Présenté en séance de minuit, The Villainess s’impose comme un grand huit cinématographique, jubilatoire et surexcité qui crie son amour de Kill Bill à Old Boy en passant par Hardcore Henry.
Synopsis : Depuis l’enfance, Sook-hee a été entraînée pour devenir une tueuse sans pitié. Lorsque Madame Kwon, chef du Service des renseignements sud-coréen, l’engage comme agent dormant, elle lui offre une seconde chance. “Donne-nous dix ans de ta vie, tu auras la liberté.” Sa nouvelle identité est Chae Yeon-soo, 27 ans, actrice de théâtre.
Avec la promesse d’une liberté complète en échange de servir son pays pendant 10 ans, Sook-hee commence une nouvelle vie. Pour cette femme qui a vécu comme tueuse, mener une existence normale n’est pas une tâche facile. Mais quand deux hommes entrent dans sa vie, les secrets de son passé sont dévoilés.

Si le film a du cœur et de l’énergie à revendre, il faut indéniablement reconnaître qu’il se traîne une intrigue au diapason portée par des personnages caricaturaux, manquant cruellement d’empathie, et dont l’affiliation avec le film de Quentin Tarantino porté par Uma Thurman ne semble même pas voilée. Les scènes à l’eau de rose détruisent les bonnes intentions de départ pour s’enfoncer inutilement dans une sous-intrigue amoureuse qui ne fait qu’allonger considérablement le récit. Pour un film qui souhaite revendiquer l’indépendance et la force des personnages féminins, on ne peut que soupirer face au comportement cruche de l’héroïne qui agit comme une adolescente de quatorze ans face à un nouvel aspirant. Pas étonnant alors d’apprendre de la bouche même du cinéaste que le scénario du film a été écrit en deux semaine, pour un an de tournage. Mais même dans cette avalanche de niaiserie, le film semble assumer ce second degré (ou du moins s’en contente) avant de revenir aux scènes d’action, l’atout principal de The Villainess. Standing ovation lors de sa projection, The Villainess est un objet cinématographique pour les amoureux du cinéma décomplexé. Fort d’une maîtrise cinématographique audacieuse, le film a indéniablement la générosité d’un amoureux du cinéma d’action et possède la maîtrise d’une technique cinématographique incroyable. De là à dire qu’il renouvelle le genre du film d’action coréen, il y a là une affirmation exagérée et surestimée mais peu importe qu’il traite maladroitement son scénario, Byung-gil Jung a pour lui l’honneur d’avoir su réjouir les festivaliers de la Croisette et de faire de The Villainess un plaisir coupable ultime. Et en soi, c’est déjà beaucoup.
[HORS COMPÉTITION] The Villainess
Un film de Byung-gil Jung
Avec Kim Ok-vin, Shin Ha-Kyun, BANG Sung-Jun
Distributeur :
Durée : 129 mn
Genre : Action
Date de sortie :
Corée du Sud– 2017
The Villainess:
https://www.youtube.com/watch?v=iSqrmUuMpAs
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