Orphan Black, saison 2 : Critique de la série

Critique Orphan Black – saison 2 : Nos craintes dévoilées face au progrès du clonage

Cette série canadienne fut une révélation, d’une part par son originalité scénaristique, en abordant l’une de nos pires craintes sur le progrès du clonage; puis par la performance exceptionnelle de l’actrice principale Tatiana Malsany, qui cette saison encore, nous dresse le portrait de 11 personnages à elle seule.

Cette seconde saison d’Orphan Black dénote par rapport à la première, qui jouait beaucoup sur le côté complot/société secrète et mise en relation des divers clones. Cette fois ci, on sait qui tire les ficelles de l’expérience : Le DYAD. Alors, il n’y a plus autant de mystères, mais plus de profondeur : on rentre dans le vif du sujet dès le départ. On découvre les tenants et les aboutissants de l’organisation, son but initial et ses ambitions quant à l’avenir du clonage.

Rachel, une des clones en tête de l’organisation, dévoile d’autres aspects de sa personnalité.Malgré sa tension et ses rebondissements, Orphan Black s’est un peu ramollie par rapport à la première saison. Un épisode sur deux mérite les soubresauts des spectateurs. Les twists sont moins surprenants et toute l’intrigue est encore une fois trop centrée sur Sarah et Kira, qui dans cette incessante chasse à l’homme (ou au clone), tentent  d’échapper aux griffes de DYAD.

Avec son générique psychédélique, et ses musiques doucement angoissantes, parfois particulièrement stridentes, on s’installe dans un univers envoutant et énigmatique. Empruntant le coté sombre et inquiétant de Millenium, l’image est très contrastée et peu saturée.

On survole l’immoralité du clonage, quand une secte religieuse liée à l’organisation veut aussi s’essayer à des expériences inhumaines sur Helena. La série revient sur le lien étroit de la religion et la science, ce besoin de jouer à Dieu en manipulant les cellules.Toute la série se maintient grâce à l’actrice principale, surprenante, dans sa variation des costumes, des accents et des émotions. On est bluffé par le kaléidoscope des personnages qu’elle interprète. Particulièrement avec un nouveau clone pas comme les autres pour cette saison, un transgenre du nom de Tony.Fidèlement, on reste attaché aux autres doubles : Cosima, la scientifique lesbienne, dont la santé fragile devient la voute dramatique de cette saison. Allison, la mère au foyer, d’apparence coincée et propre sur elle, mais au caractère bien trempé, nous surprendra encore tout en nous amusant.

Helena enfin, psychopathe énigmatique et sincère, sera d’autant plus au cœur du récit, créant de nouveaux lien avec Sarah. Le personnage de Félix, toujours aussi pimpant et caractéristique dans son cliché du gay gothique, ne cesse de nous faire rire, au risque parfois de faire de l’ombre à l’actrice principale. Seul bémol dans les personnages, c’est celui de Delphine, la petite copine scientifique de Cosima, qui n’a toujours pas choisi dans quel camp se ranger et en devient très agaçante. De nouveaux personnages inattendus, dont le père biologique de Kira (interprété par le ténébreux Michiel Huisman, le nouveau Daario Naharis de Game of Thrones), vont faire leur apparition et les protéger au péril de leur vie.

Même si la seconde saison d‘Orphan Black semble moins passionnante, un peu embrouillée dans ces différentes couches d’intrigues, la qualité de la série reste inchangée. Une scène ou les clones dansent au son reggae (Water Prayer Rasta mix by Matt The Alien), et sont tous dans le même cadre, prouve l’effort de la production à prodiguer un divertissement de qualité.Grâce à un mélange mesuré de science-fiction et de thriller, on s’accroche à la suite, au rythme maintenu par les cliffhangers cruels, à chaque fin d’épisode. Une fin surprenante, inattendue, qui promet une saison 3, on l’espère, plus passionnante et plus approfondie. En escomptant surtout que la série de soit pas victime de son succès montant.

Fiche Technique: Orphan Black

Pays D’origine: Canada
Genre: Anticipation
Chaine De Diffusion: BBC America, Space
Crée Par: Graeme Manson, John Fawcett
Acteurs Principaux: Dylan Bruce, Jordan Gavaris, Kevin Hanchard, Maria Doyle Kennedy, Matt Frewer, Michiel Huisman, Peter Outerbridge, Tatiana MaslanyNombre et format des épisodes: 10*43 min1ère diffusion: 19 Avril 2014
Statut de la série: Renouvelée

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

Le Vertige : Méditation dupieusienne ou aberration cinématographique

Avec "Le Vertige", Quentin Dupieux pousse son cinéma de l'absurde jusqu'à la limite de l'arnaque. Entre méditation cartésienne et pur foutage de gueule, le film embarque Alain Chabat et Jonathan Cohen dans un doute existentiel : et si rien de ce que l'on voit n'était réel ? Mêlant animation et personnages dérivés de cette expérimentation esthétique rétro, cette expérience aussi terne que radicale ne fait pas rire, mais fascine par son obstination. Décryptage d'un vertige métaphysique signé Dupieux.

The Furious : aussi bon que con (et on adore)

Prenez "Taken", ajoutez-y une pincée de "John Wick", beaucoup de "The Raid" et de "City of Darkness", et vous obtenez "The Furious". Entre série B décomplexée et scènes d'action d'anthologie, on tient l'un des meilleurs films d'action de ces dernières années.

Le Dernier Vrai Samouraï : jidai-geki mon amour

Sur le mode de la comédie fantastique, Le Dernier Vrai Samouraï est une mise en abyme savoureuse : un vrai samouraï qui en côtoie des faux, interprétant une version romancée de son propre monde, devenu désuet et un sujet de spectacle. Derrière l’hommage à un genre cinématographique, Jun’ichi Yasuda veut surtout saluer les artisans oubliés du cinéma nippon. Il y a donc de multiples grilles de lecture dans ce film qui, par ailleurs, demeure distrayant, humoristique et parfois spectaculaire.

Disclosure Day : la face sombre de l’émerveillement

Presque 50 ans après "Rencontres du troisième type", Steven Spielberg revient à ses grandes énigmes du cosmos avec "Disclosure Day". Un thriller conspirationniste, porté par Emily Blunt et Josh O'Connor, qui déconstruit la science-fiction pour mieux interroger notre époque sur la désinformation, la dissimulation gouvernementale et la foi en l'humanité. Une réussite !

Scary Movie 6 : l’humour sans danger

Les Wayans voulaient canceller la cancel culture, offenser tout le monde à égalité et prouver que leur humour n'avait pas pris une ride. "Scary Movie 6" prouve exactement le contraire.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.

L’Affaire Laura Stern : le cri du silence

Plus qu'une fiction sur la vengeance, "L'Affaire Laura Stern" est une immersion sensorielle dans le "cri du silence" des victimes de violences et d'emprise. Une œuvre nécessaire qui déconstruit les mécanismes de la violence faite aux femmes pour en faire un combat collectif et politique. La série est diffusée sur France 2 en mars 2026 et disponible en streaming sur France Télévision.