Retrospective Martin Scorsese: Casino, critique du film

Cinq ans après  Les Affranchis, Scorsese réunit une fois encore Robert DeNiro et Joe Pesci, ce qui donnera lieu à leur troisième et dernière collaboration, et ce film marque également la fin du duo inoubliable DeNiro/Scorsese. C’est, à ce jour, la dernière collaboration entre ces grands personnages du cinéma, collaboration qui aura duré plus de 20 ans et qui aura marqué de son empreinte le 7ème art, Casino étant le 8ème film sur 15 du réalisateur avec De Niro à l’affiche. Depuis, le réalisateur a trouvé un nouvel acteur fétiche en la présence de Léonardo DiCaprio.
Il marque cette fin de collaboration avec une fresque irréprochable tirée d’un livre, « Casino : amour et honneur à Las Vegas », lui même tiré d’une histoire vraie, qui fut écrit tout comme une partie du scénario par Nicholas Pileggi qui cinq ans auparavant effectuait le même travail sur  Les Affranchis.

Ces deux films se ressemblent fortement dans leurs univers mafieux, sombres, où les amitiés entre les hommes paraissent fortes mais finissent par se briser, et où l’honneur fait place à la trahison. Pour vous plonger dans l’ambiance du film et en savoir plus sur le nouveau jeu, vous pouvez visiter le site du casino en français.

Il marque cette fin de collaboration avec une fresque irréprochable tirée d’un livre, « Casino : amour et honneur à Las Vegas », lui même tiré d’une histoire vraie, qui fut écrit tout comme une partie du scénario par Nicholas Pileggi qui cinq ans auparavant effectuait le même travail sur  Les Affranchis.

Ces deux films se ressemblent fortement dans leurs univers mafieux, sombres, où les amitiés entre les hommes paraissent fortes mais finissent par se briser, et où l’honneur fait place à la trahison.

En effet, Casino reprend sur bien des points l’esthétique qui fit des Affranchis un chef d’œuvre. La principale différence réside dans l’expression de la fatalité et de la noirceur en commençant par la fin. Dans Casino, tout est condamné d’avance. Déjà grands, les personnages arrivent au sommet qui précède de quelques secondes leur chute.

Les leurres de l’amitié avec un psychopathe et de l’amour avec une mante religieuse auront raison des ambitions sentimentales d’Ace, aussi froid et méthodique en affaires que douteux dans son épanouissement intime.

La ferveur des grands Scorsese traverse bel et bien cette épopée. Dans ce lieu artificiel qu’est Las Vegas, le cinéaste maniaque se délecte. La fluidité de sa caméra omnisciente est ici à son paroxysme et dissèque avec brio les lois du milieu, fondées avant tout sur l’échange des regards. Le trio d’acteurs est tétanisant et provoque une alchimie assez rare.

Au-delà de l’attendu plan-séquence nous conduisant dans la salle des coffres, c’est surtout la décomposition du jeu d’argent qui intéresse le metteur en scène. Dans cet enfer glamour où tout le monde est surveillé par un surplomb silencieux, Scorsese est au sommet de la pyramide spectrale, en grand manitou. Le montage, imparable pour prendre le pouls des pompes à monnaie, cerne aussi bien les machines que ceux qui les utilisent.

Le summum du drame est atteint lors du final magistral qui montre l’inévitable descente aux enfers, bercée par le morceau du groupe Animals : « The House of the Rising Sun« . Cette scène, d’une violence graphique et d’une brutalité évidente prend alors des allures poétiques.

Alors que les tables de jeux (le site de Roulette77) font place aux dominos humains qui tombent les uns après les autres, Scorsese n’est pourtant pas dupe de la morale que génère son drame. Si la mafia se retire, si les tours sont dynamitées, c’est pour voir surgir de la poussière un « Disneyland » dénué d’âme et d’humanité, amputé de sa superbe, dont les acteurs deviennent les disciples du grand gagnant, le dollar, incarné par le lion géant sur le superbe plan final, qui s’adresse à un troupeau toujours plus vaste.

À travers cet opéra sanguinolent, le réalisateur dresse une fresque impressionnante des dessous du monde des casinos.

Les acteurs en sont des otages de la ville, personnifiée à l’extrême en tant qu’entité mortifère qui détruit tout sur son passage, les amitiés, les amours, les vies… La puissance de Las Vegas dessine l’éclat noir du puissant film qu’est Casino.

Seulement voilà, Casino est un peu considéré comme le jumeau maléfique des Affranchis. Il souffre d’une inévitable comparaison avec ce dernier, sorti cinq ans avant lui. Possédant la même énergie, les deux sont également servis par une narration en voix-off, ici un plus lourde. (Oui, Joe Pesci incarne encore une fois un gangster mafieux colérique.)

Par ailleurs, le parti pris de commencer par la fin amène un petit défaut : on pressent la mécanique fataliste de Scorsese dès les premières minutes et les péripéties s’étalant sur les trois heures ne présentent que trop peu d’enjeu pour tenir en haleine et annihilent une partie du suspense. De plus, l’acharnement avec lequel Scorsese contemple le venin se répandre occasionne quelques menus excès qui alourdissent la narration.

On pourra alors regretter un peu la longueur de ce film, le plus long long-métrage de Scorcese jusqu’à la sortie récemment du « Loup de Wall Street« , le devançant d’une minute.

Synopsis :  En 1973, Sam Ace Rothstein est le grand manitou de la ville de toutes les folies, Las Vegas. Il achète et épouse une virtuose de l’arnaque, Ginger Mc Kenna, qui sombre bien vite dans l’alcool et la drogue. Mais un autre ennui guette Sam, son ami d’enfance Nicky Santoro, qui entreprend de mettre la ville en coupe réglée…

Casino: Fiche Technique

Réalisation : Martin Scorsese
Scénario : Nicholas Pileggi, Martin Scorsese D’après : le livre homonyme de : Nicholas Pileggi
Interprétation : Robert De Niro (Sam « Ace » Rothstein), Sharon Stone (Ginger McKenna), Joe Pesci (Nicky Santoro), James Woods (Lester Diamond), Frank Vincent (Frank Marino), Pasquale Cajano (Remo Gaggi), Kevin Pollak (Phillip Green), Don Rickles (Billy Sherbert)…
Image : Robert Richardson
Montage : Thelma Schoonmaker
Durée : 2h58
États-Unis, 1995
Genre : Drame
Photographie : Robert Richardson
Producteurs : Barbara De fina et Joseph P. Reidy
Production : Universal
Distributeurs : Universal

Auteur : Clement Faure

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