FIFAM 2022 : Les Derniers Jours du disco de Whit Stillman + rencontre

Ambiance paillettes au FIFAM 2022 avec la projection des Derniers Jours du disco de Whit Stillman, en sa présence. Film bavard, vif, ancré dans son époque, soit un monde qui touche à sa fin, rien n’échappe à l’œil de Whit Stillman.

Dialogues et fêtes

Whit Sitllman, pendant la rencontre, parle des dialogues de son film, tous très écrits : « il y avait même plus de mots dans le scénario ». C’est une des caractéristiques des Derniers Jours du disco, une discussion quasi ininterrompue sur fond de disco. La bande son est juste dingue, même si à l’époque, des aveux de Whit Stillman, il avait pu être reproché au film « un disco très éloigné des habitudes », mais par des gens, toujours selon lui, « qui n’écoutaient pas de disco et n’avaient jamais mis les pieds dans un club ». Il n’empêche que ces soirées au club font la saveur des Derniers Jours du disco. Le rythme aussi, fin d’un monde oblige : les héros semblent sans cesse courir, ne pas retenir leurs mots, se jeter les uns sur les autres à corps perdus, débattre sans discontinuer, comme s’ils étaient pressés de tout vivre. A l’image d’Alice et Charlotte qui doivent se dépêcher de trouver un best seller si elles veulent devenir de vraies éditrices. Même si Charlotte rêve plutôt de bosser pour la télé, mais surtout pas la pub ! Les mecs de la pub, très peu pour elle, ils ne sont pas acceptés dans les clubs de toute façon. C’est une des nombreuses « blagues » du film qui fonctionne grâce à l’énergie ambiante, on peut ainsi voir les personnages débattre des personnages de La Belle et la Bête comme du côté « sexy » de Picsou. Des petits chef-d’œuvres dialogués !

Drôle d’époque

L’autre force du film, c’est sa mise en scène, Whit Stillman a raconté que son film s’insère dans une trilogie avec Metropolian et Barcelona où il s’inspire de sa vie et surtout des périodes traversées. Pourtant, s’il approuve être assez proche du personnage de Jimmy dans le film, il explique qu’autant Metropolian était inspiré de ses proches, mais que Les Derniers Jours du disco est bien plus ancré dans la fiction. C’est cependant une manière très précise et endiablée de raconter une époque, de la faire (re)vivre. La mise en scène du groupe est assez magistrale, puisque même dans la multitude, chaque personnage trouve sa place, se détache et affirme sa personnalité. Ces scènes de groupes sont tout aussi magistralement contrebalancées par des scènes plus intimes, du moins en duo, dont la lecture ne s’offre qu’à la lumière de ce que le groupe a validé, a pu créé d’enjeux dans la rencontre. Il y a par exemple cet appartement-wagon « parce qu’il est aussi petit et étroit qu’un wagon » explique l’agent immobilier, et qui donne lieu à une mise en scène très théâtrale, avec entrées et sorties, quiproquos et autres rencontres non prévues. On sent une énergie très particulière, in medias res, qui a un peu disparu des comédies hollywoodiennes actuelles. Il y a aussi une vraie profondeur dans l’écriture, avec des enjeux ou éléments de scénario que l’on n’avait pas vu venir. Tout cela s’inscrit aussi dans la veine de séries comme The L word (les deux œuvres ont Jennifer Beals en commun), en moins mélo pour Les Derniers Jours du disco tout de même. C’est plutôt une manière de regarder plusieurs personnages qui se percutent, se quittent, se rabibochent… une façon de regarder la société, de la critiquer aussi, voire de renvoyer les personnages un poil trop futiles dans leurs chambrées (comme tout bon moralisateur qui se respecte).

« Je trouve que Picsou a un côté sexy »

Les acteurs sont tous au sommet, particulièrement Chloe Sevigny qui avait été recommandée au réalisateur, puisqu’il y avait un membre de l’équipe en commun avec Kid de Larry Clark (un des premiers films de l’actrice), mais la production voulait Winona Ryder, les choses ont finalement évolué vers le choix de Chloe Sevigny qui joue parfaitement la nuance de ce personnage vampirisant, qu’on voudrait renvoyer à un statut de midinette, mais qui déroule ses choix, comme une battante. Le réalisateur déclarait avoir eu l’idée d’un film « avec deux jolies filles dans un club », mais à l’arrivée son cinéma est plus que ça, il n’y a décidément pas que des belles et des clochards de Disney dans la vie. Quant au disco, un des personnages avait prédit qu’il reviendrait en grâce, alors dansons !

Les deniers jours du disco : Bande annonce

Les derniers jours du disco : Fiche technique

Synopsis : Alice et Charlotte viennent de terminer leurs études universitaires et se rencontrent à l’occasion de leur premier emploi dans une maison d’édition de Manhattan. Si la blonde Alice est fragile et timide, Charlotte, la brune, est ouvertement carrieriste. Malgré une secrète rivalité, les deux jeunes femme se lient d’amitié d’autant plus qu’elles ont une passion commune pour le disco, qu’elles pratiquent au Club, la boîte la pluc chic de New York.

Réalisation : Whit Stillman
Scénario : Whit Stillman
Interprètes : Matt Ross, Chloë Sevigny,  Jennifer Beals, Kate Beckinsale, Chris Eigeman
Photographie : John Thomas
Montage : Andrew Hafitz
Durée : 1h52
Sortie en France : 25 aiût 1999

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3.5

Festival

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Chloé Margueritte
Chloé Marguerittehttps://www.lemagducine.fr/
Diplômée en journalisme de l'ESJ Paris, je suis passée par mille et une péripéties culturelles et littéraires au cours de mes études : théâtres, ciné et prépa avant de débarquer à Paris pour me lancer dans le journalisme et la communication. Passionnée par l'art en général et par le cinéma en particulier, j'écris principalement des critiques et autres analyses filmiques.

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