Daddy Cool, une chronique familiale bouleversante de sincérité
Synopsis : Dans les années 70, sur la côte est des Etats-Unis, le couple formé par Maggie et Cameron est mis en péril par les troubles de la personnalité de ce dernier. Un problème d’autant plus grave que Maggie veut reprendre ses études, et qu’elle doit laisser ses deux filles sous la responsabilité de leur père, tiraillé entre sa bipolarité et son amour inconditionné pour sa famille.
Après avoir participé à l’écriture de plusieurs films infantiles, Maya Forbes a pris l’initiative de nous faire part, à l’occasion de son premier film, de ses souvenirs d’enfance et en particulier des problèmes qu’a rencontré sa famille concernant les responsabilités données à son père malgré ses troubles maniaco-dépressifs. La réalisatrice est même allée jusqu’à donner à sa fille son propre rôle, faisant de son film autobiographique une véritable petite entreprise familiale. Visiblement touché par la sincérité du projet, J.J. Abrams, le réalisateur de Star Wars 7, et sa boite de production Bad Robot, a permis au film de profiter d’un budget supérieur à ceux des productions indépendantes (6,7 millions de dollars) mais aussi de se faire connaitre à l’occasion du festival de Sundance.
Dans les rôles du père perturbé et de la mère, Mark Ruffalo et Zoe Saldana font preuve d’une subtilité aux antipodes de leurs prestations musclées dans les blockbusters Marvel (respectivement dans la peau de Hulk et Gamora). Leur jeu plein de douceur est le meilleur argument du film pour son traitement léger et sans pathos de ce sujet qui aurait pu être grave. La mise en scène est elle-aussi très réussie dans le sens où sa multiplication de scènes aux allures de films de famille tournés en 8mm, accentue la dimension intimiste de cette histoire de famille.
Daddy Cool est un petit film remarquable dans la façon dont il est réalisé, avec une volonté de se confier sans que jamais sa réalisatrice ne cherche à susciter l’apitoiement. Alors qu’elle aurait pu en faire un exutoire mélodramatique, la réalisatrice a transformé des moments de sa jeunesse visiblement compliqué en un long-métrage attendrissant et plein d’humour. Un processus cinématographique des plus dignes et respectables.
Daddy Cool: Bande-annonce
Daddy Cool : Fiche Technique
Réalisation: Maya Forbes
Scénario: Maya Forbes
Interprétation: Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide…
Image: Bobby Bukowski
Décor: Jennifer Engel
Costume: Kasia Walicka-Maimone
Montage: Michael R. Miller
Producteurs: Sam Bisbee, Bingo Gubelmann, Benji Kohn, Galt Niederhoffe, Wallace Wolodarsky
Production: Paper Street Films, KGB Films, Picture Park, Bad Robot
Distributeur: Bac Films
Genre: Emotions
Durée: 1h30
Date de sortie: 8 juillet 2015
Présenté dans la catégorie « Un Certain Regard à Cannes », Les Elues est un second film aux prises avec le réel. On y suit le parcours de la jeune Sofia, 14 ans, dont le destin va basculer peu à peu dans l’horreur.
Le réalisateur s’est inspiré d’un quotidien qu’il connaît bien, celui de sa ville d’origine, la mexicaine Tijuana. Au-delà de ce que l’on connaît de son folklore et de ses trafics de drogues en tous genres, le Mexique n’est ici pas en reste côté prostitutions et vies volées à de très jeunes filles. Ces élues sont d’un autre genre que les héroïnes auxquelles on pouvait s’attendre. Et pour cause, elles n’ont aucune influence sur leur destin qu’un simple flirt d’ado vient transformer en prison. David Pablos filme la jeunesse, sa chute, mais aussi une certaine poésie dans les visages et les corps, une poésie qui peut vite virer au cauchemar. La jeune Sofia a le visage d’un ange, un rire déployé. Quand on la rencontre, elle s’apprête à vivre sa première fois avec un petit ami visiblement peu habile, qui la fait rire. Première fois avortée donc, mais vite balayée par des scènes de joie. Quand Sofia rentre chez elle, c’est pour s’occuper d’un adorable petit frère avant que sa mère, un peu dépassée par les événements, ne rentre à la maison.
Prises au piège
Au premier abord, David Pablos filme une banale romance adolescente, jusqu’au jour où Ulises, le bien nommé, rentre chez lui avec sa prétendante. Voilà qu’il s’assombrit alors qu’autour de lui, son père comme son frère redoublent de gentillesse pour la jeune Sofia. Scène à priori anodine d’un repas en famille. Pourtant, très vite Sofia va comprendre pourquoi son petit ami est devenu si sombre. La voilà élue pour être enfermée dans un bordel, arrachée à sa famille. La fuite n’y change rien. Personne ne rentre chez soi, pas d’heureux voyage ici, juste une romance mensongère. Dès lors, ce sont les rituels aussi routiniers que cruels d’un bordel peuplé de jeunes filles que filme David Pablos. On les voit transformer leurs corps en le maquillant, en se parant de vêtements « vulgaires » et se préparant à être choisies par des hommes aux désirs inassouvis. David Pablos suit avant tout le destin de Sofia, mais ne ménage pas non plus les présentations des autres occupantes, malgré elles, de cette « maison ». Impossible de s’échapper, même quand un bon samaritain tente de vous venir en aide. Ce n’est qu’en rêve que Sofia s’enfuit sans ombrage. La voilà donc obligée cette fois de vendre son corps. Plus de rires. Le réalisateur ne montre pas le sexe, il le fait entendre. On voit les corps des hommes nus, jamais celui de Sofia. Pendant les actes supposés, il la filme immobile, gros plan sur son visage impassible, immaculé. En fond sonore, la jouissance des hommes. Ce dispositif renforce l’aspect dérangeant que Pablos veut donner à son film. L’imagination faisant bien mieux son travail que les images.
