Trop jolies pour être honnêtes : Critique DVD

LCJ EDITIONS & PRODUCTIONS est un défenseur du patrimoine télévisuel, théâtral et cinématographique français. Il ressort du placard les films qui ont fait l’histoire du cinéma, le « Cinéma de patrimoine », ce qui leur permet promouvoir plus de 1000 œuvres, tous styles confondus, certaines rares, d’autres plus connues. Ces éditions proposent donc un vaste choix de films français et étrangers des années 1930 à nos jours. Elles se sont ont ainsi intéressées aux comédies qui forment le patrimoine comique du cinéma français.

La France est un pays connu pour ses comédies. Même si certains réalisateurs ont réussi à faire de réelles prouesses dans ce genre cinématographique, de nombreux autres se sont enlisés dans des films pas vraiment drôles, pas vraiment fins, et loin d’être toujours réfléchis. Les années 70/80, notamment, ont vu éclore un florilège de comédies, que beaucoup aujourd’hui qualifient de « navets » ou de « nanars ». Leurs réalisateurs se nomment Max Pécas ou Philippe Clair, leurs titres sont parfois totalement saugrenus, comme « Arrête de ramer t’attaques la falaise ! » ou « Prends ton passe-montagne, on va à la plage », sans oublier la série des « Mon curé chez... ».

« Trop jolies pour être honnêtes » fait partie de ces comédies qui disposent d’un casting de choix pour l’époque, mais qui s’avère être un formidable ratage. Son maître d’œuvre, Richard Balducci, également scénariste de plusieurs « Gendarmes » avec Louis de Funès, est aujourd’hui totalement oublié. Il est vrai que ce n’est pas rassurant d’attaquer le film quand on sait que son réalisateur est à l’origine de perles telles que « N’oublie pas ton père au vestiaire » ou encore « Prends ta Rolls et va pointer ».

A première vue, le casting est attirant : Jane Birkin, Bernadette Lafont ou encore Serge Gainsbourg, également auteur de la musique. Des « people » de l’époque. Mais que diable sont-ils allés faire dans cette galère ? A cause du scénario extrêmement faible dont les ficelles sont de suite visibles et récurrentes dans bon nombre de comédies de l’époque, ainsi que des interminables rajouts en guise de rebondissements dans l’intrigue, ces acteurs sont décrédibilisés.

Richard Balducci a en outre des partis-pris techniques qui desservent le film, tels que des effets d’accélération ou de transformation des voix. Des partis pris en rien justifiés qui ne font qu’enlaidir l’ensemble. Pour ponctuer la chose, la bande-originale est insupportable, similaire à celle des dessins animés de l’époque. Quelle tristesse, quand l’on pense qu’elle est signée de l’auteur de La Javanaise.

Pourtant, comme bon nombre de comédies franchouillardes, celle-ci mérite le coup d’œil car il contient quelques pépites. Il est en effet impossible de ne pas rire ou, du moins, esquisser un sourire devant certains gags. Pas grâce à leur force comique mais par la manière dont ils sont orchestrés, mis en scène. On retrouve donc des scènes « cultes », par exemple lorsque Carlo Giuffré mange ses essuie-glaces, ou des cascades qui ont fait l’histoire des plus grands nanars français, notamment lorsque Serge Gainsbourg est victime d’un croche-pied. Sa chute est digne des blockbusters d’aujourd’hui.

Sorti en France en novembre 1972, « Trop jolies pour être honnêtes » est donc un film d’une époque précise, celle des années 70. Aujourd’hui, il n’apparaît que comme un long-métrage démodé et ayant bien mal vieilli. Pour certains, il sera culte, pour d’autres, aberrant.

N’hésitez pas, néanmoins, à jeter un œil sur le site de LCJ Editions afin de voir les nombreux films proposés, toujours plaisants à posséder en DVD, sachant que certains sont de véritables raretés qui méritent le détour.

Synopsis: Frédérique, responsable d’un mouvement féministe, Christine, psychiatre, Martine, leur voisine et Bernadette, soubrette délurée, s’apprêtent à fêter l’anniversaire de Martine lorsqu’elles sont témoins d’un hold-up à la Caisse d’Epargne de Nice… L’évènement relègue au second plan la présence du fiancé de Martine, officier de marine, jusqu’au moment où il fait cadeau à la jeune femme d’une longue-vue. Celle-ci leur permet d’observer leurs nouveaux voisins d’en face.

Trop jolies pour être honnêtes : Fiche Technique

Réalisation: Richard Balducci
Avec Bernadette Lafont, Elisabeth Wiener, Jane Birkin, Emma Cohen, Carlo Giuffrè, Henri Virlojeux
Scénario: Catherine Carone
Musique: Serge Gainsbourg
Durée: 95 min.
Éditeur: LCJ Editions
Distributeur: LCJ Editions
Sortie DVD: 19 août 2015

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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