La Légende de la Montagne nous est contée en Blu-ray chez Carlotta Films

Depuis le 9 mai 2018 est disponible pour la première fois en DVD et Blu-ray La Légende de la montagne. Édité par Carlotta Films, le film culte de King Hu nous plonge dans une fable visuellement grandiose portée par l’humour et le mystère…

Synopsis : He Yun-Tsing est missionné par le monastère Haiying pour recopier un canon bouddhiste qui permettrait de libérer les âmes des défunts. Pour mener à bien cette tâche, les moines lui suggèrent de se retirer dans un endroit isolé au cœur de la montagne. Yun-Tsing est alors accueilli à bras ouverts par les quelques habitants de la contrée. Mais le mystérieux canon bouddhiste devient rapidement la cible de toutes les convoitises…

La Légende de la Montagne : King Hu, un cinéaste magicien

On pourrait décrire de bien des mots La Légende de la Montagne, comme on pourrait l’analyser à travers de nombreux prismes. Cet article posera une question : King Hu ne serait-il pas un cinéaste magicien ? Approcher Hu comme une figure de magicien n’est pas une voie sans fondement. Car, comme le magicien, Hu monte avec La Légende de la Montagne, un spectacle amusant et touché par le surnaturel. Si l’homme de scène joue parfois avec telle ou telle légende pour contextualiser un tour, Hu démarre son film en nous causant d’un vieux récit qui a traversé les temps anciens et nouveaux. Cette histoire légendaire permet à Hu de proposer une expérience cinématographique forte. D’abord d’un point de vue visuel, le cinéaste propose des images incroyables purement cinématographiques car impossible à percevoir à travers nos perceptions humaines. Comme le magicien avec ses machines et autres trucs et astuces, c’est grâce à la mécanique du cinéma, ses outils (les modifications de couleur au montage ou possiblement directement sur le tournage) et ses artisans (le directeur de la photographie, le décorateur) que le réalisateur peut proposer ces visions. Ce qu’on regarde ne peut être perçu qu’au cinéma, quand bien même on imagine très bien Hu s’être inspiré de la peinture. Le film démarre d’ailleurs sur l’un des éléments essentiels du cinéma : une marche, et donc le mouvement.

la-legende-de-la-montagne-mystere-et-fantastique-par-king-hu
Entre le burlesque et le frisson du fantastique, il n’y a pas qu’un pas.

Le magicien réussit à passer d’un tour à un autre – ou d’une situation de base à la fin de son jeu d’illusion – en un geste occultant soigneusement l’astuce. Hu manie son personnage de telle manière qu’il réussit en un sourire, une interrogation ou un déplacement mystérieux mais pas étrange, à nous faire passer d’une situation inspirant la paix et la solennité à une autre respirant la comédie ou le fantastique. Ce glissement des genres qu’opère King Hu est stupéfiant de maîtrise tant le mouvement est invisible. Cette invisibilité concerne aussi la chorégraphie dont la conception et l’effort disparaissent au service du récit, à l’inverse de nombre de productions modernes qui n’hésitent pas à employer ces éléments – mêlés à une certaine violence graphique – comme des objets d’attraction du film. On peut par exemple penser à John WickEt il y a cet humour empli de bonté, d’humanité qui se forme dans le burlesque des corps ; dans l’absurdité ou l’excentricité d’une situation ; ou encore directement dans le mystère grâce au savant melting pot des genres de Hu. Le sourire et le rire provoqués par le cinéaste et ses trucs sont justement comparables à ceux qu’amène le magicien aux petits et grands. Parce qu’aussi dantesque soit-il – le film dure trois bonnes heures -, La Légende de la Montagne s’adresse, comme tout spectacle à la fois magique et de magie aux petits et aux grands.

D’ailleurs, ce magicien de King Hu nous est revenu le 9 mai dernier avec sa Légende de la montagne dans une édition Blu-ray soignée. On aurait apprécié voir l’expérience filmique complétée par davantage de bonus, mais le bat blesse ailleurs, au niveau audio du long métrage. En effet, la musique tend souvent à être criarde ; plus globalement, la piste sonore est loin d’être aussi merveilleuse que le somptueux rendu visuel. Enfin, on peut noter la présence de quelques plans certes détériorés mais qui ne viendront pas entacher cette merveilleuse et riche aventure cinématographique de 1979 signée King Hu.

