Duel au Soleil : l’amour à mort débarque en Blu-ray chez Carlotta

Le 21 mars 2018 est sorti en vidéo le nouveau coffret ultra collector de Carlotta. L’éditeur a cette fois-ci dédié sa prestigieuse collection au Duel au Soleil de King Vidor, western où l’amour croise la mort dans les resplendissantes images en technicolor d’un ouest en plein bouleversement.

Synopsis : Après l’exécution de son père, condamné à mort pour avoir tué sa femme indienne et son amant, la jeune Pearl Chavez part s’installer chez les McCanles, qui seraient de riches cousins éloignés vivant au Texas. Sa peau métissée lui vaut de connaitre l’hostilité de certains et sa beauté d’attiser les tensions familiales, notamment entre les deux frères, Jesse et Lewt. Car l’aîné, brillant diplômé en droit, est aussi pondéré et intègre que le cadet, jeune voyou sans foi ni loi, est impulsif et passionné. Entre ces deux frères rivaux, Pearl va devoir choisir…

L’amour à mort

Duel au Soleil dépeint l’histoire tragique de la jeune Pearl, interprétée par Jennifer Jones. La tragédie se présente dès le début du film avec l’infidélité de sa mère, suivie de son assassinat par son propre père alors condamné à mort par pendaison. Elle arrive ensuite à la ferme des McCanles, censés être de lointains cousins. Métisse, Pearl est moquée par le « sénateur », patriarche raciste et borné de la famille. La jeune femme trouve un modèle de vertu en la mère de la famille. Elle la trouve aussi chez l’un des deux fils, Jesse, formé au droit et ne cherchant qu’à être juste avec son prochain, à l’inverse de Lewt, « trop gâté, trop écouté » (dixit la mère, puis le père), être impulsif, capricieux et voyou. Un jour, alors qu’elle a besoin de la présence de Jesse absent pour le bien commun, elle cède aux avances brutales de Lewt. Peu après, Jesse quitte la ferme sur l’ordre de son père qui a d’ailleurs dit à ses hommes d’abattre à vue son propre fils s’il revenait. C’est alors que la santé de la mère se dégrade. Quant à Pearl, la jeune femme est bouleversée par la perte à la fois brutale et progressive de ces personnes chères qui la guidaient vers la vertu et lui permettaient d’atteindre des objectifs de vie loin du banditisme de Lewt : l’apprentissage/l’enseignement, l’ouverture au monde, l’intégration… Alors Pearl cherche le réconfort avec Lewt. Parfois passionnée, souvent brutale et triste, la relation instable du duo ne fera que renforcer sa part de violence et de mélancolie amoureuse.

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Gare à Lewt, le voyou de la famille McCanles interprété par Gregory Peck.

Pearl perdra son futur époux, un gentil fermier abattu par Lewt. Puis la mère de la famille décède. Jesse revient alors et décide, avec le soutien de sa jeune fiancée, de sortir Pearl de ce milieu où règnent brutalité, communautarisme et obscurantisme. Lewt refuse de voir partir sa « girl« , qu’il considère comme étant sienne. Il tire sur son frère qui survit. Pearl, dans un élan de furie, décide d’abattre elle-même Lewt afin d’en terminer avec cet amour tordu. La tragédie de Pearl semble alors intrinsèquement liée aux hommes : sa malheureuse histoire est propulsée par la perte d’un homme cher mais qui a pêché, son père ; puis, le vertueux Jesse qu’elle a tant admiré, aimé et désiré épouser a été condamné à l’exil sinon la mort par son propre père ; ensuite, le gentil et modeste mari qu’elle allait épouser a été exécuté ; enfin, sa tragédie avec le genre masculin se terminera par sa mort et celle d’un autre homme qu’elle a aimé, non pas tout à fait volontairement mais dans un déchaînement de tristesse et de colère revancharde qui l’a conduit dans un cercle vicieux – absence ou présence insuffisante (inaction ou non concentration sur elle) de la figure vertueuse, tristesse/colère, passion, candeur, lucidité, colère, et à nouveau l’amour. Et cela, malgré tout le mal que Lewt a pu faire à elle et au « monde ».

