« Le Grand Livre de la F1 » : le vadémécum de la Formule 1

Les éditions Marabout publient Le Grand Livre de la F1, de Jean-Louis Moncet, Alain Pernot et Johnny Rives. Beau-livre richement illustré, doté d’un grand format de 250mm X 245mm, l’ouvrage, encyclopédique, témoigne avec force détails de l’évolution de la compétition automobile reine.

L’acte de naissance de la Formule 1 remonte à l’année 1950, avec le Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone. Le monde d’après-guerre trouve dans le sport automobile un symbole de progrès et d’excellence. La Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) codifie alors les règles d’une nouvelle compétition et pose les fondations d’un championnat mondial où se mesureront les plus grands constructeurs et les meilleurs pilotes. Le Grand Livre de la F1 revient d’ailleurs abondamment sur ces derniers. Regroupés dans un « Hall of Fame » qui n’a jamais aussi bien porté son nom, Niki Lauda, Ayrton Senna, Alain Prost, Juan Manuel Fangio ou encore Michael Schumacher ont tous droit à un focus les mettant à l’honneur.

« Doté d’un sens de la résilience hors du commun », Niki Lauda reprend la course six semaines à peine après un grave accident qui lui a brûlé une partie du visage. Michael Schumacher, décrit comme « un pilote imbattable et un ogre sans pitié », serait mu par « un pragmatisme de tous les instants ». Concernant Senna, au-delà de la grande rivalité avec Prost, les auteurs rappellent qu’il a été biberonné aux karts dès le plus jeune âge. Juan Manuel Fangio, l’Argentin aux cinq titres mondiaux, incarne quant à lui mieux que personne la première ère des titans. Le Grand Livre de la F1 est ainsi, en premier lieu, une grande aventure sportive et humaine, qui s’est articulée autour d’une constellation de champions que Jean-Louis Moncet, Alain Pernot et Johnny Rives présentent successivement.

Mais la mécanique n’est pas en reste. Les véhicules de course, cœur battant de la Formule 1, ont subi des transformations stupéfiantes au fil des années. Des premiers moteurs post-guerre aux ailerons en passant par les pneus ou les unités de puissance hybrides d’aujourd’hui, la quête de vitesse, de sécurité et d’efficacité a remodelé leur ADN. L’aérodynamisme, la gestion des pneumatiques, les systèmes de récupération d’énergie : chaque composante a été réfléchie, soupesée, testée, puis réinventée. Cette évolution est le fruit d’une alchimie entre ingénieurs visionnaires, pilotes concernés et réglementations évolutives, visant un équilibre entre le spectacle et la sécurité. Parallèlement, la Formule 1 s’est adaptée à un monde de plus en plus globalisé, explorant de nouveaux territoires, que ce soit sur le plan géographique avec des circuits aux quatre coins du monde, ou digital, avec une présence renforcée sur tous les médias.

Ce sont d’ailleurs les retombées médiatiques grandissantes de la Formule 1 qui vont attirer les grands constructeurs généralistes. Et au même moment, dans les années 1980, une bataille autour des droits commerciaux de la F1 se fait jour ; la FOCA menace même de créer un championnat parallèle. L’ouvrage livre ainsi une vision panoramique de ce sport. Il en présente la face solaire : c’est au Grand prix de France que Jacky Ickx signe la première victoire d’une monoplace équipée d’ailerons. Mais aussi les côtés plus sombres : les accidents mortels d’Ayrton Senna ou de Gilles Villeneuve, par exemple. Parallèlement est présentée l’évolution technique de la F1 à chaque décennie, les enjeux liés aux pneumatiques (« le lien incontournable entre la machine et la piste ») ou encore le moteur turbo F1, dont les débuts ont lieu en 1977 au Grand prix de Grande-Bretagne.

Complet, très documenté, manifestement aussi passionné que passionnant, Le Grand Livre de la F1 est une évocation parfois vertigineuse de l’histoire de la Formule 1. Les auteurs en décryptent les rivalités, les dispositifs mécaniques, les règlementations, pour mieux contextualiser les grands exploits qui jalonnent leur ouvrage. 

Le Grand Livre de la F1, Jean-Louis Moncet, Alain Pernot et Johnny Rives 
Marabout, novembre 2023, 288 pages

Note des lecteurs0 Note
4.5

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : l’ennemi de la Résistance

"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.

Maspalomas : au Nord-Est d’Eden

Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz. 

Des Minons et des monstres : Banana Boulevard

"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.

Toy Story 5 tire la corde vers l’infini et au-delà

"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

Quelle place pour les super-héros dans le cinéma hollywoodien contemporain ?

Sébastien David et Hélène Valmary dirigent aux PUR un ouvrage collectif intitulé Les super-héros dans le cinéma hollywoodien contemporain. Ce dernier prend le blockbuster au sérieux : plus qu'un produit industriel ou le symptôme patenté de l’hégémonie Marvel, le super-héros y est analysé comme carrefour de formes, de gestes, de sons, de corps ou encore de croyances. Un laboratoire où le cinéma contemporain rejoue, parfois malgré lui, toute une histoire des images.

« Les Trois Maisons de Michel Foucault » : les demeures de la pensée

Avec "Les Trois Maisons de Michel Foucault", les Presses universitaires de Rennes prennent le parti d'explorer le philosophe français à travers Poitiers, Vendeuvre et Verrue. Le livre transforme ces lieux de vie en véritables chambres d’écho de son œuvre. Une manière singulière, remarquablement incarnée, d’approcher une pensée souvent réduite à ses concepts les plus célèbres.

Léa Lahannier dans les entrailles du cinéma d’horreur français

Avec "Au bord de l’abîme : où en est le cinéma d’horreur français ?", Léa Lahannier entreprend un état des lieux du genre horrifique hexagonal. Elle en exhume la mémoire cinématographique, les motifs, les contradictions et les métamorphoses. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.