Mais la force du film est qu’il propose une relecture de ses premières images à priori idylliques. Car pour faire sortir Sofia, dont il est tombé amoureux, Ulises doit séduire une autre jeune fille pour la remplacer. C’est alors que Pablos filme de nouveau le flirt, avec les mêmes images qu’au début, de la candeur au repas mis en scène par le père. On est glacés de voir à quel point le piège se referme à nouveau sur une toute jeune fille. Conscients de ce qui va se passer et de la cruauté de ce qui nous est montré à l’apparence si inoffensive. C’est surtout le visage de ces jeunes filles que le réalisateur capte, transcende, poétise. Il en fait des héroïnes empoisonnés par un mensonge : le premier amour. Les voilà corrompues avant même d’avoir vécu. Il ne se détache ainsi presque jamais du visage de Sofia et sa liberté, jamais elle ne la retrouvera, même hors les murs. Un constat glaçant, porté par une mise en scène solide et un sens aigu du regard du spectateur, sans cesse amener à revivre le drame. Quant à Ulises, il ne quittera jamais sa terre, épris d’une fille déjà détruite, appât d’une situation qui le dépasse et dans laquelle il joue pourtant le rôle principal…
Synopsis : Sofia, 14 ans, est amoureuse d’Ulises. A cause de lui, et malgré lui, elle devient la proie d’un réseau de prostitution. Pour l’en sortir, Ulises devra lui trouver une remplaçante…
Les Élues : Bande annonce
Fiche technique – Les Élues /Las Elegidas
Réalisateur : David Pablos
Scénario : David Pablos
Interprètes : Nancy Talamantes, Oscar Torres, Leidi Gutiérrez, José Santillán Cabuto
Directeur de la photographie : Carolina Costa
Production : Canana Films
Distributeur : ARP Sélection Date de sortie : NR
Festival de Télévision de Monte-Carlo 2015 : Cérémonie d’ouverture
Du 13 au 18 Juin 2015, se déroule le 55ème Festival de Télévision de Monte-Carlo, qui a la réputation d’être l’un des plus importants dans le monde de l’audiovisuel. En effet, ce Festival si prestigieux dans cette principauté luxuriante à tout point de vue, accueille chaque année les stars internationales de la télévision. Ainsi, cet événement fait de Monaco une place incontournable dans le Septième art, et représente sans hésitation l’événement le plus glamour de la principauté. Le Prince Albert II de Monaco, président d’honneur officiel, tient en fait à affirmer encore un peu plus le Rocher comme étant une place internationale, avec notamment deux milles invités venant des quatre coins du monde, pour la cérémonie de remise des Nymphes d’Or. Cet événement peut également être perçu comme une opportunité pour la principauté de promouvoir son ouverture culturelle.
Ce Festival vise également à récompenser les plus grandes réussites télévisuelles de l’année, émissions ou encore séries internationales sont ainsi représentées. C’est aussi l’occasion un mois seulement, après le Festival de Cannes de continuer de profiter des stars de l’audiovisuel. De ce fait, pour satisfaire une large audience, cet événement propose des rencontres avec les plus grandes vedettes américaines, avec notamment Ron Perlman ou encore Patricia Arquette actrice brillante notamment dans Boyhood, etLost Highway.
Participer à ce Festival est aussi une chance de pouvoir assister à une multitude d’activités telles que, des séries en avant premières, des présentations de programmes exclusifs, des conférences, des débats avec des acteurs majeurs de l’audiovisuel et évidemment les séances de dédicaces pour pouvoir communiquer ou échanger avec nos acteurs et actrices favoris.
Par ailleurs, on constate que le Festival a voulu prendre une dimension supplémentaire cette année en ajoutant des activités professionnelles, avec deux journées de conférences dirigées par des experts internationaux de l’audiovisuel qui définiront notamment les nouvelles tendances du marché. Le premier événement majeur, de ce Festival de la Télévision est la traditionnelle cérémonie d’ouverture qui à l’image du développement de Monaco a été une très grande réussite. Il est important notamment de louer la très bonne organisation de l’événement à tout point de vue et notamment en termes d’accessibilité pour les stars, les services de presse et également pour les fans inconditionnés. Tout était mis en œuvre pour que cette entrée en matière se passe de la meilleure des manières. Les fans ont été comblés, la plupart des stars majeures de ce Festival étaient présentes pour l’ouverture de cette cérémonie, avec notamment certaines personnalités du jury telle que Eric Close en tant que président du comité du jury. De plus, le public était clairement au rendez-vous avec des personnes qui attendaient depuis de longues heures pour pouvoir avoir la chance d’obtenir le meilleur cliché ou un éventuel orthographe de leurs « idoles ».
Par la suite, une fois avoir franchi le prestigieux tapis rouge de ce Festival, on entre rapidement dans l’enceinte du Grimaldi Forum où une salle digne du standard monégasque attend un public composé majoritairement de stars actuelles du monde de l’audiovisuel.
Par ailleurs, on distingue également une forte présence de monégasques qui semblent être fiers de cet événement et qu’ils ne souhaiteraient manquer sous aucun prétexte.
Au lancement de cette cérémonie, on se plonge littéralement dans une atmosphère prestigieuse où l’on ressent une réelle fierté de pouvoir assister à un tel événement. Une organisation parfaite, orchestrée notamment par l’excellence présentatrice, Génie Godula qui est parvenue à créer un réel dynamise et une véritable communion avec la salle.
L’une des raisons de ce succès est notamment la très bonne mise en scène de cette Cérémonie d’Ouverture. En partant d’un résumé court mais efficace de ce que représente ce Festival, puis par un accueil triomphal des juges qui étaient composés en grande majorité d’américains et de francophones.
