Dream Boat, un film de Tristan Ferland Milewski : Critique

En ce début de saison estivale, le spécialiste du documentaire, Tristan Ferland Milewski, s’est invité à bord d’une croisière exclusive, rythmée par les couleurs de l’arc-en-ciel : le Dream Boat. Une excursion en autarcie face au monde extérieur.

Synopsis : Pendant une semaine, 3 000 hommes se retrouvent à bord d’une croisière exclusivement gay. C’est l’occasion pour eux de se laisser porter par la vie, loin des regards inquisiteurs et des contraintes du monde extérieur.

Une vague de liberté

« On devrait peut-être se construire une île pour y vivre. » Dream Boat.

dream-boat-drapeauxDepuis plusieurs semaines a lieu dans la plupart des grandes villes françaises, la marche des fiertés, communément appelée la Gay Pride. Loin de la dimension populaire de cet évènement, Tristan Ferland Milewski dépeint avec un profond dynamisme, un portrait journalier de cinq homosexuels, venus se divertir lors d’une croisière leur étant exclusivement réservée.

Dream Boat, c’est avant tout un rendez-vous.  C’est un lieu de festivités, bien loin des préjugés et autres critiques homophobes. C’est un endroit de rencontres, sentimentales ou amicales. C’est un coin, au beau milieu de la Méditerranée, où sommeille un brin de liberté. Mais Dream Boat, c’est surtout une croisière cosmopolite. Que ce soit sur l’apparence de ces hommes ou sur les motivations qui les ont amenés à prendre le large, la diversité dans l’unité apparaît comme étant le maître mot de ce voyage. Cinq hommes, cinq nationalités et cinq personnalités : Marek, un Polonais à l’apparence superficielle, Dipankar, un Indien à la personnalité marquée par la solitude, Philippe, un Français s’excluant socialement en raison de son handicap, Ramzi, un Palestinien devenu Belge, suite aux persécutions liées à son homosexualité, et enfin, Martin, un Autrichien éperdument habité par la soif de vivre. Leurs histoires personnelles les opposent, et pourtant, tous rêvent du même mot : liberté. En insistant sur la diversité culturelle de ces hommes, Tristan Ferland Milewski a tenté de montrer que chaque pays construit son propre regard face à la question de l’homosexualité. De la tolérance à l’intransigeance, ce documentaire dresse l’état de la situation de nos jours, c’est-à-dire dans un monde qui se dit pourtant évolué. Dream Boat, se révèle être un huis clos pailleté, loin des diktats perpétrés par la société. 

De la fête à la confidence 

« Je suis gay, j’ai pas eu le choix, j’ai eu de la chance. » Dream Boat.

dream-boat-afficheDans ce documentaire coproduit par Arte, Tristan Ferland Milewski s’est intéressé à la question des microcosmes. Pendant sept jours, ces hommes s’excluant volontairement du monde extérieur, espèrent une chose : former le temps d’une semaine, un groupe social détaché du reste de la société. Mais quelles conclusions espèrent-ils en tirer ?

À en croire la bande-annonce, on pourrait s’attendre à ce que Dream Boat soit une réalisation principalement centrée sur la thématique de l’excès, c’est-à-dire festif et sexuel. Le trailer est pourtant trompeur puisque cet aspect est, en réalité, volontairement relégué au second plan. À travers son documentaire, Tristan Ferland Milewski n’a pas souhaité s’attarder sur le quotidien à proprement parler de la communauté gay. Son principal objectif a été d’aborder, avec finesse, des sujets intimement liés à la question de l’homosexualité. La séropositivité, la religion, le rapport à la famille, ou encore l’affirmation de soi, apparaissent comme des questionnements centraux. Personnels et universels, ils sont révélateurs des inégalités constantes et des préjugés qui persistent à l’intérieur de notre société. Même si ces sujets sont appréhendés de manières différentes chez chacun de ces cinq hommes, il est indéniable que ces derniers renforcent leur sentiment d’isolement. Dream Boat apparaît dès lors comme un voyage formateur, une odyssée permettant de sonder le cœur de chacun.

À la fin de ce documentaire, une morale se dévoile : même au sein d’un groupe en apparence en harmonie, la solitude peut survenir.

« Je veux profiter de la vie. Et c’est ça que j’appelle l’amour. L’amour de la vie. » Dream Boat.

Dream Boat : Bande-annonce

Dream Boat : Fiche technique

Réalisateur : Tristan Ferland Milewski
Genre : Documentaire
Distributeur : KMBO
Producteur : Christian Beetz
Nominations : Teddy Award for Best Documentary
Date de sortie : 28 juin 2017
Durée : 95 min

Allemagne – 2017

 

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Megane Bouron
Megane Bouronhttps://www.lemagducine.fr/
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