Alfred Hitchcock : Les Années Selznick – coffret ultra collector de Carlotta

Le 29 novembre 2017 est sorti en vidéo le coffret Blu-ray (& DVD) Alfred Hitchcock Les Années Selznick. Édité par Carlotta Films, l’objet vous invite ainsi à revenir sur quatre films majeurs réalisés par le maître du suspense pendant sa fameuse période de collaboration avec le grand producteur David O. Selznick : Rebecca, La Maison du Docteur Edwardes, Les Enchainés et Le Procès Paradine

Les Enchainés : à propos de la relation Hitchcock / Selznick

Septième coffret de la collection « ultra collector » made by Carlotta, Alfred Hitchcock Les Années Selznick permet de redécouvrir quatre films importants du film dont le sous-estimé La Maison du Docteur Edwardes, (re)connu pour sa fameuse séquence de rêve créée en collaboration avec Salvador Dali. Les quatre films, accompagnés de cinq heures et trente minutes de suppléments exclusifs et d’un livre de trois cent pages, titré La Conquête de l’Indépendance, constitués d’articles d’époque de Claude Chabrol, Pascal Bonitzer, d’entretiens avec Jean Douchet et Peter Bogdanovich ainsi que des éternelles photographies inédites – entre autres -, retracent l’envol hollywoodien du Britannique Hitchcock. Un envol qui a pu se faire grâce à la relation entre le cinéaste anglais et le producteur américain indépendant David O. Selznick ou « comment le savoir-faire du deuxième va permettre au premier de devenir un véritable cinéaste hollywoodien » (texte promotionnel du coffret).

« La décennie qu’Hitchcock passa dans le giron de Selznick fut plus qu’une période de transition. La collaboration, parfois frustrante, parfois étouffante, fut pourtant fructueuse et productive. En mettant à disposition du metteur en scène son savoir-faire et celui des techniciens hollywoodiens, Selznick permit à Hitchcock de donner corps à ses visions.« 

Chef d’orchestre et maître de marionnettes, sur la relation entre AH et DOS, par Fabien Delmas (texte présent dans le livre du coffret) –

David O. Selznick est un nom qui résonne dans l’esprit de nombreux cinéphiles et cinéphages. Cromwell, Cukor, Fleming, Hitchcock, Reed, Dieterle, Vidor… Nombreux sont les cinéastes dont les films ont été produits et mis en lumière par Selznick. King Kong, Les Quatre filles du docteur March, Autant on emporte le vent, Duel au soleil… DOS est un homme à succès. Lorsqu’Alfred Hitchcock et David O. Selznick se lancent dans la production de Rebecca, le premier n’est pas surpris des exigences du deuxième. Sans surprise, le cinéaste britannique sait que le montage sera supervisé par Selznick. Et il sait aussi qu’il aura un cadre de création sécurisé répondant à toutes ses attentes, dirigé par un producteur qui a toujours mis un point d’honneur à défendre l’histoire et les personnages de ses productions. Concernant les adaptations littéraires, notons même que DOS était réellement attaché à ne pas trahir l’œuvre originale. Certes, le producteur avait tendance à être invasif, mais Hitchcock ne pouvait conquérir Hollywood sous une meilleure bannière. Son contrat n’est pas exclusif, ainsi le cinéaste tourne pour la RKO, la Twentieth Century Fox, Universal, entre autres. Aussi la relation Hitchcock / Selznick, véritable jeu d’équilibre, trouve une bonne illustration en deux faits : même si le producteur supervisait le montage et pouvait exiger des retakes, rappelons que DOS, « producteur créatif » (page 28, Un télex de Selznick à Hitchcock, Nicolas Saada), ne voulait que le meilleur pour le film, et il voulait éviter tout conflit avec Hitchcock, dignes de ceux qu’il a connus sur Autant on emporte le vent, réputation oblige ; par ailleurs, le cinéaste britannique concevait le montage de sa pelloche dès la pré-production, ainsi le long métrage était bien réalisé par Hitchcock, tout en étant marqué par l’orchestrateur Selznick.

david-o-selznick-producteur-a-succes
David O. Selznick, producteur à succès.

La relation Hitchcock-Selznick tient évidemment de la conquête de l’indépendance. Si Hitchcock accepte les conditions de travail de Selznick, c’est aussi parce qu’il admire le producteur indépendant. Hitchcock acquiert sur Les Enchainés (troisième film de la collaboration) le statut de producteur qu’il désirait tant avoir. Alors que les dépassements de production de Duel au Soleil de Vidor sont de plus en plus difficiles à supporter pour Selznick et sa société Vanguard Productions, ce dernier décide de vendre le film en lot. Hithcock saisit l’occasion et devient producteur du métrage, supervisant ainsi le montage. Pendant leur période d’association, Hitchcock en profite aussi pour fonder avec un compère une société de production implantée en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, la Translatantic Pictures. Si la société ne durera que quelques années, elle expose plus qu’explicitement la ferme volonté d’Hitchcock de pouvoir contrôler ses films dans toutes les phases de fabrication. Remarquons que la relation AH-DOS n’a pas eu que des impacts conséquents sur la carrière du cinéaste, et en a aussi marqué le cosmos Hollywoodien :

« Rebecca fait ainsi date et marque les débuts d’une entente possible entre producteurs et réalisateurs, dans le cadre d’un mode de production inédit jusqu’alors à Hollywood, le « packaging » – à savoir la pré-vente « clefs en main » d’un film à des structures en place qui laisseraient à ses initiateurs contrôle économique et artistique.« 

– p.28, ibid.

