Du côté des méchants, on appréciera le satyre Jasper (Pelle Heikkilä) pour sa blondeur décolorée et sa ressemblance à certain Spike dans Buffy contre les Vampires. Les acteurs, s’ils ne sont pas excellents, sont donc assez crédibles dans leurs rôles atypiques et leur interprétation un peu décalée, comme souvent dans les séries nordiques, légèrement surjouée et frisant parfois le second degré.
Sexe, action et clins d’oeil, tous les éléments sont donc réunis pour faire de Nymphs une série pour le moins “croustillante” avec une ambiance apathique et lascive qui lui apporte un côté méditatif et contemplatif.

Nymphs, un hymne à la Femme : 

Car ce qui fait l’attrait de Nymphs est surtout son esthétique raffinée et chatoyante. Les images voilées et vaporeuses se succèdent, dans des teintes claires et des tons pastels. Épurée, envoûtante et onirique, la photographie semble s’inspirer directement des « demoiselles » de David Hamilton (Bilitis, The Age of innocence). Hamilton qui s’inspirait lui-même des peintures des nymphes et de la Renaissance et qui choisissait ses modèles parmi des mannequins nordiques. Ici aussi, les femmes sont donc pâles, gracieuses et juvéniles, candides et séduisantes, presque innocentes… Les décors tour à tour classiques, bucoliques, lambrisés, chaleureux. Le caractère romanesque et enchanteur est omniprésent et les images magnifiquement travaillées avec des jeux de lumière, de clair-obscur et de flous conférant une atmosphère poétique à la série.
Nymphs n’est pas une série d’action certes, mais elle pose quelques questions quant à la posture de la femme, ici valorisée et toute puissante malgré une fragilité latente, à la fois pécheresse et soumise à sa nature et son instinct. Une connotation féministe est ainsi envisageable au travers du personnage de Kati (Rebecca Viitala), sorte de guerrière amazone aigrie et violente. Finalement, les nymphes ont le pouvoir de vie ou de mort sur ces hommes qu’elles séduisent et qu’elles utilisent seulement pour se repaître. Elles ne vivent qu’entre elles et certaines se satisferont d’une relation homosexuelle malgré des besoins hétérosexués. Et quand se posera la question de l’amour véritable, d’autres encore seront capables d’égoïsme et de cruauté.

Nymphs est donc une série fantastique édulcorée et poétique garnie de personnages séduisants mis en scène dans des postures lascives et sensuelles. Une série avant tout esthétique et digne d’intérêt malgré quelques incohérences et une langueur sans doute voulue du scénario. Elle plaira sûrement au public féminin amateur de littérature à l’eau de rose et aux adeptes de David Hamilton pour la beauté de sa photographie et de ses interprètes. Le film est actuellement en préparation.

Nymphs : Bande-annonce

Fiche technique : Nymphs

Titre original : Nymfit
Genre : fantaisie, drame
Dirigé par Miikko Oikkonen, Teemu Nikki
Casting : Sara Soulié, Manuela Bosco, Rebecca Viitala, Ilkka Villi, Jarkko Niemi, Pelle Heikkilä, Malla Malmivaara
Pays d’origine : Finlande
No. de saisons : 1
N ° d’épisodes : 12 [ 1 ]
Distribution : MTV3 (Finlande), AVA (Finlande)
Production : Fisher King Production, Matti Halonen, Sarita Harma, Petteri Linnus, Mikko Tenhunen
Musique : Sakari Salli, Tuomas Wäinölä

Novembre 3, 2013 (Allemagne)
24 Mars 2014 (Finlande)

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Kristell Guerveno
Kristell Guervenohttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne enseignante férue d'histoires et de films en tout genre, j'adore partager mes passions et faire rêver mon entourage. Avant de me consacrer à l'éducation, j'avais étudié les lettres et le cinéma.

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