Grimm Saison 2 : Souvenirs de mythes antiques

Grimm est une série télévisée américaine créée par David Greenwalt et Jim Kouf, diffusée depuis le 28 octobre 2011 sur NBC1 aux États-Unis où humains et êtres surnaturels cohabitent ensemble, cette idée est développée notamment, dans plusieurs séries fantastiques, comme Lost, True Blood, une adaptation des romans de Charlaine Harris.

« Quand ils n’arrivent plus à se contrôler, leur masque tombe, et nous voyons leur véritable apparence »

Les frères Grimm à l’origine de 34 contes populaires racontent les derniers souvenirs de mythes antiques. Derrière ses histoires, se cachent d’anciennes croyances, de vieux rituels. Si on lit les textes originaux, ses contes ont pour but d’éduquer sur la nature de certains êtres humains.

La série de la chaîne américaine NBC remet au goût du jour les contes originels, dans leurs versions la plus sombre, pour en faire une série policière fantastique. Nous n’allons pas y trouver de princesses, de magnifiques châteaux, mais de la cruauté, cette dimension sauvage qui existe à l’origine dans les contes de Grimm. La série renoue en réalité avec les histoires originelles du conteur, sans mièvrerie et sans la féérie des histoires de notre enfance.

Nick Burckhard, interprété par David Giuntoli, est policier à Portland, dans l’Oregon. Il apprend par sa tante qu’il est un descendant des Grimm, une famille capable de voir les êtres fantastiques sous leurs réelles apparences tels les loups-garous, des vampires, des rats et autres créatures se cachant parmi les habitants de la ville. Il est aidé dans cette quête par Eddy Monroe, interprété par Silas Weir Mitchell, un ancien loup-garou féroce qui grâce à un savant mélange de médicaments, un régime et des séances de sport contrôle sa nature sauvage.

Chaque épisode commence par une citation, qui rappellera aux téléspectateurs des souvenirs comme celui d’une femme aux cheveux couleur blé, rentrant sans y être invitée dans une belle demeure, y mange et s’endort, avant de devenir prisonnière des propriétaires. Cette scène évoque le conte de Boucle d’Or et les Trois Ours.

Le décor de la ville est saturnien, brumeux et les crimes sont nombreux. Un prédateur enlève des jeunes filles, c’est un loup-garou… Le conte de fée va au-delà d’une simple histoire : il s’agit de montrer des êtres qui se révèlent être des violeurs, des cannibales… Ces personnages existent dans le monde réel; ils se dissimulent sournoisement; il se peut même qu’ils soient votre voisin de palier sympathique, mais derrière cette apparence humaine se cache une nature de rapaces pour leurs semblables.

Dans cette série, on ne rentre pas dans un conte. Si la dimension historique existe, nous n’avons pas de conteur mais un policier mis sur le même plan que les autres personnages du conte, créant ainsi une atmosphère d’épouvante, d’angoisse car tous sont les objets de l’histoire même. Cet aspect de la série ramène le conte à un niveau de fort réalisme. Il n’y a plus de contrôle, plus de conteur, juste un monde avec ses crimes et ses horreurs…, comme on peut le constater dans n’importe quelle ville du monde.

Nick Burckhardt se réfère à une encyclopédie laissée par sa tante, un héritage familial. Dans cet étrange livre, il  apprend à connaitre ses différentes créatures et comment les mettre hors d’état de nuire.

La mise en scène, faite de clairs-obscurs, suscite mystères et peurs. L’éclat de la lumière et la soudaine opacité des paysages, cette nature dense et inquiétante avec sa foret, torrent, vallée, fleuve, multiplient le sentiment de menace diffuse.

Probablement la série ne plaira pas à ceux qui n’aiment pas le Fantastique, mais elle plaira certainement à ceux qui connaissent les origines des contes Grimm. En effet, les amoureux des contes de fées apprécieront cette interprétation de leurs histoires préférées.

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