« Olive » : l’intégrale à découvrir aux éditions Dupuis

L’intégrale de la série Olive, signée par le tandem Véro Cazot et Lucy Mazel, paraît aux éditions Dupuis. L’œuvre, qui se déployait à l’origine en quatre tomes, offre une immersion dans l’univers complexe et poétique d’une adolescente atypique. Elle aborde les thèmes de l’introspection, de la résilience et des liens invisibles qui unissent les êtres humains. 

Dès le premier tome, le lecteur est plongé dans le monde intérieur d’Olive, un espace mental unique où les couleurs et les formes défient les lois de la réalité. Lucy Mazel crée un univers visuel impressionnant, où chaque élément semble refléter l’état émotionnel de l’héroïne. Ce monde imaginaire, composé de lacs salés aux teintes flashy, de cieux orangés et de créatures fantastiques, est pour Olive un refuge contre un quotidien qu’elle trouve difficilement supportable. La représentation graphique de ce monde intérieur est à la fois captivante et déstabilisante, marquant le contraste entre l’imagination débridée d’Olive et la rigidité du monde réel.

Cependant, cet équilibre fragile est perturbé par deux événements majeurs : l’apparition d’un mystérieux astronaute dans son univers intérieur et l’arrivée de Charlie, une colocataire imposée par sa mère. Si l’astronaute remet en cause le contrôle qu’Olive exerce sur son monde imaginaire, Charlie bouleverse sa routine quotidienne. Bavarde, extravertie, Charlie est tout ce qu’Olive n’est pas, rendant leur cohabitation difficile. Ces tensions traduisent le malaise adolescent, un thème central de la série, tout en jetant les bases d’une intrigue complexe qui se déploiera au fil des tomes.

Dans le deuxième tome, Olive commence à s’ouvrir au monde extérieur, poussée par la nécessité de retrouver l’astronaute Lenny Popincourt, dont la présence énigmatique hante son esprit. La relation entre Olive et Lenny est complexe : bien qu’il semble être un intrus dans son univers, Lenny partage avec elle des éléments de son monde intérieur, suggérant un lien profond et mystérieux entre eux.

Cette quête de Lenny devient un catalyseur pour Olive, la poussant à interagir davantage avec Charlie, qui devient un soutien indispensable. La dynamique entre les deux adolescentes évolue, tout en maintenant une certaine tension due aux difficultés sociales d’Olive. Ce tome approfondit également le passé d’Olive, révélant des secrets familiaux qui viennent éclairer certains des mystères posés dans le premier tome. La richesse visuelle des planches, toujours aussi éclatante sous le trait de Lucy Mazel, continue de sublimer ce récit entre réalité et fiction.

Le troisième volet de la série pousse Olive à sortir de sa zone de confort de manière encore plus drastique. Pour sauver Lenny, elle doit entreprendre un voyage périlleux en Sibérie, un environnement hostile où le froid et les dangers naturels mettent à l’épreuve sa détermination. Ce voyage représente une métaphore du dépassement de soi, un thème récurrent dans la série.

Loin de ses repères habituels, Olive montre une force insoupçonnée, déterminée à secourir celui avec qui elle partage un lien inexpliqué. Ce tome marque également un tournant dans l’amitié entre Olive et Charlie, leur relation atteignant une nouvelle profondeur. Les paysages enneigés de la Sibérie sont magnifiquement rendus par Lucy Mazel, qui parvient à capturer la beauté froide et impitoyable de cette région du monde, tout en conservant la poésie et la chaleur des planches dédiées au monde intérieur d’Olive.

Le quatrième et dernier tome conclut avec brio cette série en offrant des réponses aux mystères qui ont jalonné le parcours d’Olive. Les révélations sur Lenny Popincourt sont poignantes et éclairent d’un jour nouveau les événements des tomes précédents. Ce dernier acte est aussi celui de l’acceptation : Olive, qui a dû affronter tant d’épreuves, parvient à s’ouvrir véritablement aux autres, notamment à Charlie, dont l’amitié s’avère être une source de force inestimable.

Olive, dans son intégralité, est bien plus qu’une simple série de bandes dessinées sur l’adolescence et ses défis. C’est une exploration sensible et nuancée de l’identité, de l’amitié et de la quête de soi. Véro Cazot et Lucy Mazel ont su créer un univers où le fantastique se mêle à la réalité, avec une telle fluidité qu’il devient difficile de distinguer l’un de l’autre. Cette série, remarquablement écrite et illustrée, est à découvrir sans attendre. Cette intégrale en est l’occasion. 

Olive, l’intégrale, Véro Cazot et Lucy Mazel 
Dupuis, août 2024, 224 pages

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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