Barbara Barbara, we face a shining future : sculpture au laser

Peu de gens le savent, mais Underworld a, depuis son hymne Born Slippy, titre fédérateur de l’époque dancefloor des années 90, produit ce qui se fait de mieux dans l’electronica britannique. Leur avant-dernier album, Barbara Barbara, We Face a Shining Future, se place sans difficulté dans le meilleur de leur production discographique. Mix harmonique dans un appareillage inspiré : l’album opère des formules élégantes, façon haute couture, avec ses synthés évanescents, ses pulsations douces et stimulantes, et ses beats qui savent prendre leur temps sans jamais tomber dans la cacophonie éprouvante.

Martial, mordant, I Exhale donne à Karl Hyde la prestation la plus corrosive de l’album, avant le titre If Raf, parfois acéré, à travers des sons aux textures qui savent se faire désirer. Mais c’est le troisième morceau qui fait sans aucun doute briller l’album, dans un tour de force éblouissant. Quelque chose se réveille dans la nuit, Low Burn. Le début évoque un effet de soulèvement somptueux, à travers les murmures de Karl Hyde, ses nappes de synthé qui grondent et sa ligne de basse irrésistible, qui devient galopante. Déflagration. La mélodie vocale, totalement captivante, se répète en boucle et fait autorité dans un pouvoir d’évocation impressionnant. Les trompettes synthétiques imposent à l’ensemble un style cinématographique, à travers des percussions chaque fois plus efficaces et régénératrices. On se retrouve le souffle coupé, à moitié par terre. Santiago Cuatro permet de reprendre de la respiration dans un intermède analogique aux accents orientaux. Motorhome, hallucinogène, est la dernière étape avant une nouvelle tournure à la philosophie profondément « feel good ». L’ambiance est très aérienne et minimaliste dans Ova Nova, avec ses cordes élégantes, son acoustique légère et la voix duveteuse de Karl Hyde, tandis que pour le final, Nylon Strung, l’effet est instantanément efficace et séduisant. Son mixage dense provoque un formidable état de jubilation et invite l’auditoire à de perpétuelles frénésies conviviales. C’est un sentiment de bien-être qui perdure après une écoute entière de l’album. Une puissante envie de liberté.

Excellente nouvelle : le duo Karl Hyde/Rick Smith démontre que leur groupe Underworld sait encore générer une musique progressive fluide, parfois émouvante, parfois lyrique et ample avec, comme fil conducteur, la célébration de la vie.

« Time
The first time
Blush
Be bold
Be beautiful
Free
Totally, unlimited »

Note des lecteurs3 Notes
4

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Oka Liptus
Oka Liptushttps://www.lemagducine.fr
Le raffinement, la sophistication de la langue française sont ma plus grande histoire d'amour. J’essaie autant que je peux d’en faire part dans mes critiques. Spécialiste des films classiques, car je suis un vieux ringard, qui estime que c’était mieux avant. Le cinéma est une industrie, et parfois, un art. Je tente de mettre l’art en avant. Un grand réalisateur a dit un jour que le quotidien serait ennuyeux à filmer. C’est tout l’objectif du cinéma : magnifier, passer des messages forts et, parfois, nous restituer la logique flottante des rêves.

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John Williams, David Holmes, Dupieux : trois musiques de films qui brouillent les pistes

Avec Disclosure Day, The Christophers et Le Vertige, John Williams, David Holmes et Franck Lascombes signent trois partitions où la musique ne dit plus seulement le film : elle déplace la question de l’auteur, de la signature et de l’identité sonore.