« La Capitale de l’humanité » : utopie oubliée

Dans La Capitale de l’Humanité, Jean-Baptiste Malet nous plonge au cœur d’une utopie méconnue du début du XXe siècle : la construction d’une ville destinée à devenir le centre mondial de communication et le symbole d’une ère de paix universelle. Grâce à une enquête minutieuse, l’auteur retrace l’histoire fascinante de cet ambitieux projet, porté par des visionnaires de la Belle-Époque.

En automne 2014, dans une vieille bibliothèque romaine, Jean-Baptiste Malet tombe par hasard sur un livre datant de 1913 et renfermant les plans d’une mystérieuse capitale mondiale. Intrigué par ce projet qui lui est alors inconnu, il entame une longue et haletante investigation qui le mènera à travers plusieurs pays, dont l’Italie, la France, les États-Unis et la Grèce. Riche en découvertes, sa quête révèle l’engouement des pacifistes de l’époque pour une idée révolutionnaire que Malet décide aussitôt de documenter.

Trois figures centrales émergent de cette aventure : Hendrick Andersen, sculpteur et utopiste norvégien ; Olivia Cushing Andersen, Américaine spiritualiste au parcours cosmopolite ; et Ernest Hébrard, architecte français visionnaire. Ensemble, ils conçoivent le plan d’une cité idéale. Jean-Baptiste Malet va explorer la complexité de leurs relations, leurs ambitions et leurs rêves d’un monde uni et pacifié.

Le Centre mondial est conçu dans le double dessein de célébrer les vertus hygiéniques tout en magnifiant la beauté. La cité envisagée devait se structurer autour de trois piliers fondamentaux : l’épanouissement physique, l’exploration scientifique et l’exaltation artistique. Le Centre mondial, dont le détail nous est livré, se voulait un modèle de rationalité dans son agencement. Il devait regrouper les expositions universelles, les Jeux olympiques et les grandes institutions internationales, dans un objectif de communion, de fraternité et de paix. Le Roi Albert 1er, favorable au projet, espérait que Bruxelles accueille l’initiative. L’Histoire en a décidé autrement, même si deux lieux s’en inspirent plus ou moins directement.

Jean-Baptiste Malet contextualise le projet dans la Belle-Époque, une période marquée par un optimisme technologique et des idéaux pacifistes. Il dresse le portrait d’une société convaincue que le progrès et la communication mèneraient à l’unité de l’humanité. Cette toile de fond historique permet une plus juste appréhension des motivations qui se cachent derrière cette cité utopique.

Les recherches de l’auteur interrogent en creux notre rapport au progrès et à l’idéal. À travers la vie de ses protagonistes et le destin empêché de leur projet, La Capitale de l’Humanité nous invite à réfléchir sur les rêves d’hier et les potentialités humaines. Cette histoire oubliée, narrée comme un roman, est très bien documentée (presse de l’époque, archives, sources directes), et nous reconnecte à un passé reconstitué fait d’idées progressistes censées jeter des ponts entre les peuples.

La Capitale de l’Humanité, Jean-Baptiste Malet
J’ai lu, février 2024, 384 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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