Alleluia, un film de Fabrice du Welz : Critique

Critique Alleluia : 

Synopsis: Manipulée par un mari jaloux, Gloria s’est sauvée avec sa fille et a refait sa vie loin des hommes et du monde. Poussée par une amie, Gloria accepte de rencontrer Michel via un site de rencontre. Michel, petit escroc bas de gamme, est troublé par Gloria, et Gloria tombe éperdument amoureuse. Par peur, Michel se sauve, mais Gloria va le retrouver et lui faire promettre de ne plus jamais la quitter. Prête à tout pour sauvegarder cet amour, elle se fera passer pour la sœur de Michel afin que celui-ci puisse continuer à séduire des femmes pour de l’argent. Mais la jalousie gangrène peu à peu Gloria.

Depuis Vinyan en 2008, Octopus d’Or au Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS) la même année, Fabrice du Welz avait déserté les plateaux de tournage. Il faut dire qu’à sa sortie, le film fût un échec critique et public considérable. Six ans d’absence qui ont servi de remise en question pour le belge qui décida de se lancer dans une production ambitieuse lorsqu’il fût contacté l’an passé par Thomas Langmann, le fameux producteur français à qui l’on doit la réussite outre-Atlantique de The Artist. Ce dernier lui proposant un polar de commande, Colt 45 devait s’avérer être l’un des blockbusters français de l’année. En pleine pré-production, Du Welz ira jusqu’à dire que son polar se rapprochait d’un The Raid et à rien d’autres vu apparemment en France. Malheureusement, l’euphorie des débuts laissera place à un tournage chaotique, une production épouvantable et un Fabrice du Welz furieux et reniant totalement son film. Colt 45 est sorti au milieu de l’été et fût le désastre annoncé, n’attirant que quelques dizaines de milliers de spectateurs en salles pour un budget de près de douze millions d’euros. Un four financier. Au sortir de cette mésaventure, le réalisateur belge se dirigera vers une production plus modeste mais également plus personnelle. Avec Alleluia, il continue ce qu’il a entrepris en 2004 avec Calvaire, le thème de l’amour fou. Et d’après ce qu’il a annoncé, le film est le second opus de la Trilogie ardennaise, dont le dernier volet sera tourné d’ici deux ans, toujours avec Laurent Lucas.

Folie à deux

Alleluia s’inspire d’un fait divers macabre survenu au États-Unis, celui des Tueurs de la Lune de Miel. L’histoire d’un couple d’américains passionnément amoureux qui ont assassiné et dépouillé de vieilles veuves entre 1947 et 1949, avant d’être arrêté et condamné à la chaise électrique. Jusqu’au procès, ils évoqueront leur amour passionnel qui les a conduits à la folie. Fabrice du Welz s’approprie donc cette trame, mais s’éloigne du mythe et nous livre une histoire toute aussi passionnelle, installée cette fois-ci dans des terres ardennaises hostiles. L’ouverture du film se fait sur un plan fixe, celui d’un corps froid sur une table d’opération. Une femme arrive et commence à nettoyer ce corps avec une éponge, de manière très clinique. Le plan suivant élargit un peu plus le cadre et dévoile l’aspect mortuaire du lieu. Au sein de ce lieu si symbolique de la morgue, Gloria, cette femme avec son teint cuivré, contraste avec les couleurs froides de l’environnement mais fait preuve d’un grand calme et s’adapte au climat de la pièce. Ce sont les premiers plans d’un film qui verra cette femme être amenée à commettre les crimes les plus macabres. Ces premières images du film évoquent déjà l’expérience précieuse de cette femme amené à côtoyer régulièrement la mort. Au-delà de ces plans qui posent directement les bases d’un film qui va assurément retourner le spectateur, c’est la qualité d’image qui surprend. Fabrice du Welz fait le choix de la pellicule, tournant en 16mm avec un grain sale et poisseux. Choix pertinent tant il insiste sur l’aspect sauvage et primaire d’une histoire d’amour excessive dont la folie emmènera les deux protagonistes aux frontières de leurs limites. C’est ce que les psychologues appellent « folie à deux ». La rencontre entre Michel (Laurent Lucas impeccable) et Gloria (Lola Dueñas démente) est un des moments savoureux du film tant il fait preuve d’humour malgré lui. Dans un restaurant au cadre séduisant, Michel élabore une analyse de personnalité selon les chaussures des clients qui entoure leur table. Terriblement Cynique.

