Hommage à Ettore Scola (1931-2016)

Ciao, maestro !

On croyait que l’hécatombe 2016 n’allait concerner que les stars musicales (désolé si j’en choque certains, mais malgré tout le respect que j’ai pour lui, je ne considère pas David Bowie comme une « star du cinéma ») mais une news tombée dans cette soirée du 19 janvier nous rappelle que les grands noms du 7ème art peuvent aussi être touchés.

Âgé de 84 ans, Ettore Scola avait signé son dernier film il y a seulement trois ans, avec un excellent documentaire sur son ancien ami Federico Fellini. Et pourtant, cette légende du cinéma italien, née le 10 mai 1931 à Trevico, n’était pas prédestinée à être un réalisateur de renommée internationale puisque c’est en publiant de courtes histoires drôles et des caricatures dans un magazine spécialisé, parallèlement à ses études en droit, qu’il rencontre Fellini, lui aussi rédacteur dans ce magazine. C’est ce dernier qui le pousse à écrire des scénarios, qui connaissent rapidement le succès grâce notamment au talent de Dino Risi qui réalise, entre autres, les comédies Le Fanfaron (1961) et Les Monstres (1964). Il s’impose dès lors comme un des maîtres de cet humour noir qui caractérise le cinéma italien post-néoréaliste.

C’est en 1964 qu’il décide de réaliser son premier film, et grâce à sa notoriété dans le milieu il dirige déjà des stars locales tels que Vittorio Gassman puis plus tard Ugo Tognazzi, Marcello Mastroianni ou encore Bertrand Blier et Michel Simon. En 1974, sa popularité devient internationale grâce au très émouvant Nous nous sommes tant aimé puis, à peine deux ans plus tard, avec ce sommet d’humour noir qu’est Affreux, sales et méchants (qui d’ailleurs remporte le prix de la mise en scène à Cannes). Deux films qui à eux-seuls sondaient avec une justesse déconcertante les contradictions de la société italienne et ses démons.

En 1977, Ettore Scola signe également Une journée Particulière, où il réussit à impliquer une irrésistible romance entre Sophia Loren et Marcello Mastroianni dans un contexte historique des plus néfastes. A côté de ces œuvres devenues incontournables, il continue à percer dans le domaine de la comédie, qu’elle soit romantique ou satirique, en participant au film à sketchs Les Nouveaux Monstres (1977), et en réalisant La Terrasse (1980), Passion d’amour (1981) ou encore Macaroni (1985).

En 40 ans de carrière, ce maître de la comédie romantique aura signé une quarantaine de films qui sont à présent entrés dans la grande histoire du cinéma italien. Ettore Scola est indéniablement un des derniers maîtres de cette grande époque qui nous a quitté. Puisse-t-il reposer en paix au Panthéon des cinéastes.

Extraits de Le Bal de Ettore Scola, un film virtuose qui étudie l’évolution de la société à travers la danse:

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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