Rencontre avec l’équipe du film Five, d’Igor Gotesman

LeMagduCiné a rencontré des membres du l’équipe du film Five, à l’occasion de leur présentation en avant-première du film au Cinémovida d’Arras. 

Nous avons rencontré ce mercredi 17 février 2016 au Cinémovida d’Arras des membres de l’équipe du film Five, en particulier les acteurs Idrissa Hanrot (qui interprète Nestor dans le film), François Civil (Timothée), l’actrice Margot Bancilhon (Julia), et le réalisateur-scénariste-acteur Igor Gotesman (Vadim), que vous pouvez voir sur la photographie de couverture, de gauche à droite.

Sur le point de départ du film

Five est lié à son court métrage éponyme, explique Igor Gotesman. Le court était un « embryon ». Aussi il ne comptait pas « aller faire la suite de ce film ». Pour lui, c’était une « évidence de faire un film sur les amis, sur les bandes ».

L’actrice dans une bande de garçons

« Je connaissais l’ambiance… Au lycée, j’étais surtout avec les garçons », explique Margot Bancilhon. Elle dit s’être alors inspirée de son expérience. Elle en a connu de similaires auparavant et encore aujourd’hui.

« Un film de potes »

« La bande de potes, c’est un thème qui me touche » dit le réalisateur. « On avait tous envie de défendre ce sujet, et le fait qu’on soit tous amis nous tous aidés » continue François Civil. « Il y aucun filtre entre nous », poursuit-il.

« Sans avoir la prétention qu’on réinvente le genre, effectivement… L’intrigue… va mettre cette amitié à l’épreuve… Il s’agissait de faire une sorte de dissertation sur ce qu’est l’amitié pour moi et pour d’autres jeunes », reprend le réalisateur-acteur. « Quand on n’a plus sa famille, il reste les amis » (réplique d’un des personnages du film), voilà c’est important pour nous de raconter ça », dit-il.

Sur le visuel du film

« J’avais envie d’une histoire qui soit prenante », mais pas que, explique le réalisateur. En effet, « faire de la comédie, faire rire les gens, c’est sérieux ! » continue Igor Gotesman. Il insiste alors sur sa nécessité de présenter un travail visuel soigné, des plans travaillés.

Sur la part d’improvisation du film

« Ça a toujours été ma manière d’envisager le métier de metteur en scène », répond le réalisateur-scénariste-acteur. À l’inverse du peintre, face au metteur en scène, « il y aura toujours des choses qui vont s’intégrer dans le film et qu’on n’aura pas envisagées », explique-t-il. Aussi « quand on a des acteurs qui peuvent improviser, il faut pouvoir s’adapter », poursuit-il.

François Civil continue en expliquant qu’il y avait des moments plus serrés, où il fallait suivre les indications et le scénario du réalisateur, et « d’autres moments où on était en roue libre… Où on avait plus d’espace… ».

« Même si j’ai peu improvisé », explique Idrissa Hanrot pour qui le film a été sa première expérience, « les autres comédiens lors des moments d’improvisation ont réussi à m’intégrer ». François Civil reprend en disant que parfois, si l’on a cru que c’était improvisé, ça ne l’était pas forcément : « comme il a écrit comme on l’aurait dit, ça a été évident ». « C’était un beau mélange », poursuit Margot Bancilhon, qui leur a permis d’improviser tout en restant maîtrisé et guidé par « le chef d’orchestre », soit le réalisateur, Igor Gotesman.

La rencontre se termina sur ces derniers mots, car l’équipe, fatiguée et affamée (notamment le réalisateur-acteur Igor Gotesman), voulait se rendre au restaurant. Vous pouvez retrouver la critique du film ici.

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Graham Swon — La parole comme territoire

Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.

Entretien avec Victoria Verseau sur « Trans Memoria »

Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.

Rencontre avec Tudor Giurgiu pour « Libertate »

Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.

Cinemania 2024 : Interview portrait de la réalisatrice Zabou Breitman pour Le Garçon

Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.