Car si Alleluia est un récit macabre, Fabrice du Welz y incorpore une dose d’humour noir efficace. Un équilibre parfaitement dosé entre l’humour et le drame, mettant à distance le spectateur de cette folie meurtrière. Cette folie portée par deux acteurs parfaits, à commencer par le revenant Laurent Lucas (présent dans Calvaire, le premier long métrage de Du Welz) qui incarne ce « gigolo » escroc mais charmant et d’une Lola Dueñas hystérique à souhait. Alleluia fait preuve d’une écriture psychologique fine des personnages, à tel point que le récit macabre des tueurs de la lune de Miel n’en devient que plus plausible. Après la première rencontre, le récit interroge sur cette alchimie qui opère entre Michel et Gloria. Déçue en amour, Gloria voit en Michel une preuve que l’amour -le vrai- existe encore après un mariage gâché. A l’inverse, Michel voit en Gloria une sorte de figure maternelle qu’il n’a jamais vraiment eu pendant son enfance. Tombant fous amoureux, Michel ne peut cependant s’empêcher de continuer son petit commerce d’arnaques de veuves malgré la passion qu’il éprouve pour Gloria, et réciproquement. Ils travailleront alors à deux. Mais jalouse compulsive, Gloria ne supporte pas de voir son amant être dans le lit d’une autre. C’est cette jalousie incontrôlable qui emmènera cette femme au-delà de ses limites. Elle pratique l’etouffement, l’égorgement et portera des coups d’une violence rare avec cette même conviction implacable, celle de ne pas partager son amant. Mais au fond, ces femmes assassinées ne sont que le reflet de Gloria, ces femmes qui ne demandaient rien si ce n’est un peu d’amour. Tous les protagonistes du film ne sont au fond que des personnages en souffrance, certains se trouvant même une force meurtrière insoupçonnée. C’est en agissant à deux que les amoureux se muent en une sorte de bête meurtrière passionnée, comme aime à le rappeler le réalisateur.

Pour représenter au mieux la complexité de cette histoire d’amour, la caméra de Fabrice du Welz est tout ce qu’il y a de plus charnelle puisqu’elle se trouve au plus près des corps dans ce film. Le cadre est très cloisonné, à la limite de l’étouffement et illustre alors les sensations ressenties par les personnages. Avec ce cadre qui laisse les corps s’offrir à la caméra, on peut ressentir à quel point l’histoire des Tueurs de la Lune de Miel apparaît comme un récit éminemment charnel pour Fabrice du Welz qui insiste sur le côté passionné et physique de ce fait divers. Alleluia transpire l’érotisme, le sexe à chaque plan avec ces moments de fougues où les respirations se croisent bruyamment donnant lieu à des moments de sensualité intense. Pour filmer ces acteurs, Fabrice du Welz a une technique bien précise qui consiste à ne pas faire adapter ses acteurs à la caméra mais plutôt à les laisser s’exprimer comme bon leur semble. Si l’esthétique en prend un coup, l’authenticité n’en est que plus forte et les acteurs apparaissent terriblement juste : Du couple d’assassins machiavéliques à toutes ces veuves, notamment la dernière interprétée par Hélena Noguerra, la femme de Fabrice du Welz, qui trouve le ton juste et remporte toute notre empathie. Quelques élans de surréalisme font même leurs apparitions comme cette danse tout droit venue de la magie noire. Une danse pratiquée autour d’un feu, qui consume l’amour de ces deux personnages fous et amoureux. Fabrice du Welz a toujours revendiqué son amour pour Tobe Hooper et pour le célèbre Massacre à la Tronçonneuse (qui est ressorti le 29 octobre au cinéma en version restaurée), et cela se ressent tant l’aspect sale de la pellicule reprend le visuel du film de Hooper. Du Welz fait même le choix de privilégier les longs silences contemplatifs et les bruitages plutôt qu’une musique illustrative qui pouvait s’avérait lourde. Tous ces choix radicaux participent à rendre l’expérience Alleluia d’autant plus singulière qu’elle nous fera passer par différents stades d’émotions, du rire à l’effroi en passant par l’empathie pure.

