Blanc comme neige, un film de Christophe Blanc : Critique

En France comme en Belgique, certains comédiens titillent toujours l’intérêt du spectateur, et ce quelque soit le film dans lequel ils participent. Alors, quand un réalisateur décide de réunir certains de ces acteurs issus de ces deux nations, les yeux du public ne peuvent qu’être rivés que sur ce projet. D’autant plus qu’il s’agit-là d’un thriller, genre dans lequel le cinéma français arrive encore à proposer quelques titres vraiment divertissants et/ou soignés, bien loin des codes hollywoodiens. Oui, Blanc comme neige était de ces films, ceux qui suscitent un certain engouement. C’est pour cela que le constat post-visionnage se montre aussi glacial que la neige…

Synopsis : Maxime a tout pour être heureux : gérant d’une concession florissante de voitures de luxe, il est marié à une magnifique jeune femme et mène la belle vie dans une villa. Mais tout va basculer pour ce patron intègre le jour où son collaborateur, Simon, trouve la mort. Ce dernier était à la tête d’un traffic de véhicules hauts de gamme avec la mafia finlandaise sans pour autant leur rendre des comptes. Ainsi, les truands se retournent vers Maxime, en espérant récupérer l’argent que leur devait Simon. Pour se sortir de ce mauvais pas, Maxime fait appel à ses frères Grégoire et Abel. Mais leur intervention vire au fiasco, plongeant la vie de Maxime et de sa famille dans une situation de plus en plus inextricable…

Un blanc bien terne

Sur le papier, Blanc comme neige avait de quoi faire, notamment de par son casting plutôt impressionnant, qui regroupe les meilleurs du cinéma français et belge. À savoir l’incontournable François Cluzet, la délicieuse Louise Bourgoin et les excellents Olivier Gourmet et Bouli Lanners. Des comédiens qui interprètent leur personnage respectif avec suffisamment de conviction pour leur donner vie et nous permettre de s’attacher à eux au fil de leurs péripéties. Ensuite, du côté du scénario, Blanc comme neige, en plus de promettre une enquête palpitante à suivre, propose tout un lot de moments intimistes et psychologiques, afin de mettre en valeur les différents protagonistes. Leurs motivations, leurs enjeux. De quoi nous offrir quelque chose à nous mettre sous la dent !

Pourtant, après avoir vu Blanc comme neige, un sentiment de frustration risque de vous envahir. Principalement à cause de ce scénario qui, malgré l’intention de creuser les personnages, a été négligé au possible. À tel point que le film se retrouve bourré d’incohérences et d’invraisemblances. Les exemples sont nombreux : les seuls accents que vous entendrez sont belges ou bien finlandais (ce dernier se révélant être incompréhensible quand les comédiens parlent en Français), alors que l’histoire se déroule à Marseille. Où est l’accent du Sud ? D’ailleurs, jamais les décors du film (hormis une somptueuse villa et quelques palmiers au début du film) nous donnent l’impression d’être au bord de la Méditerranée pour la simple et bonne raison que le tournage s’est fait en Belgique, pays bien loin du charme de la Côte d’Azur. Malheureusement, cela se voit…

Mais surtout, Blanc comme neige pousse bien trop souvent le bouchon du n’importe quoi à l’extrême. Il suffit de lire le script pour se rendre compte de la situation : un homme décide de régler cette affaire lui-même, avec ses frères, car prévenir la police pourrait faire chavirer son existence et celle de sa famille. Pourquoi ? Tout bonnement parce que l’homme qui l’a mis dans cette situation était son associé. Ce qui veut dire, selon le film, qu’il est lié à ses problèmes même s’il les ignore. Et que si les flics découvrent quoique ce soit sur son associé, notre héros trinque aussi. C’est totalement absurde ! Le personnage de Maxime pourrait tout aussi bien aller voir les policiers que l’affaire se terminerait normalement, lui qui n’a rien à se reprocher. Le fait que son associé ait fait quelques magouilles dans son dos ne lie pas forcément le personnage principal. Du coup, Blanc comme neige se révèle être un film qui prend son temps (et pas qu’un peu) pour rien. Pour une histoire à dormir debout qui n’aurait jamais eu lieu avec des personnes censées. Un constat qui explique pourquoi le spectateur, malgré les comédiens et quelques atouts scénaristiques, se détache très rapidement du film.

Blanc comme neige propose toute une séquence d’action (une fusillade) montée de manière brouillonne (les événements semblent se précipiter), des moments intimistes qui gâchent le rythme et le réalisme, une musique qui en fait trop, un final sans queue ni tête et des longueurs non justifiées, il est préférable de passer son chemin plutôt que de s’attarder devant ce thriller décevant. Vraiment dommage, vu les atouts que le film avait en poches. Alors que la durée de ce dernier ne fait qu’une heure et demie, le visionnage a semblé bien long…

Fiche technique – Blanc comme neige

France, Belgique – 2010
Réalisation : Christophe Blanc
Scénario : Christophe Blanc, Roger Bohbot et Béryl Peillard
Interprétation : François Cluzet (Maxime), Olivier Gourmet (Grégoire), Jonathan Zaccaï (Abel), Louise Bourgoin (Michèle), Pertti Koivula (Matti), Bouli Lanners (Simon), Ikka Koivula (Jukka), Kai Lehtinen (Markku)…
Date de sortie : 17 mars 2010
Durée : 1h35
Genre : Thriller
Image : Laurent Brunet
Décors : François Girard
Costumes : Catherine Rigault
Montage : Guy Lecorne
Musique : Krishna Levy
Budget : 6,5 M€
Producteurs : Bertrand Gore et Marin Karmitz
Productions : MK2 Productions, Need Prods et Blue Monday Productions
Distributeur : MK2 Diffusion

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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