On se battra comme des lions, un documentaire de Françoise Davisse

Ce mardi 24 novembre 2015, soit quatre mois avant la date prévue de sa sortie en salles, et grâce au soutien de la députée communiste Marie-George Buffet, la salle de projection de l’Assemblée Nationale diffusait en projection privée le nouveau documentaire de Françoise Davisse. Le sujet de ce film est en effet éminemment politique puisqu’il s’agit de ce qui fut le caillou dans la chaussure des premiers mois de la présidence Hollande, la grève des ouvriers de l’usine Peugeot d’Aulnay-Sous-Bois. En suivant pendant plus de deux ans le combat de ces grévistes, la documentariste a collecté suffisamment d’images pour offrir, en un film de deux heures, une représentation complète de cette lutte.

Au-delà du drame socio-économique que représentent la fermeture d’une usine employant 3000 personnes et un plan social qui n’arrange que quelques actionnaires déjà multimillionnaires, On se battra comme des lions se concentre sur l’organisation de la réaction qu’en ont ces salariés sur la sellette. Là où les grands médias les avaient présentés comme des vandales, la découverte que le documentaire nous permet de faire des réunions internes et des doutes ressentis par ces grévistes transforme cette lutte sociale en une vaste aventure humaine sur la durée de quatre mois. Le retour sur les grandes manifestations, les coups de gueule du porte-parole Jean-Pierre Mercier ou encore les affrontements musclés avec les CRS ne sont finalement que des anecdotes que la télévision a pu nous montrer par rapport à l’approche presque philosophique que va donner le film à la question du pouvoir qu’ont quelques salariés de bloquer la chaine de production d’une entreprise, mais aussi des conséquences qu’ils peuvent en tirer et des limites qu’ils doivent se donner, à titre aussi bien personnel que collectif. Véritable pamphlet pour le déterminisme social et brûlot radicalement anticapitaliste, ce long-métrage est un modèle en termes de volonté de faire découvrir au grand public un évènement dont il n’a eu qu’une vision biaisée et une lecture assez peu claire.

Deux ans après la fin de la grève, c’est donc dans les locaux prestigieux de l’Assemblée Nationale qu’une trentaine des 500 ouvriers qui ont suivi cette longue grève, les « copains » comme ils aiment s’appeler entre eux, ont redécouvert en avant-première la reconstitution de ces mois de combats, redécouvrant sur grand écran des moments difficiles comme les coups d’action dont ils peuvent être fiers. Tandis que la distribution du film n’aura pu être financée que grâce à une campagne de financement participatif, le lien social entre ces victimes du patronat est toujours aussi fort face à cet état de crise économique qui n’a, au jour d’aujourd’hui, permis qu’à la moitié d’entre eux de retrouver un emploi.

Extrait vidéo: On se battra comme des lions, de Françoise Davisse, réalisatrice

Festival

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Julien Dugois
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Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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