Entre le film d’épouvante, la comédie musicale, le drame et l’humour grinçant, Alleluia est à la croisée de différents registres qui fonctionnent étonnamment bien. Un juste équilibre des tons qui permettent de prendre de la distance sur ce fait divers tout en captivant littéralement la réflexion du spectateur. Comme tout film de genre en France, le succès sera certainement très mince pour ce nouveau film de Fabrice du Welz mais il faut reconnaître qu’il contient tout de la marque des plus grands. Pas étonnant alors que le Jury du FEFFS de cette année, présidé par Tobe Hooper en personne, ait rendue grâce à ce film en le récompensant du Prix du Jury. Un critique en ligne dira même que Alleluia est « une sorte d’épisode de Faites Entrer l’Accusé réalisé par Tobe Hooper ». Difficile de mieux qualifier le film par le biais de cette phrase. Surprenant retour au genre, réadaptation radical d’un fait divers et mise en scène des plus audacieuses, Alleluia est tout simplement un sacré film.

SUPPLÉMENTS DE L’EDITION DVD : ★★★☆☆

A l’occasion de la sortie DVD du film, la rédaction s’est penché sur les bonus compris dans le DVD :
Les suppléments du film (doté d’un transfert 16/9 et de mixages Dolby Digital 2.0 et DTS 5.1.) inclut une galerie photo comprenant également des affiches, six scènes coupées et une série d’entretiens avec les acteurs. Peu de bonus très concrets donc et un making-off qui manque clairement. Les scènes coupées ne servent qu’à compléter faiblement des bonus bien maigres. On comprend d’ailleurs rapidement pourquoi elles ont été retirées (scènes inutilement allongées ou tout simplement dispensables). Même si deux scènes valent le coup d’être vues pour appuyer un peu plus la relation sensuelle à la limite du fantastique entre Michel et Gloria. Quelques scènes en coulisses nous permettent aussi d’entrevoir la production du film. Toujours intéressantes mais d’une durée trop courte. On sent qu’il n’y a pas eu de véritable équipe dédiée au making-off durant le tournage.

Les habituels entretiens avec les comédiens du film sont évidemment présents. Si celui de Lola Dueñas n’est pas des plus pertinents, ceux avec Helena Noguerra et Laurent Lucas s’avèrent néanmoins plus enrichissants. Mais Laurent Lucas n’est même pas présent en images et seule son interview audio a été retranscrite, illustrée par des photos du film et des coulisses. Additionné à cela un entretien réalisé par Cinergie.be (un site de cinéma belge) qui vient compléter les bonus du film. On y voit une interview avec Fabrice du Weltz et Laurent Lucas évoquant le scénario et le tournage du film. Ce bonus est d’ailleurs disponible sur Youtube depuis janvier 2014. L’interview réalisée par le Festival Fantastique du Film Fantastique de Strasbourg s’avère dans ce sens plus intéressante et plus complète sur les intentions du réalisateur. On y entrevoit enfin un panorama plus complet du film et de l’état d’esprit de son géniteur. Les suppléments s’avèrent donc relativement dispensables mais révèlent parfois quelques éléments intéressants dans le processus de création du film. On regrettera donc l’absence d’un véritable making-off. Mais ce serai dommage de bouder son plaisir pour un film aussi plastiquement et narrativement réussi.

A savoir que pour les amateurs de HD, Alleluia n’est proposé qu’en DVD. Une décision compréhensible d’un point de vue commercial mais malgré tout regrettable. En effet, le Blu-ray supporte mieux la granulation de ce type de bande tournée sur pellicule grâce à un taux de compression, une plage colorimétrique et une résolution accrus. Il faudra donc se contenter de cette édition DVD.

