Mazinger Z Infinity de Junji Shimizu : fête de méchas endiablés

Avec ses combats titanesques et ses interrogations existentielles, Mazinger Z Infinity plaira aux inconditionnels du genre et pourrait permettre à certains profanes du genre de découvrir un monde animé à la grandiloquence épanouie.

Au regard de Mazinger Z Infinity, dont le personnage de Mazinger Z fête les 45 ans de création, les spectateurs que nous sommes se croiraient sur le canapé de la maison familiale en train de regarder un épisode de Goldorak durant le club Dorothée. Tout cela ne nous rajeunit pas mais le plaisir reste intact. Certes, avec ses personnages déjà caractérisés, son univers ample, ses enjeux mondiaux et son dialecte technologique qui lui sont propres, le film de Junji Shimizu pourrait parler à un public de connaisseurs, notamment ceux de Goldorak et de Mazinger Z. Sauf que derrière cette mécanique, déjà plus ou moins bien huilée, Mazinger Z Infinity ne révolutionne pas le genre et s’inscrit dans cette veine héroïque des films d’animations mettant en scène des combats entre méchants.

Loin d’avoir l’atmosphère crépusculaire et dépressive d’un Neon Genesis Evangelion, Mazinger a un parfum des années 1980 tant dans ses dessins et le découpage de ses scènes d’actions aériennes et explosives que durant ses plages d’expositions où les personnages dérivent sur eux-mêmes. Même si parfois, le contexte peut parfois paraître inconnu pour les néophytes, voire brouillon avec ses multiples strates de récit (les multiples dimensions etc…), le film traite de nombreux sujets et brasse un éventail assez large de combats pour que l’intrigue devienne rapidement limpide : le duel entre ceux qui veulent protéger la Terre et ceux qui veulent la détruire ou s’en emparer, le questionnement sur l’être humain et sa place face à la science, l’héroïsme de tout à chacun et le plaisir d’une vie, les traumatismes japonais .

Dès lors Junji Shimizu arrive à rendre lisible mais complexe un récit qui aurait pu être très vite incompréhensible pour un film qui prend les allures de conclusion d’une saga. Les rouages du film sont à la portée de tous mais les antécédents entre les personnages et le background de chacun nous sont plus ou moins méconnus : à ce moment-là, la barrière du langage cinématographique devient forte et l’empathie se rapproche du zéro. De ce postulat, on peut se demander à qui s’adresse la distribution d’un tel film ? Notamment avec cette exploitation en salle de manière totalement isolée.

La réponse n’est pas évidente : et à l’image du film, qui, si on n’est pas fin connaisseur de la saga, voit l’intérêt du spectateur  décroître au fur et à mesure des minutes. Mazinger Z ne démérite pas et offre un spectacle qui pourrait ravir au plus grand nombre, aux petits comme aux grands, avec ces batailles épiques et ses « robots géants » à l’iconisation guerrière terrassante. Malgré ses personnages un peu transparents et ses sous-couches de récit, Junji Shimizu arrive à joindre les deux bouts avec une œuvre généreuse.

Synopsis : Dix ans sont passés depuis que Kôji Kabuto (Alcor), aux commandes du super robot Mazinger Z, créé par son grand-père, a ramené la paix en combattant l’Empire des Ténèbres et le maléfique Dr Hell. Aujourd’hui, Kôji Kabuto n’est plus pilote, il a pris le chemin de son père et grand-père en devenant scientifique. A l’occasion de ses recherches, il découvre une structure gigantesque profondément enterrée sous le mont Fuji. Il détecte de mystérieux signes de vie. Il s’en suit de nouvelles rencontres, de nouvelles menaces et bientôt, un nouveau destin pour l’humanité. Kôji Kabuto doit prendre une décision pour l’avenir : Dieu ou Démon, il lui faut choisir. Une nouvelle fois, c’est à MAZINGER Z que revient la lourde charge de sauver le monde.

Bande Annonce : Mazinger Z Infinity

Fiche Technique : Mazinger Z Infinity

Titre original : Mazinger Z Infinity
Réalisateur : Junji Schimizu
Scénario : Takahiro Ozawa
Musique : Toshiyuki Watanabe
Distribution (France) : Eurozoom
Durée : 90 min.
Genre : film animation
Date de sortie : 22 Novembre 2017

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