Insidious Chapitre 3, un film de Leigh Whannell : critique du DVD

Le cinéaste James Wan s’était fait connaître au plan international avec Saw, extraordinaire thriller horrifique qui deviendra une série à succès. Sa maîtrise du glauque et sa capacité à instaurer une ambiance angoissante ont alors été remarquées. Quelques années plus tard, après quelques échecs commerciaux, il renoue avec le succès en réalisant les deux premiers films de la série Insidious (entrecoupés de l’excellent Conjuring).

Wan and Whannell
Insidious, c’est une trilogie (pour le moment) qui joue sur la frontière entre notre monde et celui des morts. Rien de révolutionnaire dans le genre, mais, une fois de plus, le cinéaste savait faire preuve d’une grande maîtrise de ses effets et éviter les pièges des films d’horreur.
Succès oblige, un troisième chapitre a donc été produit, et confié au fidèle collaborateur de Wan, Leigh Whannell, scénariste et acteur dans Saw et Insidious, entre autres, et dont ce sera la première réalisation. Mais qu’est-ce que Whannell va pouvoir apporter à la série ? Et sera-t-il à la hauteur de son désormais célèbre prédécesseur ?

Un épisode de série
Ce Chapitre 3 reprend des caractéristiques de l’ensemble de la série, histoire de rappeler aux spectateurs qu’on est en terrain connu. Ainsi, au bout d’une minute de film, on voit apparaître le personnage d’Elise, medium qui parvient à entrer en contact avec les morts, et un des personnages centraux des Insidious. Vers la fin, nous retrouverons aussi Specs et Tucker, deux autres personnages importants de la trilogie. Le thème de l’esprit d’un mort qui s’attaque à une personne vivante s’impose très vite, ce qui entraîne l’inévitable petite promenade dans le monde des morts. Enfin, le film est émaillé de références et de clins d’œil à ceux qui connaissent les deux premiers films (ce qui n’est pas indispensable pour pouvoir suivre celui-ci, il faut le préciser).

Ce film fait donc bien partie de la série des Insidious, il n’y a aucun doute là-dessus. Le problème, c’est qu’il n’a rien à apporter aux précédents. Cette histoire est indépendante des deux autres films, il ne s’agit pas d’un préquel et il n’y a ici aucune révélation à attendre sur les personnages principaux.
Du côté de l’histoire, rien de nouveau là non plus. Nous avons l’éternel lieu commun de l’adolescente possédée, que les amateurs du genre ont déjà tellement vu que ça en perd tout intérêt. Seule Elise peut garder les spectateurs en suspens au milieu de toute cette banalité.
La réalisation, enfin, cumule les effets classiques du genre : les coups dans le mur et les bruits au plafond, les ombres dans le lointain, les lampes qui ne fonctionnent pas, les appartements abandonnés et poussiéreux dont les meubles sont recouverts de draps, et les sempiternels jump-scares, devenus le fléau des films d’horreur actuels.
Car, au lieu de passer son temps à tenter d’instaurer une ambiance pour vraiment faire peur, Whannell préfère faire sursauter ses spectateurs avec quelques effets que l’on voit venir de loin.
Clairement en-dessous des opus signés Wan, ce Chapitre 3 n’est pas une catastrophe cinématographique, c’est juste un énième film anonyme où le spectateur ne peut se départir de son impression de déjà-vu.

Synopsis : quelques années avant les événements des films précédents, Quinn Brenner, une jeune adolescente sans histoire, demande à la medium Elise de rentrer en contact avec sa mère, décédée d’un cancer.

Insidious Chapitre 3 : Bande Annonce

Insidious Chapitre 3 : fiche technique

Titre original : Insidious Chapter 3
Scénariste et réalisateur : Leigh Whannell
Avec Stefanie Scott (Quinn Brenner), Lin Shaye (Elise), Dermot Mulroney (Sean Brenner), Leigh Whannell (Specs), Angus Sampson (Tucker), Hayley Kiyoko (Maggie)
Producteurs : Jason Blum, Oren Peli, James Wan.
Photographie : Brian Pearson.
Montage : Tim Alverson
Musique : Joseph Bishara
Société de production : Blumhouse
Société de distribution : Sony Picture Releasing
Budget : 10 000 000 $
Pays : Etats-Unis
Date de sortie (aux USA) : 5 juin 2015
Date de sortie du DVD : 25 novembre 2015
Durée : 1h37
Film interdit en salles aux moins de 12 ans

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"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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