Fiche Technique: Alleluia

Titre original: Alleluia
France-Belgique
Date de sortie : 26 novembre 2014 (DVD : 06 mai 2015)
Réalisation: Fabrice du Welz
Scénario: Fabrice Du Welz, Vincent Tavier & Romain Protat (dialoguiste)
Interprétation : Laurent Lucas (Michel), Lola Dueñas (Gloria), Stéphane Bissot (Madeleine), Edith Le Merdy (Marguerite), Anne-Marie Loop (Gabriella), Héléna Noguerra (Solange)
Genre: Thriller, drame
Durée: 90min
Image: Manuel Dacosse
Décor: Emmanuel Demeulemeester
Costume: Christophe Pidré & Florence Scholtes
Montage: Anne-Laure Guégan
Son : Vincent Cahay
Producteurs: Clément Miserez, Vincent Tavier, Matthieu Warter, Bart Van Langendonck, Fabrice Du Welz, Jacques-Henri Bronckart, Olivier Bronckart, Ludovic Delbecq
Production: Radar, Panique, Savage Film, One Eyed, Versus Production, Canal +, BeTV, Ciné +, Cofinova 8, Vlaams Audiovisueel Fonds, Centre du Cinéma et de L’audiovisuel De La Fédération Wallonie
Distributeur: Carlotta Films
Budget : 2 896 000 €
Festival: Prix du Jury Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg 2014, Sélection Quinzaine des Réalisateurs de Cannes 2014, Meilleur Film-Réalisateur-Acteur-Actrice au Fantastic Fest Festival de Austin 2014

#Vu dans le cadre du FEFFS 2014 avec la présence de son réalisateur, Fabrice du Welz. Ce dernier avait d’ailleurs répondu à quelques questions. Vous pouvez d’ailleurs retrouver [ici] l’article en intégralité.

Festival

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Cannes 2026 : Le Château d’Arioka, leçon d’honneur

Présenté à Cannes Première, "Le Château d'Arioka", nouveau film de Kiyoshi Kurosawa, est un film policier féodal en forme de huis clos philosophique. Un film de samouraïs, sans grandes batailles ni duels au katana, qui convainc, à condition d'accepter son tempo, tel une infusion en quatre mouvements.

Newsletter

À ne pas manquer

Tout va super : Voir Habib et mourir

Drôle, subtil et bouleversant, Tout va super mêle comédie romantique et réflexion sur la fin de vie. Porté par une distribution éclatante (Hakim Jemili, Noémie Lvovsky, Marie Colomb, Camille Chamoux, Rudy Milstein), le nouveau film de Patrick Cassir a des airs de Blier en plus suave.

The Mandalorian and Grogu, ou la saga Star Wars à bout de Force ?

Après sept ans d’absence au cinéma, The Mandalorian and Grogu ramène enfin Star Wars sur grand écran. Jon Favreau livre une aventure accessible, efficace et parfois franchement plaisante, mais dont le manque d’enjeu, d’ambition visuelle et de souffle cinématographique finit par réduire le retour de la saga à un simple téléfilm de luxe.

Passenger – Frissons routiers balisés pour tenue de route correcte

Avec Passenger, André Øvredal revient à l’horreur d’exploitation pure, entre légende urbaine, présence démoniaque et frissons nocturnes sur les routes. Si son excellente scène d’ouverture et quelques morceaux de mise en scène rappellent son vrai savoir-faire, le film reste trop banal, trop calibré et trop pauvre dans ses personnages pour dépasser le rang de série B honnête.

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Kévin List
Kévin Listhttps://www.lemagducine.fr/
Cinéphile assidu accro au café. Traîne dans les cinémas d'art et d'essai de Paris. Mange dans les food trucks entre deux films. Prend plaisir à débattre dans les bars des alentours de Notre-Dame. Outre son activité sur le site, Kévin est régisseur sur les plateaux de cinéma.

Tout va super : Voir Habib et mourir

Drôle, subtil et bouleversant, Tout va super mêle comédie romantique et réflexion sur la fin de vie. Porté par une distribution éclatante (Hakim Jemili, Noémie Lvovsky, Marie Colomb, Camille Chamoux, Rudy Milstein), le nouveau film de Patrick Cassir a des airs de Blier en plus suave.

The Mandalorian and Grogu, ou la saga Star Wars à bout de Force ?

Après sept ans d’absence au cinéma, The Mandalorian and Grogu ramène enfin Star Wars sur grand écran. Jon Favreau livre une aventure accessible, efficace et parfois franchement plaisante, mais dont le manque d’enjeu, d’ambition visuelle et de souffle cinématographique finit par réduire le retour de la saga à un simple téléfilm de luxe.

Passenger – Frissons routiers balisés pour tenue de route correcte

Avec Passenger, André Øvredal revient à l’horreur d’exploitation pure, entre légende urbaine, présence démoniaque et frissons nocturnes sur les routes. Si son excellente scène d’ouverture et quelques morceaux de mise en scène rappellent son vrai savoir-faire, le film reste trop banal, trop calibré et trop pauvre dans ses personnages pour dépasser le rang de série B honnête.