Par la suite, l’atmosphère a atteint son paroxysme lorsque laPrincesse Charlène elle-même a lancée officiellement ce 55ème Festival de la Télévision de Monte-Carlo. Des mots justes, et un discours très sincère où l’on discernait clairement l’importance de ce Festival. A la fois pour récompenser les acteurs, actrices et producteurs méritants et également la joie de pouvoir organiser un tel événement depuis 55 ans dans la principauté.
S’en est suivit la première remise de récompenses officielles du Jury du Festival avec l’attribution du Nymphe de Crystal à Patricia Arquette, pour mettre en valeur une carrière fantastique notamment par l’intermédiaire d’une rétro des passages cultes de l’actrice. On sentait vraiment, cette joie d’avoir l’occasion d’être récompensée non pas seulement pour ses performances en tant qu’actrice, mais pour sa carrière en générale, comme si elle affirmait encore un peu plus son statut de star.
Enfin, dans la deuxième partie de la cérémonie, la présentatrice a dans un premier temps introduit les acteurs principaux Terrence Howard, Taraji Hnson, et le réalisateur de la série Empire, encore inconnue en France et qui connait actuellement un succès tonitruant aux Etats-Unis comme en témoigne sa moyenne de 8,2 sur IMDB. La présentatrice a ensuite interviewé ces acteurs, et le réalisateur de cette série dans une atmosphère très conviviale, avec une réelle synergie avec le public. Par la suite, le Festival a offert une avant première de cette série, qui risque de connaître également un grand succès en France. On discerne notamment, un souffle nouveau au travers de Empire, qui a une approche très innovante avec une capacité notamment de jouer sur la musique Hip Hop pour créer un dynamisme inédit. Cette série semble également être riche en thématique, en traitant notamment, la cause Afro-Américaine, la lutte des classes sociales, l’homosexualité ou encore la vision du succès, le tout orchestré par une musique fantastique qui a été notamment appréciée par toutes les générations présentes durant la cérémonie. Ainsi, on peut définitivement affirmer le lancement de ce 55ème Festival de Télévision de Monte-Carlo notamment avec cette superbe soirée qui nourrit de très grands espoirs pour la suite du déroulement du Festival.
Cérémonie d’Ouverture 55è Festival de Télévision de Monte-Carlo
Etre un geek dans le quartier chaud d’Inglewood de Los Angeles, est à première vue, une anomalie. Elle porte le prénom de Malcom (Shameik Moore), un génie, fan de la culture hip-hop des années 90 et rêvant d’Harvard. Il est accompagné de Diggy (Kiersey Clemons); assumant fièrement son homosexualité; et Jib (Tony Revolori); revendiquant ses 14% d’origine afro-américaine. Un trio constamment malmené dans les couloirs du collège, ou dans les rues. Ils ne sont affiliés à aucun gang et doivent faire preuve d’ingéniosité pour esquiver les diverses tentatives d’intimidations. Mais il n’est pas évident de passer inaperçu quand on s’habille avec des couleurs fluo, tout en étant; comme Malcom; affublé d’une afro, que n’aurait pas renié Christopher Reid de Kid’N’Play, ou plus récemment Iman Shumpert des Cleveland Cavaliers. Malcom a un autre rêve, elle s’appelle Nakia (Zöe Kravitz), aussi convoité par un caïd du coin, Dom (Rakim Mayers aka Asap Rocky). Les événements vont mettre en relation ces personnages et chambouler leurs futurs.
Le titre du film a diverses consonances, on pense à la dope, cette poudre blanche qui pollue les rues et esprits, mais aussi synonyme de cool, de stylé et autres adjectifs positifs. C’est un peu tout cela à la fois, on retrouve chacune de ses appellations au cours du récit. Teen Movie, critique sociale, hommage aux années 90 ou film d’apprentissage, Dope est un peu tout cela à la fois. C’est surtout un long-métrage à l’énergie communicative par le biais d’une bande originale hip-hop tout droit sorti des 90’s, collant parfaitement aux plans, comme à l’action. Durant près de deux heures, le réalisateur Rick Famuyiva, va enchaîner les scènes inoubliables et nous mettre dans un état d’euphorie fort agréable. Si le ton est au premier abord léger et la trame classique, il va jouer avec les clichés en les détournant, grâce à un montage ingénieux. Les embrouilles sont tournées en dérision, pour démontrer le ridicule de la situation, souvent causé par un mot ou un regard. Bien sur, il ne fait pas abstraction de la mort, qui peut frapper à tout moment et parfois un innocent, mais il ne dramatise jamais les faits. Le but n’est pas de pointer la misère ou la violence de la rue, mais de donner de l’espoir, à travers le personnage de Malcom.
La réussite sociale dans ces quartiers, ne semble pouvoir passer que par le sport ou le rap, mais les élus sont rares et beaucoup restent sur le quai, passant leurs vies à ressasser leurs regrets et leurs rêves de gloire. Mais ce n’est pas la seule issue, il y a aussi les études pour accéder à un emploi plus valorisant pour l’estime de soi. Certes Malcom est élevé par sa mère célibataire Lisa Hayes (Kimberly Elise), il n’a pas vraiment connu son père, ce qui fait apparemment de lui un cliché. Mais c’est aussi une réalité, le réalisateur n’est pas là pour nous livrer une histoire à la Walt Disney. Mais il démontre aussi, que la réussite est possible, malgré les obstacles. Même s’il est difficile de résister à l’appel de la rue, à l’argent facile, notre trio à choisit une autre voie, en mettant à profit leurs facultés intellectuelles, au risque d’être des marginaux pris pour cibles, par ceux qui ont fait des rues, leur royaume.
