Scream VI : Le couteau le plus aiguisé du tiroir ?

On ne l’attendait pas, du moins certainement pas si tôt après le cinquième opus de la saga. Oui, le dernier Scream sortait il y a tout juste un an dans nos salles. Et un délai aussi court entre deux productions, ça ne présage rien de bien transcendant. D’autant que le cinquième épisode, sorte de soft-reboot, n’a pas convaincu tous les fans de la franchise. On craignait le film de la paresse, n’existant que pour capitaliser sur le succès d’une licence culte. Alors, craintes justifiées ?

A New York, personne ne te verra mourir

Exit Sidney Prescott et faites place aux sœurs Carpenter, nouvelles héroïnes principales de la saga, introduites dans le dernier opus. Difficile de rater Jenna Ortega (Tara) que la totalité d’Hollywood s’arrache depuis un an. Toutefois, c’est bien sur le personnage de Melissa Barrera que le long métrage se concentre.  Une année après les évènements traumatisant de Scream, Sam vit avec le spectre de ses angoisses, un fantôme qui refuse de la quitter. Tara, elle, décide de croquer la vie à pleines dents. La jeune fille se force à reprendre le cours des choses et souhaite laisser le sang derrière elle. Vous vous en doutez, changer de ville ne servira à rien pour les deux sœurettes, car la mort n’a pas encore terminé de jouer avec elles.

Passée une introduction assez surprenante, Scream VI remplit toutes les cases de la saga : des personnages débiles (pour la plupart) qui prennent des décisions stupides, un Ghostface toujours aussi joueur et un côté méta encore très prononcé. Enfin, tout ceci mène inévitablement à la révélation finale, accompagné du long monologue indissociable du (ou des) tueur(s). Toutefois, le film sait se révéler surprenant. En premier lieu, difficile de ne pas remarquer le changement principal : le lieu. Oui, pour la première fois, l’action ne se déroule pas à Woodboro, mais à New York.

La ville, essentiellement composée d’appartements, est l’endroit idéal pour un tueur en série. Tache ardue que de s’enfuir par la fenêtre et de passer par le jardin, quand la sortie en question donne sur le vide, au cinquième étage d’un immeuble. Et cela, Scream VI l’a bien compris. Cette nouvelle donnée avantage nettement notre Ghostface, bien plus brutal qu’auparavant. Oui, notre tueur masqué a la rage. Ce nouvel opus, sans nous sortir des litres de faux sang, est sans conteste le plus violent de la franchise. Bien sûr, cela apporte également son lot d’âneries. On ne pourra s’empêcher de soupirer face à un homme encore debout après quarante coups de couteaux dans le dos.  Oui, à la fin du long métrage, le kill count n’est finalement pas si élevé. On se demande sincèrement comment certaines victimes peuvent sortir vivantes de ce qui leur est arrivé. Rassurez-vous, notre psychopathe traine toujours avec lui son lot de cadavre, que ce soit dans un appartement ou dans une superbe scène dans le métro new yorkais.

Aussi, bien que le côté méta soit toujours bien présent (et avec lui, le personnage toujours aussi insupportable de Mindy), Scream VI est bien plus léger dans ses thématiques ou même dans les mises en abimes pourtant si importantes dans la saga. Regrettable pour une marque de fabrique si essentielle aux films créés par Wes Craven. Les messages ou critiques de la société sont bien plus rares, là où le cinquième opus avait su réserver quelques tacles bien sentis à l’égard de certaines communautés. Non, cet épisode se concentre avant tout sur les sœurs Carpenter et sur la traque de Ghostface, le tout durant près de deux heures qui passent particulièrement vite. Les fans de Slacher adoreront sans doute, tant ce nouvel opus en coche les cases. Ceux qui aiment avant tout les personnages bien écrits et les situations cohérentes auront envie de s’arracher la rétine. Scream VI est un film débile, mais fait avec le cœur, pensé pour offrir une belle évasion sanglante à New York. Que demander de plus, si ce n’est un septième film, plus abouti, que l’on espère malgré tout voir arriver plus tardivement que son aîné.

Scream VI : Bande-annonce

Scream VI : Fiche Technique

Réalisation : Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett
Scénario : James Vanderbilt et Guy Busick, d’après les personnages créés par Kevin Williamson
Acteurs principaux : Courteney Cox, Melissa Barrera, Jenna Ortega, Hayden Panettiere, Jasmin Savoy Brown, Mason Gooding
Musique : Brian Tyler
Sociétés de production : Spyglass Media Group, Project X Entertainment et Radio Silence
Société de distribution : Paramount Pictures
Budget: 35 millions de dollars2
Genre : horreur, slasher
Durée : 123 minutes
Dates de sortie : France : 8 mars 2023

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3.3

Festival

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Dimitri Redier
Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
Film préféré (Gladiator) - Série préférée (Mr Robot) - Acteur préfére : (Benedict Cumberbatch) - Actrice préférée (Emma Stone) - Réalisateur préféré (Denis Villeneuve) - Jeu vidéo préféré (The Last of Us 2) - Plat préféré (Les sushis…ça n’a aucun rapport mais je suis sûr que vous vous posiez la question)

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