La collection « Le Fil de l’Histoire » se penche sur le Titanic

Pour ceux qui l’ignorent, la collection « Le Fil de l’Histoire » s’adresse aux enfants en leur apportant une information taillée à leur mesure sur des sujets aussi variés que les gladiateurs, les Vikings ou l’or noir. Nous avions récemment évoqué la parution d’un album consacré au Mur de Berlin, en voici un nouveau sur le Titanic.

Souvenez-vous : en 1997 paraissait un film-phénomène, Titanic, réalisé par James Cameron. Pendant plus de trois heures haletantes, les spectateurs étaient appelés à revivre la catastrophe maritime la plus célèbre de l’histoire, dans le sillage d’un couple formé de Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. L’immense succès de ce long métrage a offert à plusieurs générations un imaginaire collectif : un immense et majestueux paquebot, réputé insubmersible, tailladé par la glace d’un iceberg ; des classes sociales spatialement ségrégationnées ; un navire prenant l’eau, brisé en deux et sombrant dans les profondeurs de l’océan Atlantique…

Ariane et Nino, les personnages-phares de cette collection publiée chez Dupuis, nous emmènent précisément au cœur de ce long voyage, scénarisé par le docteur en histoire Fabrice Erre et dessiné par Sylvain Savoia. La compagnie anglaise White Star Line a en 1907 le projet fou de concevoir un bateau de 269 mètres de long, capable de transporter plus de 3500 personnes. Des triplés « mégatransatlantique » voient le jour : le Titanic bien sûr, mais aussi ses jumeaux l’Olympic et le Britannic, conçus selon les mêmes plans de Thomas Andrews. Les deux premiers cités sont construits simultanément en Irlande, dès 1909, sur un chantier naval employant plus de 11 000 personnes. En avril 1912, le Titanic quitte le port de Southampton avec à son bord 890 membres d’équipages et plus de 1300 passagers… La suite est connue et cet album recoupe dans une très large mesure le film de James Cameron : on y narre l’apparat du Titanic, les activités y étant prévues, les différentes « classes » et la succession de malchances menant à la catastrophe – problèmes de télégraphe, vigie dépourvu de jumelles, cinq compartiments inondés là où quatre auraient été gérables, opérateur-radio du bateau le plus proche, le Californian, parti se coucher, etc.

Cet album aide à comprendre pourquoi le Titanic a pu imprimer sa légende, mais surtout comment une telle catastrophe a été rendue possible. Parce que réputé insubmersible, les exercices d’usage n’y ont pas été répétés et les canots de sauvetage n’y étaient pas prévus en suffisance pour évacuer l’ensemble des passagers. Pour compléter son information, le lecteur trouvera en appendice de cette édition des plans du Titanic, quelques anecdotes amusantes (dont les prémonitions littéraires de William Thomas Stead), un fil chronologique ou encore une brève évocation de plusieurs personnalités historiques (le capitaine Smith, Molly Brown ou encore la rescapée Violet Constance Jessop, une infirmière qui connaîtra un incident sur les trois jumeaux et assistera aux deux naufrages, le sister-ship Britannic ayant coulé en mer Egée lors de sa sixième traversée).

Le Titanic, Fabrice Erre et Sylvain Savoia
Dupuis, juin 2020, 48 pages

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3.5

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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