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Pearl (Jennifer Jones) est parée pour le fameux « duel au soleil ».

Le fameux Duel au Soleil a donc lieu. Les deux amants sont fortement blessés l’un par l’autre. Leur dernier souffle sera aussi celui de leur amour. Pearl se traînera jusqu’à Lewt qui désira, pour dernière volonté, mourir en ayant sa bien-aimée dans les bras. Du début de leur relation (pour lequel l’utilisation du terme « viol » serait loin d’être une erreur de qualification) à la fin, la violence et l’amour se sont rencontrés dans un tumulte de passion et d’érotisme exposant la complexité psychologique et narrative du western romantique et romanesque qu’est Duel au Soleil.

« An other technicolor epic » – Daniel Selznick, fils de DOS

Le bouillonnement des émotions de Duel au Soleil ne concerne pas que nos personnages. En effet, on sort béat du visionnage du film tant les couleurs et la construction formelle du récit tiennent du génie. Un génie cinématographique que l’on doit au réalisateur King Vidor, mais aussi à William Dieterle, Joseph von Sternberg et d’autres, appelés par Selznick pour poursuivre la réalisation du film après le départ de Vidor. À ce propos, on vous encouragera à lire l’article du blog L’Oeil sur l’Écran dans lequel vous trouverez les pourcentages des parts estimées de réalisation directe par chaque réalisateur. Cette cinégénie, on la doit aussi et surtout à son producteur mégalo David O. Selznick qui a su s’entourer et gérer toute la conception de ce film auquel il tenait tant. S’il lui a souvent été reproché d’être trop présent sur le plateau, cela au point de provoquer le départ de ses réalisateurs (King Vidor ici, Victor Fleming hier, John Huston demain), cette grande épopée « du » et « en » technicolor qu’est Duel au Soleil n’aurait pu exister sans son chef d’orchestre aussi déterminé que passionné, Daniel O. Selznick.

Il faut enfin féliciter Carlotta pour l’édition du film dans une une copie formidablement remastérisée. Du côté de l’image comme du son, rien est à redire. On notera juste une légère instabilité visuelle de temps à autre. La (re)découverte de Duel au Soleil dans de telles conditions constitue une expérience enivrante et stupéfiante. Les deux bonus vidéo permettront d’en apprendre un peu plus sur la relation amoureuse difficile entre Jennifer Jones et David O. Selznick ainsi que sur Gregory Peck et son rapport au film, cela à travers les regards respectifs de Daniel Selznick et des enfants de GP. L’ensemble est complété par l’ouvrage Le Temps des Folies : la fabrique de Duel au Soleil de Pierre Berthomieu.

Bande-annonce – Duel au Soleil

Une Edition Unique Blu-ray + DVD + Livre 200 pages

#9 DE LA COLLECTION COFFRET ULTRA COLLECTOR

– Le film disponible pour la 1ère fois en France dans sa version roadshow (nouvelle restauration HD)

– Suppléments :

¤ Jennifer Jones / David O. Selznick raconté par Daniel Selznick

¤ Gregory Peck, le rebelle de Selznick dans Duel au Soleil

¤ Bande-annonce originale

¤ Bande-annonce teaser d’époque

– Le livre 200 pages : Le Temps des Folies : la fabrique de Duel au Soleil, écrit par Pierre Berthomieu

– Un visuel exclusif créée par Greg Ruth, dessinateur et écrivain célébré aux États-Unis

Prix de vente conseillé : 50.16 e

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A NOTER : le film est également disponible en éditions single Blu-ray & DVDduel-au-soleil-visuel-du-blu-ray-carlotta

Prix de vente conseillé : 20.06 e

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES Blu-ray

Master Haute Définition – 1080/23.98p – Encodage AVC – Version originale / Version française DTS-HD Master Audio 1.0 – Sous-titres français – Format 1.33 respecté – Couleurs – Durée du film : 144 mn

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD

PAL – Encodage Mpeg-2 – Version originale / Version française Dolby Digital 1.0 – Sous-titres français – Format 1.33 respecté – Couleurs – Durée du film : 138 mn

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