Mon Poussin, un film de Frédéric Forestier : Critique

Alors que nous aurions pu avoir une comédie du même calibre que Tanguy et Papa ou Maman, Mon Poussin se montre beaucoup trop gentillet et n’exploite quasiment pas son concept pour amuser convenablement le public.

Synopsis : Pour Vincent, 18 ans, c’est le drame. En effet, sa petite amie Elina le largue du jour au lendemain, le laissant inconsolable et dépressif. Pour lui faire passer ce chagrin d’amour, ses parents décident de lui faire suivre un traitement de choc. Une sorte de cure de désintoxication qui commence par lui faire croire qu’Elina n’est pas si exceptionnelle que cela…

Une comédie beaucoup trop gentillette pour amuser

Ne pas apprécier une comédie, passée l’hécatombe de Bad Buzz, serait du chipotage pur et dur. Pourtant, même en essayant d’être le moins difficile possible, le fait que le cinéma français ne nous gâte pas dans ce domaine depuis pas mal de temps (et en particulier en cette année 2017) nous empêche de fermer les yeux sur les divers titres sortant en salles. La plupart de ces derniers usant de concepts scénaristiques sympathiques sur le papier mais ne se contentant que du strict minimum pour exister. Comme l’exemple de cette semaine, Mon Poussin, un film réalisé par Frédéric Forestier. Rien que le nom du cinéaste, si l’on connaît les précédents longs-métrages du bonhomme, nous annonce la couleur : Le Boulet, Stars 80 et surtout l’inoubliable – dans le mauvais sens du terme – Astérix aux Jeux Olympiques. Avec ces projets au compteur, il y avait déjà de quoi appréhender Mon poussin. Et le résultat final ne viendra malheureusement pas atténuer nos craintes….

En y regardant de plus près, le film avait une idée qui, si elle avait été exploitée correctement, aurait très bien pu se ranger aux côtés de Tanguy et de Papa ou Maman. Et pour cause, Mon Poussin partait sur les mêmes bases, celle d’user d’un fait familial (ici, le premier chagrin d’amour d’un des enfants) qui va pousser les parents à se lancer dans des méthodes plus que radicales pour améliorer la situation. Mais, contrairement à ses aînés, Mon Poussin n’ose pas s’aventurer dans le trash et dans le politiquement incorrect. Alors qu’il aurait très bien pu proposer des gags et autres situations comiques dans lesquels l’adolescent est véritablement maltraité par le couple Nanty/Martin-Laval (comme le coup des vis de la barre de seuil dans Tanguy), le long-métrage se contente de ce qui est déjà révélé dans la bande-annonce : des insultes et des claques. Ni plus ni moins ! Ou encore de moments déjà éculés maintes et maintes fois dans la comédie française, tant que cela en devient rébarbatif et sans surprise.

Et le plus hallucinant, c’est que Frédéric Forestier, tout fier de nous livrer un nouveau long-métrage, ne sait pas quoi faire de son postulat. En effet, après quelques blagues sur le chagrin d’amour, il décide d’y mettre un terme en plein milieu du film (l’adolescent se remettant avec sa copine) pour finalement se tourner vers les parents, en plein break. Dès lors, nous avons la preuve que le réalisateur/scénariste ne savait pas quoi raconter ni proposer avec Mon Poussin, dérivant en un quart de seconde vers la comédie de couple mille fois vue. Celle qui se prête à des séquences ne sortant nullement de l’ordinaire (le croisement des deux parents au restaurant avec leur prétendant respectif) ou bien se risquant dans du trash ridicule, qui se résume ici en une série de défis (boire du parfum, manger des mégots, arrachage de poils à la cire…). Tout en se finissant, bien entendu, sur un happy end expédié à la va-vite.

Fort heureusement, nous pouvons compter sur le couple Nanty/Martin-Laval pour arracher quelques sourires, ainsi que sur la présence du jeune Thomas Solivéres, pour assurer le spectacle. Bien qu’ils ne soient pas au top niveau et que le côté trop gentillet du scénario ne leur permettent pas de se lâcher, les acteurs parviennent tout de même à transmettre leur bonne humeur. Leur entente si communicative et le plaisir qu’ils ont à se trouver là arrivent aux spectateurs à passer un agréable moment et surtout à ne pas s’ennuyer malgré l’aspect déjà-vu de l’ensemble. Il est vrai que cela ne fait pas remonter Mon Poussin dans notre estime mais, au moins, cela fait passer la pilule avec beaucoup plus de facilité et moins de chipotage.

Cela n’empêche cependant pas le ressenti que nous avons en sortant de la salle. Celui d’avoir eu une énième comédie française qui ne se foule pas du tout pour amuser la galerie et qui risque fort de passer aux oubliettes en seulement quelques jours d’exploitation. Beaucoup trop simpliste et conventionnel, Mon Poussin n’est juste qu’une petite récréation pour ses acteurs, une perte de temps de plus pour les spectateurs. Pour le prix de la comédie de l’année 2017, ce n’est toujours pas avec ce titre que nous trouverons notre bonheur…

Mon Poussin : Bande-annonce

Mon Poussin : Fiche technique

Réalisation : Frédéric Forestier
Scénario : Frédéric Forestier  et Romain Protat
Interprétation : Isabelle Nanty (Cléa), Pierre-François Martin-Laval (Harold), Thomas Solivéres (Vincent), Manon Valentin (Eloïse), Leslie Medina (Elina), Jean-Michel Lahmi (Paul), Nathalie Kanoui (Johanna), Elisa Sergent (Auriane)…
Photographie : Jean-Paul Agostini
Costumes : Lisa Korn
Montage : Thibaut Damade
Musique : Matthieu Gonet
Producteur : Mikaël Abecassis
Productions : TF1, TF1 Films Productions, TF1 Droits Audiovisuels, C8, Canal+, Ciné+, Les films du 24, UGC, Soficinéma 12, Sofica UGC 1 et La Banque Postale Image 9
Distribution : Sony Pictures Releasing
Durée : 97 minutes
Genre : Comédie
Date de sortie : 28 juin 2017

France – 2017

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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