Rick Famuyiwa est un réalisateur de 41 ans, il a grandi dans les années 90, durant l’âge d’or du hip-hop. Cela se ressent à travers les références culturelles et clins d’œil, que l’on retrouve dans les dialogues ou musicalement. Il y a de la nostalgie dans ses plans et ses personnages. Le prénom Malcom n’est pas dû au hasard, il se réfère à l’acteur Malcom Jamal-Warner de la série Cosby Show, qui a connu un immense succès en mettant en scène une famille afro-américaine, ou les parents sont médecin et avocat. Mais aussi à Malcom X, un homme controversé par ses prises de positions extrêmes en dénonçant les crimes et la ségrégation raciale des états-unis envers la communauté noire. Mais il fait aussi allusion à celui incarner par Frankie Muniz dans la série Malcom, lui aussi étant un génie. On retrouve des traits de caractère de chacun d’eux, dans diverses situations et dans un discours surprenant, qui prend à contre-pied, la légèreté apparente du film, en délivrant un message digne de Malcom X et Martin Luther King Jr. Mais le récit est bien ancré dans notre époque, par le biais des réseaux sociaux et la présence aux génériques de deux rappeurs contemporains : Asap Rocky et Tyga. Le délit de faciès, le jugement sur les apparences, sur le fait d’être noir dans une société, stigmatisant cette couleur de peau en ne sachant pas en faire abstraction, est pointé du doigt, avec subtilité, à l’image du génie de Malcom.
Shameik Moore est la grande révélation du film, tant il illumine le long-métrage de par son charisme. On a déjà pu apercevoir Kiersey Clemons dans la série Transparent. Elle confirme son talent, comme Tony Revolori vu dans le fabuleuxThe Grand Budapest Hotelde Wes Anderson. Il en va de même pour Zöé Kravitz, devenant une actrice de plus en plus incontournable, comme on a pu le constater cette année dans Good Killet Mad Max : Fury Road. On notera aussi que ces deux actrices ont des faux airs de Lisa Bonet, elle aussi étant présente dans la série Cosby Show. Blake Anderson de la série Workaholics est aussi de la partie, permettant de jouer avec le mot N-Word, en étant le quota blanc du film. Au passage George Bush en prend une, pour l’ensemble de son oeuvre, ce qui est toujours jouissif.
On passe un pur moment de plaisir en suivant ces personnages, tous aussi attachants, que talentueux. Le film donne le sourire dès le début et on ressort de la séance, avec une joie non dissimulée, tant le réalisateur a su nous l’a communiqué à travers ses images et la musique, jusqu’à un générique final d’anthologie.
Synopsis : Malcom fait tout pour survivre dans un quartier chaud de Los Angeles, jonglant entre inscriptions et entretiens pour entrer à l’université. Une invitation à une soirée underground va l’entrainer dans une aventure qui pourrait bien le faire passer du statut de « geek » à celui de mec cool, un « dope », pour finalement être lui-même.
Dope, de Rick Famuyiwa : Trailer
Dope : Fiche technique
USA – 2015
Réalisation : Rick Famuyiwa
Scénario : Rick Famuyiwa
Distribution : Shameik Moore, Kiersey Clemons,Tony Revolori, Keith Stanfield, Zoë Kravitz, Forest Whitaker, Blake Anderson, Rick Fox, Chanel Iman, Kimberly Elise, Rakim Mayers et Tyga
Musique : Germaine Franco
Photographie : Rachel Morrison
Décors : Christine Eyer
Montage : Lee Haugen
Production : Nina Yang Bongiovi, Forest Whitaker, Mimi Valdes, Caron Veazey, Rick Famuyiwa et Pharrell Williams
Sociétés de production : Forest Whitaker’s Significant Productions, IamOTHER Entertainment, Revolt Films et That’s Dope
Sociétés de distribution : Open Road Films
Genre : Comédie dramatique
Durée : 115 minutes
Date de sortie : NR
Une histoire hallucinante mais réelle
L’histoire en elle-même peut sembler être une mauvaise blague. Comment un seul homme réussit-il à s’emparer d’une ville pour en faire son QG en à peine 3 mois ? C’est-ce qu’on voulu montrer les deux réalisateurs de Welcome to Leith. Après la lecture d’un article dans le New York Times qui en parlait, Michael Beach Nichols et Christopher K. Walker se sont intéressés à l’évènement afin de le traiter et d’en parler objectivement.
Le tournage du documentaire a commencé en Octobre 2013, soit trois mois après l’installation de Craig Cobb à Leith. La première partie du film marque sa prise de pouvoir progressive et menaçante au sein de la petite communauté. Au début très discret, Craig achète plusieurs terrains et habitations, qu’il revend ensuite à la NSM (Mouvement National-Socialiste Américain) et à ses membres du parti afin qu’ils s’installent à Leith. Imposant leur idéaux radicaux, ils n’hésitent pas à manifester un intérêt pour la politique de la ville afin de mieux la contrôler. Ainsi marque le début de l’horreur pour Leith et ses habitants.
Le documentaire revêt lui-même des allures de films d’horreur avec un décor proche des villes apocalyptiques de The Walking Dead. La réalisation du film joue sur cette tension prête à imploser dans ce théâtre de haine et de violence palpable. Entre témoignages des habitants traumatisés tel un documentaire classique, et réelle insertion dans leur intimité au quotidien, le documentaire prend suffisamment de profondeur pour éveiller de l’empathie auprès du spectateur.
Le film reste tout de même objectif en parvenant à faire témoigner Craig Cobb (Non sans avoir d’abord fait des tests pour s’assurer de la « pureté » de sang des réalisateurs.) et d’autres membres du NSM. Témoins de leur position, qu’ils s’accordent à affirmer être légale grâce au premier amendement américain, on reste horrifié de la facilité avec laquelle ils ont pu exercer leur propagande antisémite.
