Festival de Gérardmer 2021 : The Stylist, Host puis Aya et la sorcière

Pour cette fin de Festival de Gérardmer 2021, nous faisons un petit détour sur trois films plus ou moins enthousiasmants : The Stylist , Host et Aya et la sorcière.

The Stylist de Jill Gevargizian (En compétition)

Suivant le personnage de Claire, coiffeuse, The Stylist questionne avec minutie le malaise social de sa protagoniste. Au travers de son métier, la jeune femme envie la vie de ces inconnues qui sont ses clientes. Mais cette volonté de changer de vie va prendre le dessus d’une manière macabre quand on découvre que le hobby de Claire est de scalper ses victimes pour prendre leur place en se couvrant de ces perruques fraîchement découpées. L’actrice Najarra Townsend est de quasi tous les plans et livre une performance remarquable oscillant entre une gêne touchante et un charme psychotique. Dans sa forme, The Stylist porte bien son nom. La réalisatrice Jill Gevargizian proposant une mise en scène des plus élégantes renvoyant à l’esthétisme de Peter Strickland dans la composition de certains plans ou dans la direction artistique. Malgré tous ces bons points, The Stylist s’égare parfois dans des longueurs plombant un poil l’enthousiasme que l’on pouvait porter à l’œuvre. Le final bien que prévisible n’en reste pas moins réjouissant.

Maxime Thiss

Host de Rob Savage (En compétition)

Cela aurait pu être le film parfait pour une édition en ligne du festival de Gérardmer, mais Host s’avère être un rendez-vous manqué. Profitant du confinement et de la percée de Zoom, Rob Savage a eu l’idée un peu opportuniste de perpétrer ce style de film d’horreur via écrans interposés (on pense notamment à Unfriended) pour nous pondre un film de spiritisme en visioconférence. Si le concept n’est plus si original, il peut s’avérer toujours efficace (notamment en le voyant sur un écran d’ordi pour plus d’immersion). Dans son exécution, Host ne se démarque pas tellement, n’exploitant pas forcément à bon escient son format. Les différentes protagonistes se retrouvent chacune de leur côté attaquées par un esprit frappeur tandis que les autres assistent impuissantes à ce qui se passe sous leurs yeux. Si certains effets peuvent s’avérer efficaces, on reste sur un terrain balisé de A à Z qui ne laisse que peu de place à de véritables surprises. Le réalisateur a eu au moins l’intelligence de concentrer son histoire sur une petite heure, empêchant de vraiment ressentir l’ennui pointer le bout de son nez.

Maxime Thiss

Aya et la sorcière de Gorō Miyazaki (Séance Spéciale)

Aya et la sorcière, avec son rendu 3D, est bien évidemment une déception provenant du studio Ghibli. On remarque directement les velléités télévisuelles de cette création, avec tendresse et parfois bienveillance, mais cela n’empêche pas le film de se tromper dans les grandes largeurs. Certes, de nombreux aspects habituels et attendrissants dans l’écriture du studio sont visibles au premier coup d’œil : une jeune fille tenace qui veut découvrir le monde qui l’entoure, des petites bestioles ou des animaux qui regorgent de surprises ou de secrets, un univers proche de la féérie. Mais les corrélations s’arrêtent là. Pour le reste, Aya et la sorcière n’est qu’un simple et drôle récit pour enfant, loin d’être digne de Sabrina l’apprentie sorcière par exemple, loin aussi d’avoir des thématiques foisonnantes, et s’avère surtout alourdi par une animation parfois grossière et ventripotente, à des années lumières de la chatoyante et fluide partition du studio. Il n’y a pas grand chose à retenir de ce film qui porte autour de cette jeune fille voulant apprendre la magie, qu’on regardera comme on peut regarder un simple épisode de Code Lyoko. 

Sébastien Guilhermet

 

Festival

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