Cannes 2019 : Port Authority de Danielle Lessovitz, la jeunesse dorée

Après And then we danced en Quinzaine des Réalisateurs, c’est Port Authority qui met la danse et le milieu queer à l’honneur pour la sélection Un Certain Regard. Le film de Danielle Lessovitz est en compétition pour cette section parallèle mais également pour la Caméra d’or et la queer palm. Peut-il espérer repartir avec l’un de ces prix ?

Après avoir enflammé le tapis rouge de leurs pas de danse, avoir fait rayonner leurs tenues de star lors de leur arrivée remarquée, les acteurs de Port Authority ont mis l’ambiance dans la salle de projection du Palais des Festivals. Dès les premières secondes de générique de fin, l’un des acteurs de cette bande radieuse s’est empressé de monter sur scène pour faire danser la salle, ravie de voir le spectacle se continuer. C’est aussi cela la magie d’un festival, la magie d’un cinéma bien vivant qui, rempli de couleurs et de paillettes, donne un sourire continu à ceux qui le contemplent. Les fans de la série Pose se verront heureux de l’arrivée de ce film sur la Croisette et prochainement dans les salles.

Port Authority emporte le public dans une histoire d’acceptation et de rejet permanent envers la personne que l’on est, à travers les yeux d’un jeune homme, un peu perdu, un peu errant, à la recherche de ce qui le fera vibrer et sentir vrai. Il le trouve dans un groupe de vogueurs, qui enflamment la ville durant leurs soirées endiablées où chacun doit choisir le thème dans lequel il défilera, dansera. Le film va plus loin que la simple, ou plutôt très complexe, quête d’identité, passage devenu obligé des films LGBT, qui a fait naître de vrais chefs d’œuvre. Tout est alors questions d’appartenance à une communauté, à un groupe, à une catégorie dans ce film et le personnage principal Paul doit bien choisir dans lesquelles se positionner. Maladroitement et par peur du rejet, il blessera, comme on s’y attend, les personnes de qui finalement il se sent le plus proche car l’apparence, ici, a toute son importance.

L’apparence d’ailleurs, celle du film, est visuellement assez simple mais filme l’intime d’une sublime manière avec pour l’instant, la plus belle scène d’amour du festival. Les corps qui se découvrent alors qu’ils se sont effrayés, la bienveillance bouleversante avec laquelle les personnages se désirent et se rencontrent, et l’empathie présente à chaque instant font de leur idylle un point d’ancrage charmant à l’œuvre. Pourtant, Port Authority demeure imparfait mais malgré les faiblesses de scénario et de mise en scène, que l’on mettra sur le dos d’une première réalisation qui manque forcément d’un peu de précision, le film charme totalement dans son propos et son casting.

Synopsis : Devant Port Authority, la gare routière de New York, une jolie fille nommée Wye vogue avec ses amis. Paul, un jeune homme qui vient d’arriver dans la grande ville, l’observe, fasciné. Wye fait partie de la scène du « ballroom », communauté queer adepte du voguing. Alors que leur amour grandit, Paul découvre que Wye est trans. Il est alors forcé d’affronter sa propre identité et de choisir sa véritable famille.

Le film Port Authority est présenté dans la section Un certain regard au Festival de Cannes 2019

Avec Fionn Whitehead, Leyna Bloom, McCaul Lombardi
Genre : Drame
Date de sortie inconnue (1h34min)
Nationalité : Américain

Festival

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Gwennaëlle Masle
Gwennaëlle Maslehttps://www.lemagducine.fr/
Le septième art est un rêve et une passion depuis quelques années déjà. Amoureuse des mots et du cinéma, lier les deux fait partie de mes petits plaisirs. Je rêve souvent d'être derrière la caméra pour raconter des histoires et toucher les gens mais en attendant, je l'écris et je me plais à le faire. Je suis particulièrement sensible au cinéma français ou au cinéma contemplatif dans sa généralité, ce qui compte c'est de ressentir. Les émotions guident mes passions et le cinéma ne déroge pas à la règle, bien au contraire.

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