Jusqu’où va la liberté d’expression ?
Tout part de ce droit immuable dont les américains sont fiers, mais qui présente avec cet exemple, une faille indéniable. Craig Cobb est un homme intelligent qui a réussi à contourner les lois pour mieux harceler et faire pression sur ceux qu’ils considéraient comme une menace. Certes, tout citoyen américain a le droit de défendre ses opinions tant qu’il ne blesse personne. Mais on parle là tout de même de groupes racistes, se cachant derrière leur droit d’expression pour mieux propager leurs idées haineuses et belliqueuses. Ne devrait-on alors pas imposer une nouvelle limite à cette liberté d’expression ? C’est le débat que voudrait susciter le documentaire en montrant l’exemple de Cobb et sa liberté d’agissement.
Malheureusement pour le rythme du documentaire, la partie sur le procès s’éternise. On assiste également au manque de justice de cette affaire avec la libération de Cobb et ses complices. Loin de se repentir de ses actions, Cobb a en parti accepté de participer au documentaire pour défendre fièrement ses idéaux tel un outil de propagande. Persuadé que son exemple sera poursuivit par d’autres, il prend cette histoire non pas comme un échec mais une victoire.
Bienvenue à Leith, la vie d’après
Suite à l’expulsion de Craig Cobb, les habitants de cette ville sans histoire, autrefois tranquilles, se remettent peu à peu de la violence vécue. Aujourd’hui encore, des terrains de la ville appartiennent au NSM, tel la menace silencieuse de leur retour. Craig Cobb vit actuellement dans une autre petite ville du même gabarit que Leith, et n’a pas fini de faire parler de lui. L’intérêt du documentaire est d’éveiller les foules et combattre ce genre de pressions xénophobes qui agissent tacitement et dont la légalité doit être remise en cause. Pas si objectif que ça le documentaire montre souvent l’aspect ridicule que peut avoir Craig Cobb dans son orgueil démesuré, le film réussit tout de même à faire susciter dégout et l’effroi face à cet évènement et pour ceci il mérite d’être salué.
Synopsis : Leith, petite ville isolée de 25 habitants dans le Dakota du Nord, passe en quelques mois sous le contrôle d’un seul homme : Craig Cobb. Représentant actif de la « Suprématie blanche », il tente d’installer une communauté de fidèles à sa cause en toute légalité, et sous les yeux horrifiés des habitants. Welcome to Leith s’empare donc de cet évènement peu croyable afin d’avertir le public de la menace de groupes terroristes radicaux qui sévissent librement aux Etats Unis.
Bande annonce du film Welcome to Leith :
Welcome to Leith – Fiche technique :
Titre original : Welcome to Leith
Date de sortie : 12 juin 2015
Nationalité : Américaine
Réalisation : Michael Beach Nichols, Christopher K. Walker
Scénario : Michael Beach Nichols, Christopher K. Walker
Montage : Michael Beach Nichols
Production : Jenner Furst, Joey Carey, Joshua Woltermann
Sociétés de production : Lions Gate Film.
Sociétés de distribution : Lions Gate Film.
Budget : NR
Genre : Documentaire, Thriller.
Durée : 86 mins
Récompense(s) : NR
En 2015, les années 80-90 ont vraiment la cote et il y a une volonté générale de rechercher à tout prix ce charme d’antan qui a vu naître l’âge d’or des blockbusters en mélangeant spectacle visuel abouti et maîtrise d’écriture. Un savoir-faire qui s’est un peu perdu avec les années qui ont vu les films à gros budgets devenir calibrés et fades notamment avec l’émergence des films de super-héros et ce malgré quelques belles fulgurances. Et cette année, cette volonté de replonger dans le passé vient de causer la multiplication de remakes/reboots/suites qui devraient marquer le cinéma pour les années à venir. Mais cette tendance est-elle une bonne chose ? Arrivera-t-elle à réactualiser le charme à l’ancienne tout en proposant quelque chose de nouveau et respectueux des origines ? Après la fabuleuse réussite qu’étaitMad Max Fury Road, on est en droit de rêver. Mais avant Terminator, Star Wars & Co, qu’en est-il de l’héritage du mythique Jurassic Park ?
La saga avait déjà été un peu maltraitée avec un deuxième opus moins maîtrisé que son aîné mais qui restait malgré tout réussi grâce à des belles intentions de mise en scène. Ensuite l’ensemble s’était un peu égaré avec un troisième film relativement moyen qui était en contradiction avec les deux autres opus, surtout dans la caractérisation des personnages. Il disposait quand même d’une ou deux excellentes séquences (celle de la volière en particulier). Alors qu’en est-il de ce nouveau film qui vient faire suite au premier opus (sans pour autant renier les autres) plus de 20 ans après ? Et bien ce Jurassic World est tout simplement le moins réussi de la saga, se révélant encore plus décevant que le troisième opus qui l’était déjà. Le film loupe toute ses intentions de base, qui pourtant n’étaient pas mauvaises, en voulant absolument s’ériger en film hommage, il oubli de créer sa propre mythologie et de fonctionner en tant qu’œuvre à part entière. On a un peu l’image d’un gosse hyperactif qui court dans tous les sens mais sans cesser de regarder en arrière et, ne regardant pas où il va, se prend tous les obstacles sur son chemin et se ramasse lamentablement. Pour autant il continue de se relever et poursuit sa course effrénée, ce qui d’une certaine manière est honorable.
