« Vaccins, petit guide par temps de Covid » : tout savoir sur la vaccination

Lise Barnéoud est une journaliste scientifique connue pour figurer parmi les meilleurs spécialistes français de la vaccination. Elle publie aujourd’hui aux éditions Premier Parallèle un guide en petit format sur les vaccins. L’ouvrage apparaît plus que jamais d’actualité.

De la variolisation aux vaccins à ARN messager contre la Covid-19, l’immunologie et la recherche scientifique à visée thérapeutique ont connu une progression énorme et fulgurante. Il est loin, en effet, le temps où des populations entières cherchaient à se prémunir contre la variole en insérant dans leurs plaies du pus de malade ou en manipulant leurs croûtes. Depuis la vaccine, une maladie infectieuse touchant les bovins, qui immunisait contre la variole, et surtout grâce aux découvertes de Louis Pasteur, le monde scientifique a mis en place toute une série de médicaments visant à lutter contre des maladies graves et transmissibles.

Dans Vaccins, petit guide par temps de Covid, la journaliste scientifique Lise Barnéoud raconte par le menu chaque vaccin proposé en France. Elle s’intéresse à leur type, aux populations vulnérables, à la gravité des maladies ciblées, au caractère obligatoire ou non de la vaccination… Ce tour d’horizon complet est précédé d’une introduction didactique, particulièrement claire, sur l’évolution de la vaccination et le fonctionnement du système immunitaire humain. À la fin de cette lecture salutaire, tout un chacun sera en mesure de comprendre comment notre corps réagit à une agression microbienne ou virale, mais aussi sur quelles bases les vaccins sont conçus et la manière selon laquelle ils activent l’immunité.

Lise Barnéoud revient successivement sur les vaccins à germes entiers, sous-unitaires, atténués ou inactivés. Elle explique comment la virulence des pathogènes est altérée par des expérimentations. Elle évoque les adjuvants indispensables pour que certains vaccins ne passent pas sous le radar immunitaire. Le terrain immunologique, justement, fait l’objet d’une description minutieuse : sa partie innée (avec les cellules macrophages repérant les antigènes des agresseurs) et adaptative (la réaction immunitaire), mais aussi la mise en mémoire du pathogène via des lymphocytes qui se tiendront désormais sur le pied de guerre en cas de nouvelle rencontre avec le microbe ou le virus. L’auteure se penche enfin sur l’acide ribonucléique : les vaccins à ARN délivrent en quelque sorte les plans des nos agresseurs pour que nos cellules puissent en produire elles-mêmes l’antigène (leur signe distinctif) et ainsi s’immuniser contre le pathogène.

On ne peut que saluer la pertinence d’un tel guide à un moment où le mouvement antivax connaît une recrudescence incontestable. En faisant preuve de pédagogie, en pointant les bénéfices mais aussi les limites de la vaccination, Lise Barnéoud place entre les mains du lecteur de quoi remplir lui-même le rôle de passeur, afin de lutter contre les idées préconçues, voire les mensonges, qui circulent sur des médicaments qui ont pourtant radicalement transformé nos vies.

Vaccins, petit guide par temps de Covid, Lise Barnéoud
Premier Parallèle, mai 2021, 224 pages

Note des lecteurs0 Note
3.5

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

Le Principe de Wellington : l’aveu en énigme

Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

« Géographie du rap » : musique périphérique

Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.

« Atlas des années 1960 » : les sixties expliquées et illustrées

Cent cartes pour parcourir une décennie que la mémoire tend parfois à réduire à ses refrains et à ses couleurs. Avec cet "Atlas des années 1960", Gordon Kerr et l’illustratrice Claire Rollet font voisiner l’effervescence culturelle, les conquêtes sociales et les lignes de fracture qui traversent le monde.