Bande-Annonce – La Légende de la Montagne

BD 50 • MASTER HAUTE DÉFINITION • 1080/23.98pla-legende-de-la-montagne-visuel-du-blu-ray-carlotta-films

ENCODAGE AVC • Version Originale DTS-HD Master Audio 1.0 – Sous-Titres Français • Format 2.35 respecté • Couleurs – Durée du Film : 192 mn

DVD 9 – NOUVEAU MASTER RESTAURÉ

Version Originale – Sous-Titres Français – Format 2.35 respecté – 16/9 compatible 4/3 – Couleurs – Durée du Film : 184 mn

SUPPLÉMENTS (communs aux éditions DVD et Blu-ray ; en HD sur l’édition Br)

– MONSTRE SACRÉ DU CINÉMA (20 mn)

« King Hu a été séduit par les bouddhistes qu’il a rencontrés et leur idée de l’expérience qui ne peut être expliquée, mais ressentie. Il voulait exprimer ce sentiment en images. » Un essai réalisé par David Cairns, critique.

TONY RAYNS À PROPOS DE « LA LÉGENDE DE LA MONTAGNE » (21 mn)

Tony Rayns, spécialiste du cinéma asiatique, revient sur la carrière de King Hu jusqu’à La Légende de la montagne. Avec ce film, le réalisateur s’éloigne de son style habituel par son sujet, sa forme et son rapport à la temporalité.

– BANDE-ANNONCE 2018

 

la-legende-de-la-montagne-visuel-du-dvd-carlotta-films

La Légende de la montagne

Un film de King Hu (1979)

Disponible en DVD et Blu-ray depuis le 9 mai 2018

Prix de vente public conseillé : 20,06€

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

RRR : le blockbuster tollywoodien qui a conquis le monde

« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !

Le Rouge et le Noir (1954) : exploration d’une quête romantique, politique et spirituelle

Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.

Sur la route d’Omaha : le pari de la retenue

Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.

Les Maîtres de l’univers (2026) : les muscles froissés

Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.

« L’Odyssée » de Christopher Nolan, un spectaculaire voyage intérieur

On l'attendait depuis trois ans ! "L'Odyssée" débarque cette semaine sur nos écrans. Une épopée mythologique sensationnelle qui redore enfin le blason du péplum. Délaissant le pouvoir des dieux au profit des tourments d'un homme, Ulysse, incarné par Matt Damon, Christopher Nolan représente le retour à Ithaque comme un labyrinthe mental inextricable.

La Guerre des prix : le pacte de non-rétribution

"La Guerre des prix", premier film d'Anthony Dechaux porté par Ana Girardot et Olivier Gourmet, plonge dans les coulisses des négociations commerciales entre agriculteurs et grande distribution. L'édition vidéo signée Diaphana prolonge cette réflexion grâce à des bonus qui reviennent sur le tournage et les mécanismes du système alimentaire.

La colline a des yeux 1 (1977) et 2 (1985), de Wes Craven : contamination de la violence

Si ces films – et surtout le second, complètement raté – ont à maints égards mal vieilli, l’édition prestige qui combine les deux films et de nombreux memorabilia, vaut assurément son pesant d’hémoglobine. D’autant plus que les suppléments, tant vidéo qu’écrits, se révèlent parfois plus intéressants que les films eux-mêmes !

Règlements de comptes à O.K. Corral (1957) de John Sturges : deux géants au service de la fabrique du mythe

Wyatt Earp, Doc Holliday, la fusillade à O.K. Corral… Ces trois mythes occupent une place prépondérante dans le « roman national » de l’Ouest. Pour les évoquer au cinéma, quoi de mieux que deux légendes d’Hollywood ? Au service du réalisateur John Sturges (Les Sept Mercenaires, La Grande Evasion), Burt Lancaster et Kirk Douglas font des étincelles, dans ce western immense.