Après les intentions sont bonnes et même certaines idées sont bien trouvées comme par exemple le traitement fait au « dressage » de raptor qui se montre moins ridicule que prévu et plutôt bien géré, même si le final vient un peu casser tout ça. Malheureusement l’écriture se montre particulièrement faible. La narration tout d’abord est bancale et trop verbeuse, le film met beaucoup trop de temps à se lancer à cause de blabla inutiles, là où Spielberg se contentait de nous montrer les enjeux avec brio en se passant d’exposition pompeuse. Ici la première heure se fait vraiment trop pénible en partie car elle se repose sur des personnages inintéressants et mal caractérisés. Ensuite aucun d’entre eux n’est attachants ou charismatiques à l’image d’un héros très fade qui fait ersatz beauf d’Indiana Jones, des adolescents stupides et têtes à claques (après cela a toujours été la faiblesse de la saga) et des personnages féminins relativement mal exploités. Sans parler aussi d’un méchant caricatural qui n’a pas sa place dans le film et d’un personnage qui revient du premier film mais où sa psychologie à totalement été remaniée et cela ne lui va pas une seconde. Faisant par ailleurs une grosse insulte au premier film. Aucun des personnages n’a vraiment d’incidence sur le récit, ils ne sont que spectateurs et chacune de leurs tentatives se soldent par des échecs faisant des dinosaures les seuls « personnages » d’intérêts du film. Cela fait que l’on est déconnecté du film qui n’a finalement rien à offrir sur le plan narratif. Même dans ses tentatives méta, avec un message sur la jeunesse qui ne s’émerveille plus et qui à toujours besoin de plus que ce qu’on ne lui offre cela manque cruellement de subtilité et d’intelligence d’écriture.
Par-dessus ça même les acteurs peinent à faire croire au récit notamment Chris Pratt qui devient ici la caricature de lui-même, il n’a jamais été habitué au rôle finement écrit mais là où ça servait bien le film dans Guardians of the Galaxy, ici c’est en total décalage allant même jusqu’à déjouer tout enjeux dramatiques. Car à trop faire son show en essayant d’amuser la galerie il devient un clown qui n’a pas sa place dans le film et il cabotine beaucoup trop enlevant toute crédibilité à son personnage. Après le reste du casting n’est pas non plus des plus convaincants mais arrive néanmoins à faire le job comme Bryce Dallas Howard, l’atout du film, qui arrive à faire croire à l’entreprise malgré le mauvais traitement de son personnage. Ensuite Omar Sy est inutile, personne ne l’écoute et au final tout le monde s’en fout, notre acteur national méritait mieux pour le coup, tandis que Vincent D’Onofrio s’amuse comme un gosse et joue à fond la caricature.
Ensuite là où on attend vraiment le film c’est sur sa mise en scène et son aspect technique, ce qui faisait la force de son aîné mais ici sans être mauvais ce n’est pas à la hauteur de l’héritage de la saga. Les effets spéciaux sont parfois ratés et manquent cruellement d’âmemais le montage se montre plutôt efficace assurant un rythme soutenu au film et empêchant tout ennuie surtout dans la deuxième partie du film. Tandis que le score musical de Michael Giacchino est assez inspiré même si il réexploite maladroitement le thème culte de John Williams. La mise en scène de Colin Trevorrow quant à elle se montre plutôt maîtrisée mais elle manque singulièrement de caractère. Elle est spectaculaire mais jamais mémorable, aucunes séquences ne marquent les esprits et l’ensemble se révèle assez fade à cause de cela, surtout qu’il y a un manque flagrant d’émotions. Sur ce plan une seule scène se montre efficace et bien fichue, c’est la seule qui implique un animatronique et qui arrive à toucher du doigt l’essence du film d’origine. Qu’on se le dise, c’est la meilleure scène du film. Après celui-ci cumule les placements de produits foireux et se perd dans un final aberrant et ridicule dans son principe comme dans sa manière d’être filmé qui non seulement se montre grossière, avec des plans iconiques sortis d’un mauvais nanar (les plans de fin sont nullissimes) et des facilités narratives agaçantes en utilisant pas un mais trois Deus Ex Machina, mais qui en plus renies toute les bonnes idées que le film avait réussi à mettre en place.
En conclusion Jurassic World est un mauvais film car non seulement il ne sait pas gérer l’héritage de la saga et ainsi le renouveler mais en plus il est tout ce que le premier film n’a jamais été échouant lamentablement dans son hommage. C’est même une oeuvre qui est parfois schizophrène en dénonçant dans son message ce qu’il s’empresse allègrement de faire tout de suite après, un peu dans le style « faite ce que je dis mais pas ce que je fais », ce qui souligne une certaine mauvaise fois dans le principe du film (il critique le « too much » mais s’y plonge allègrement). Il rabâche sans cesse que c’était mieux avant mais au lieu de s’imprégner des qualités de son ancêtre et de les remodeler à notre époque il préfère se complaire dans les poncifs actuels et crée ainsi un décalage avec ce qu’il veut faire. Il cite son aîné sans jamais vraiment le comprendre et ne parvient pas à ériger sa propre voie. Après il est vrai que l’on ne s’ennuie pas devant le spectacle mais ce n’est pas pour autant qu’il est réussi car malgré ses bonnes intentions et ses quelques bonnes idées, celui-ci est mal écrit, bancalement interprété et il manque d’âme. On ne frissonne plus comme on l’avait fait par le passé ou comme nous avait fait frissonner le nouveau Mad Max, en espérant qu’il ne soit pas une exception et que le renouveau des sagas venue du passé soit plus réussi que ce que nous à offert ce Jurassic World.
Synopsis: L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.
