I smile back, Cop Car: Festival de Deauville – films en compétition

Festival de Deauville, épisode 2: dépression, échecs, et course poursuite

Films en Compétition: Cop Car, I smile Back

Première projection au CID de Deauville, le soleil est revenu, mais le ton n’a pas changé; toujours grave. Troisième film en compétition, et deuxième long métrage de son auteur Adam Salky: « I smile back » suit la lutte de Laney Brooks (Sarah Silverman) contre ses addictions et ses démons. Un combat acharné mais perdu d’avance pour la jeune et jolie mère qui a pourtant tout pour elle.

Il y a quelque chose d’American Beauty dans son traitement de la classe aisée américaine, mais on est loin de sa puissance et de sa justesse. Tenaillée par la vodka et la cocaïne, envenimée par son adultère, Laney remonte la pente pour ne tomber que de plus haut. Un drame dérangeant, qui exhibe une dépression puis une résignation violentes. Malgré son efficacité, le film se contente trop de ce qu’il montre et ne dit pas grand chose, affichant une certaine pauvreté scénaristique qui empêche le film de nous souffler; alors que le sang et les larmes fonctionnaient plutôt bien.

Réalisation : Adam Salky
Production : Richard Arlook |Mike Harrop |Brian Koppelman |David Levien
Scénario : Paige Dylan |Brian Koppelman
Interprètes prinipaux : Mia Barron (Susan), Josh Charles (Bruce Brooks), Clark Jackson (Mr. Odesky), Terry Kinney (Dr. Page), Thomas Sadoski (Donny), Chris Sarandon (Roger), Sarah Silverman (Laney Brooks)
Image : Eric Lin
Montage : Tamara Meem
Musique : Zack Ryan

Dans la foulée, c’est encore un second film qui est mis à l’honneur par la compétition: Cop Car de Jon Watts. Avec Kevin Bacon en shérif véreux, dépossédé de sa voiture par deux gamins, après laquelle il court. Une projection étrange car rythmée trop souvent par les rires, alors que le film n’a priori pas vocation à faire rire. Mais il y a de la farce et du furious dans ce film, alors parfois le burlesque prend le dessus sur le thriller et cela nuit au rythme mis en place, par ailleurs très intéressant. Car avec un Kevin Bacon d’une sauvagerie inouïe dans son costume terreux traquant deux enfants délicieusement dépassés par la situation qu’ils ont créée, le film agit en étau qui se resserre autour des gamins et du spectateur. L’intrigue s’alourdit au fur et à mesure que l’on découvre ce que l’on est en droit d’attendre d’une voiture de flic magouilleur, et s’assombrit alors que l’humour reste assez inexplicablement présent. Jon Watts, en maîtrise, signe un film court mais très intense.

Cop Car: Bande-annonce

Réalisation : Jon Watts
Production : Sam Bisbee |Andrew Kortschak |Cody Ryder |Alicia Van Couvering
Scénario : Christopher D. Ford |Jon Watts
Interpetes princiaux: Kevin Bacon(le shérif Kretzer), James Freedson-jackson (Travis), Camryn Manheim (Bev), Hays Wellford (Harrison), Shea Whigham (l’homme)
Image : Matthew J.lloyd |Larkin Seiple
Montage : Megan Brooks |Andrew Hasse
Musique : Phil Mossman

Il y avait une avant première prometteuse aujourd’hui de par son sujet,  son réalisateur, et de son acteur, c’était Le Prodige de Edward Zwick. Le cinéaste à qui on doit notamment Blood Diamond et Les insurgés, revient cette année avec un biopic sur Bobby Fischer, le légendaire joueur d’échecs interprété par Tobey Maguire. Un résultat réussi, qui intéresse voire passionne, car c’est avant tout dans le théâtre de la guerre froide que se déroule sa rivalité mythique avec le Russe Boris Spassky (Liev Schreiber). Voulant soigner son soft power c’est tout un pays qui va finir derrière ce jeune originaire de Brooklyn rongé par la folie ; et c’est le monde entier qui se plonge dans une confrontation qui a tout d’une guerre cachée. Et plus Bobby s’approche du titre, plus il s’éloigne de la raison, sur les plages californiennes des beachs boys, la success story sombre dans la paranoïa, car le prodige flaire le complot à chaque murmure, voit des micros dans le moindre objet. Évidemment c’est un biopic, alors on n’échappe pas à certaines règles du genre et il y a de petites lignes à la fin du film. Mais Edward Zwick parvient réellement à instaurer une ambiance pesante, et la moindre partie d’échecs est filmée comme un match de boxe, comme une finale de coupe du monde. Tobey Maguire campe parfaitement son personnage, dans tous ses paradoxes (son aversion pour les juifs, alors qu’il est lui même juif…), dans toutes ses émotions, ses doutes, son assurance, son don…

Les Premières: Films d’ouverture du festival de Deauville

Le Prodige (Pawn sacrifice) : Bande-annonce

Réalisateur: Edward Zwick
Scénario : Stephen J. Rivele, Steven Knight, Christopher Wilkinson
Interprètes principaux : Tobey Maguire, Peter Saarsgard, Liev Schreiber
Musique : James Newton Howard
Durée : 1h54
Sortie : 16/09/2015

 

Festival

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Grégoire Lemaître
Grégoire Lemaîtrehttps://www.lemagducine.fr/
Étudiant en histoire de l'art et passionné d'images en tout genre (qu'elles soient picturales, photographiques, ou filmiques) j'écris pour le plaisir de partager les œuvres qui m'ont marqué. Mon coeur balance entre l'ésotérisme de cinéastes comme Herzog ou Antonioni (pour ne citer qu'eux), l'audace de réalisateurs comme Wes Anderson ou Bertrand Bonello, et les grands noms made in U.S.A. Je voue également un culte sans failles à Audrey Hepburn. Dernièrement mes plus grands frissons viennent du petit écran, notamment avec The Leftovers, Rectify ou The Americans.

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