Dragon Ball Full Color – Les Saiyans : nouveaux horizons

Les Saiyans, nouvel arc de Dragon Ball Full Color, commence avec l’arrivée de Raditz sur Terre. Akira Toriyama ne se contente pas d’introduire un nouvel ennemi : il va questionner l’identité même de Sangoku, nouer une nouvelle alliance avec Piccolo et ouvrir une ère où l’héritage du sang rivalise avec la puissance des poings. 

Raditz. Une apparition brutale dans un monde que Dragon Ball avait jusque-là façonné à coups de tournois, d’humour et de folklore aventureux. En quelques pages, l’équilibre déjà fissuré avec le Démon Piccolo se dissout irrémédiablement. Akira Toriyama y va même de sa révélation, vertigineuse : Sangoku n’est pas le héros candide élevé sur Terre que l’on croyait ; il est un Saiyan, membre d’un peuple de conquérants désireux de dominer l’univers. Pire encore, Raditz est son frère. Celui va kidnapper Sangohan est donc du même sang que le sauveur de l’humanité dont on suit les aventures depuis le commencement.

Face à Raditz, l’impensable se produit : Sangoku et Piccolo décident d’unir leurs forces pour vaincre cet ennemi commun qui menace la planète tout entière. Cette alliance de circonstances est l’un des grands basculements narratifs en cours dans le tome – et qui produira des effets à long terme. La mort de Sangoku, événement encore inimaginable quelques chapitres plus tôt, scelle la gravité nouvelle de Dragon Ball. Le héros disparaît, et avec lui une certaine idée de l’insouciance. Tandis qu’il entame son voyage vers Maître Kaio, Piccolo hérite de Sangohan, qu’il prend sous son aile. Là encore, quelque chose est en gestation : on le sait, les deux protagonistes vont développer une affection réciproque qui va irriguer tout le reste de la série.

Il y a enfin cette dernière nouveauté à mentionner : deux autres Saiyans, Vegeta et Nappa, apparaissent pour la première fois à l’image. En quelques cases, Akira Toriyama élargit significativement l’échelle du récit. Ce n’est plus seulement la Terre dont il est question, mais bien l’univers dans son intégralité, puisque ces guerriers de l’espace déciment volontiers les peuples extraterrestres. Goku a été envoyé sur Terre pour une raison bien précise. Si sa nature ne s’est pas exprimée comme elle l’aurait dû, le lecteur peut néanmoins mesurer quel monde alternatif il aurait pu occasionné. 

Ce premier tome de Dragon Ball Full Color – Les Saiyans s’enrichit de couleurs qui confèrent un nouveau souffle au manga. Il est très appréciable de redécouvrir le travail de Toriyama dans un format plus généreux et avec une palette chromatique qui accentue le spectacle, les nouvelles attaques et rend ô combien tangible la fin de l’innocence. 

Dragon Ball Full Color – Les Saiyans, Akira Toriyama 
Glénat, 21 janvier 2026, 248 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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