Jurassic World / Bande-Annonce Officielle
Jurassic World : Fiche Technique
États-Unis – 2015
Réalisation: Colin Trevorrow
Scénario: Rick Jaffa, Amanda Silver, Derek Connolly, Colin Trevorrow
d’après: les personnages de: Michael Crichton
Interprétation: Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson, Ty Simpkins, B.D. Wong, Judy Greer, Irrfan Khan, Vincent D’Onofrio, Omar Sy
Image: John Schwartzman
Montage: Kevin Stitt
Musique: Michael Giacchino
Producteur: Frank Marshall, Patrick Crowley, Steven Spielberg
Production: Universal Pictures, Amblin Entertainment, Legendary Pictures
Distributeur: Universal Pictures International France
Date de sortie: 10 juin 2015
Durée: 2h05
Un spin off pour le Surfer d’Argent : les discussions reprennent !
La dernière fois que le Surfer d’Argent apparaissait sur grand écran, il servait de méchant dans Les Quatre Fantastiques et le Surfer d’Argent et bien que la fin du film laissât une marge quant au retour de la sentinelle, cette suite avait été abandonnée par la 20th Century Fox. Tandis que la saga des Quatre Fantastiques continue, nous avions déjà failli voir le Surfer d’Argent voler dans son propre spin off en 2009. Un film en solo qui inspire la Fox depuis quelques années et dont le scénario de J. Michael Straczynski (scénariste de Sense8, Underworld : nouvelle ère, Thor) lui-même a été ressorti récemment.
Interrogé par Comicbook.com le 11 juin à propos d’un film sur le Surfer d’Argent, Doug Jones, qui jouait le personnage physique de la Sentinelle dans Les Quatre Fantastiques (Laurence Fishburne avait prêté sa voix), a révélé qu’un scénario avait bel et bien été écrit pour ce film.
« D’après ce que j’ai compris, il y a une partie de l’accord à trois qui n’a jamais abouti. J. Michael Straczynski avait écrit un scénario pour le spin off et quelque chose s’est passée avec le script. Après ça, j’ai perdu le fil et je n’en sais pas plus. Je n’ai jamais vu le scénario. Je ne l’ai jamais lu. J’ai juste entendu qu’il avait été écrit et j’ai pensé que si J. Michael le faisait ce serait génial… Et puis, la discussion s’était arrêtée là mais, récemment, elle vient de reprendre alors : Taa daa ! », a déclaré l’acteur.
Avec Straczynski en scénariste, le solo du Surfer d’Argent est entre de bonnes mains ! Toutefois, ce n’est pas la première tentative pour un Surfer d’Argent. En 1999, le réalisateur James Gunn avait été contacté par la Fox pour reprendre l’histoire de la « Sentinelle de l’Univers » mais le projet n’avait pas abouti. En 2009, le scénario écrit par Straczynski n’était pas retenu en raison du flop des deux derniers films de la saga des Quatre Fantastiques. Cette année-là, le scénariste avait expliqué :
« Qu’est-ce-qui se passe quand un Quatre Fantastiques 2 n’est pas aussi bien fait qu’il le devrait ? Eh bien, ils remettent en question le film du Surfeur d’Argent. Le scénario que j’ai écrit reprend là où ils se sont arrêtés dans le Quatre Fantastiques 2, alors s’ils font un film sur le Surfeur d’Argent, ça devra être différent. (…) C’est vraiment une histoire pour adultes. Je voulais raconter les origines du Surfeur et le mettre dans un tout. »
Le grand moment serait-il enfin arrivé pour la Sentinelle ? De son côté, Doug Jones a admis dans son interview qu’il sauterait sur l’occasion de jouer de nouveau le Surfer d’Argent. Affaire à suivre…
Gren Wells, la réalisatrice, figure dans la liste établie par Variety des dix cinéastes les plus prometteurs. Le long métrage a remporté le Prix du Meilleur Film au Festival de Rome en 2014 où il a été présenté en avant-première mondiale.
Alors que le synopsis promet un road trip assez simpliste, aux ordonnances comiques, le film met à nu trois maladies sérieuses figurées par trois acteurs excellents : Zoe Kravitz (Divergente, Mad Max) en anorexique aux cheveux violets, Dev Patel (Slumdog Millionnaire, Skins) souffrant de TOC et enfin Daniel Sheehan (Misfits) qui interprète Vincent, atteint du syndrome de la Tourette. Une maladie dont le sujet est sensible car rarement pris au sérieux dans les films, mais au contraire, habituellement dépeinte de manière risible. Ici, encore, l’intention de la réalisatrice est d’opter pour une éducation des consciences via le divertissement. Mais certaines scènes peuvent choquer et à la fois faire rire, ce qui est assez déroutant.
Un Road-Trip adolescent
Le film est mis en scène comme un road trip. Vincent, qui n’a au début aucune intention de s’enfuir de l’hôpital, se laisse entrainer par la séduisante Marie en volant la voiture de leur Docteur (Kyra Sedgwick). Le voisin de chambre, Alex, se retrouve témoins de leur escapade et se fait kidnapper contre sa volonté. Ainsi, ces trois jeunes se retrouvent sur la route, et ont pour objectif d’aller en bord de mer (lieu ou Vincent pourra y jeter les cendres de sa mère).
Comme dans les road trip traditionnels, peu importe la destination, c’est le voyage qui compte. Or dans The Road Within, on assiste à l’évolution de tous ces personnages qui vont affronter leurs peurs de l’extérieur, et, au regard que portent les gens sur leur maladie. Mais le film aborde également d’autres sujets sérieux, comme le deuil, l’abandon, la volonté de vaincre une maladie …
Divertissant mais dérangeant
Drôle et mordant, par son utilisation nécessaire de vulgarités, le film est adressé avant tout à un public jeune. Il touchera d’autant plus qu’il aborde la maladie mentale, tel un gros mot interdit à prononcer. En utilisant un ton léger, il peut permettre de dédramatiser ce qui est considéré comme honteux, ainsi que sensibiliser notre regard porté sur ces maladies mentales.