Spellbound (en français : envouté) : à propos de l’édition Blu-ray signée Carlotta

Concernant le test video des films, le coffret s’en sort admirablement malgré une inconstance qualitative concernant la restauration des longs métrages. On vous conseille à ce propos le test détaillé de retro-hd.com. Comme d’habitude, Carlotta soigne les bonus. Chacun des films est accompagné sur sa galette de bonus. Le coffret contient tout de même un cinquième disque empli de compléments. L’ensemble vidéo est complété par le formidable ouvrage déjà cité. L’éditeur propose ainsi une approche riche et détaillée – soit complète – de cette période spécifique d’Hitchcock. Certes, le prix de cent euros et trente deux centimes en refroidira plus d’un, on vous conseillera alors d’attendre le prochain Black Friday ou – si l’attente est trop longue – l’une des nombreuses opérations promotionnelles de Carlotta pour obtenir le coffret à un prix plus raisonnable – moins cinquante pour cent tout de même.

Bande-Annonce – Coffret Alfred Hitchcock Les Années Selznick

Le mot de l’éditeur : L’année 1939 correspond à un tournant dans la carrière d’Alfred Hitchcock. Année de son départ aux États-Unis, c’est aussi celle qui marque le début d’une collaboration de près de dix ans avec le célèbre producteur américain David O. Selznick (Autant en emporte le ventDuel au soleil). Cette association entre le maître du suspense et l’un des plus importants représentants du système hollywoodien donnera naissance à quatre chefs-d’œuvre : la romance gothique Rebecca (1940), le thriller psychanalytique La Maison du docteur Edwardes (1945), le film d’espionnage Les Enchaînés (1946) et le thriller judiciaire Le Procès Paradine (1947). Réunis pour la première fois dans un Coffret Ultra Collector 5 Blu-ray et un Coffret Ultra Collector 5 DVD, ces quatre longs-métrages figurent parmi les trésors du cinéma hollywoodien des années 1940, à admirer dans leur sublime version restaurée !

Inclus les films

REBECCA (NOUVELLE RESTAURATION 4K)

LA MAISON DU DOCTEUR EDWARDES (NOUVELLE RESTAURATION HD)

LES ENCHAÎNÉS (NOUVELLE RESTAURATION HD)

LE PROCÈS PARADINE (NOUVELLE RESTAURATION HD)

visuel-du-coffret-ultra-collector-blu-ray-alfred-hitchcock-les-annees-selznick-carlotta-films
Alfred Hitchcock Les Années Selznick – septième coffret ultra collector signé Carlotta

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES (5) Blu-ray

Masters Haute Définition – 1080/23.98p – Encodage AVC Version Originale / Version Française DTS-HD Master Audio 1.0 – Sous-titres Français Formats 1.33 et 1.37 respectés – Noir & Blanc – Durée des Films : 130 mn / 111 mn / 101 mn / 114 mn

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES (5) DVD

Nouveaux Masters Restaurés – PAL – Encodage MPEG-2 – Version Originale Dolby Digital 1.0 – Sous-titres Français – Format 1.33 respecté – 4/3 – Noir & Blanc – Durée des Films : 125 mn / 107 mn / 97 mn / 110 mn

PLUS DE 5H30 DE SUPPLÉMENTS EXCLUSIFS + LE LIVRE DE 300 PAGES La Conquête de l’Indépendance RÉALISÉ EN ASSOCIATION AVEC LES CAHIERS DU CINÉMA

Coffret DVD Alfred Hitchcock – 100.32 €

Coffret Blu-ray Alfred Hitchcock – 100.32 €

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

RRR : le blockbuster tollywoodien qui a conquis le monde

« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !

Le Rouge et le Noir (1954) : exploration d’une quête romantique, politique et spirituelle

Entre romance et lutte des classes, Claude Autant-Lara réalise une adaptation minutieuse du roman grandiose de Stendhal, axée sur les passions consumées et le repentir.

Sur la route d’Omaha : le pari de la retenue

Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.

Les Maîtres de l’univers (2026) : les muscles froissés

Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.

« L’Odyssée » de Christopher Nolan, un spectaculaire voyage intérieur

On l'attendait depuis trois ans ! "L'Odyssée" débarque cette semaine sur nos écrans. Une épopée mythologique sensationnelle qui redore enfin le blason du péplum. Délaissant le pouvoir des dieux au profit des tourments d'un homme, Ulysse, incarné par Matt Damon, Christopher Nolan représente le retour à Ithaque comme un labyrinthe mental inextricable.

La Guerre des prix : le pacte de non-rétribution

"La Guerre des prix", premier film d'Anthony Dechaux porté par Ana Girardot et Olivier Gourmet, plonge dans les coulisses des négociations commerciales entre agriculteurs et grande distribution. L'édition vidéo signée Diaphana prolonge cette réflexion grâce à des bonus qui reviennent sur le tournage et les mécanismes du système alimentaire.

La colline a des yeux 1 (1977) et 2 (1985), de Wes Craven : contamination de la violence

Si ces films – et surtout le second, complètement raté – ont à maints égards mal vieilli, l’édition prestige qui combine les deux films et de nombreux memorabilia, vaut assurément son pesant d’hémoglobine. D’autant plus que les suppléments, tant vidéo qu’écrits, se révèlent parfois plus intéressants que les films eux-mêmes !

Règlements de comptes à O.K. Corral (1957) de John Sturges : deux géants au service de la fabrique du mythe

Wyatt Earp, Doc Holliday, la fusillade à O.K. Corral… Ces trois mythes occupent une place prépondérante dans le « roman national » de l’Ouest. Pour les évoquer au cinéma, quoi de mieux que deux légendes d’Hollywood ? Au service du réalisateur John Sturges (Les Sept Mercenaires, La Grande Evasion), Burt Lancaster et Kirk Douglas font des étincelles, dans ce western immense.