Pourtant utiliser l’humour pour rendre ridicules les symptômes, et ce de manière répétée, peut aussi rendre mal à l’aise le spectateur. C’est ce qui est le plus problématique pour un film qui se veut se différencier de ce que l’on sert habituellement. Les scènes drôles sont justement celles où l’on est témoin des TOCs d’Alex ; par exemple, lorsqu’il referme cinq fois de suite la portière alors qu’ils viennent de voler; ou encore quand il stoppe la voiture à chaque nid de poule, par peur d’avoir écrasé quelqu’un. En rire ne signifie pas mieux comprendre son trouble, reproche commun que l’on pourrait faire à la série The Big Bang Theory dont l’humour repose en partie sur le comportement de Sheldon, souffrant du syndrome d’Asperger qui est une forme d’autisme. Donc au mieux, on peut ressentir de la pitié face à l’irrationalité de sa maladie, mais c’est tout.
Alors oui, ces scènes restent marrantes, mais aussi maladroites. Une preuve de plus que le mélange de sujets sérieux ou sensibles avec l’humour peut être un mauvais mélange.
Un travail d’acteurs excellents pour une réalisation gentille
Quant aux acteurs, on peut admirer leur travail pour incarner au mieux leur trouble. Notamment Daniel Sheehan qui mit six mois pour préparer son rôle et rendre vraisemblables les excès gestuels et verbaux dus à la maladie. Dev Patel avec ses gants de maniaque du propre est très touchant et Zoe Kravitz n’a de son coté presque plus rien à prouver avec son parcours sans faute et ses derniers rôles éclectiques. Gren Wells dresse un portrait, qui se veut honnête des jeunes qui combattent leur maladies mentales, que ce soit des symptômes physiques (troubles alimentaires et addictions) et/ou mentaux (dépressions et syndromes). Malgré l’humour, le film a la volonté d’être sérieux. Il le sera essentiellement pour un public jeune. Dommage que le film se réconforte dans la comédie au détriment du sérieux souhaité. Par moment, on ressent qu’il est un peu trop poussé dans le tragique ou l’émotif, pour se rendre plus sérieux.
Synopsis : Vincent (Daniel Sheehan), atteint du syndrome de la Tourette vient de perdre sa mère. Son père, dont la carrière politique importe plus que le bien être de son fils envoie celui-ci en hôpital psychiatrique. Là-bas, il y fait la rencontre d’Alex (Dev Patel), son camarade de chambre souffrant de TOC, et la charmante Marie (Zoe Kravitz). Ensemble, ils s’embarquent dans un road-trip vers la Californie afin de répandre les cendres de la mère de Vincent.
The Road Within : Trailer
The Road Within : Fiche technique
Titre original : The Road Within
Date de sortie : 17 Avril 2015 (Etats-Unis)
Nationalité : Américaine
Réalisation : Gren Wells
Scénario : Gren Wells
Interprétation : Daniel Sheehan, Zoe Kravitz, Dev Patel, Robert Patrick, Kyra Sedgwick
Musique : Josh Debney, The Newton Brothers
Photographie : Christopher Baffa
Décors : NR
Montage : Terel Gibson, Gordon Antell
Production : Michael A. Helfant, Robert Stein, Brent Emery
Sociétés de production : Well Go USA Entertainment, Amasia Entertainment
Sociétés de distribution : Troika Pictures
Budget : NR
Genre : Comédie, drame
Durée : 101 minutes
Récompenses : Meilleur acteur dans un second rôle (Dev Patel) ; Meilleure actrice dans un second rôle (Zoë Kravitz)
Si le Brésil semble occuper une place de plus en plus imposante sur la scène économique mondiale (Puisqu’il nous précède, à la 7ème place du classement des PIB), peser de plus en plus lourd dans la balance géopolitique également ; le pays traine cependant, comme un boulet, ces indécentes inégalités qui caractérisent plus que jamais ces nations qui grandissent trop vite. En effet le plus grand pays d’Amérique du Sud pointe seulement en 59ème position en termes de PIB par habitant, un constat alarmant vis-à-vis de ses ambitions. Le Brésil, aussi connu pour ses carnavals que pour ses favelas, peine à retranscrire socialement ce que sa croissance lui rapporte. On pense évidemment aux manifestations qui ont animées le pays avant et pendant la coupe du monde de football, soulèvements qui se reproduiront, on l’imagine, pour les prochains Jeux olympiques en 2018. C’est dans ce climat que le réalisateur brésilien Fellipe Barbosa, après s’être essayé au documentaire, signe son premier long métrage. En posant sa caméra à Rio le cinéaste s’attaque à la capitale culturelle du pays, miroir d’une identité, mais surtout symbole d’un malaise. Loin du film carte postale, loin du misérabilisme également. Barbosa articule discrètement son militantisme autours d’une famille très aisée dont le père est en déroute financièrement. La maison de 1400m carrée et le jacuzzi vont de paire avec la cuisinière et le jardinier, un monde d’excès, un monde de servitude. Pour autant les frontières sont poreuses dans l’évidente dichotomie du dispositif affiché, dans le sens où la victimisation est refusée, le déterminisme nuancé. En fil conducteur : une histoire d’amour adolescente entre deux étudiants d’horizons radicalement différents, on danse dangereusement avec le cliché sur le papier, le résultat en est tout autre. On ne sait pas trop si la romance sert de justification à un discours politique en filigrane, où si elle est réellement l’objet du film. C’était sans doute l’effet escompté; comme un numéro d’équilibriste, un fil romanesque suspendu au dessus d’un océan de réalité.
Malgré la description cru du quotidien de cette famille embourgeoisée, encerclée par une misère plus suggérée qu’exposée; la caméra ne pose pas un regard malveillant sur ce père endetté, sur cette mère précieuse, sur ce fils qui est conduit à l’école par son chauffeur. Mais un regard honnête dira t-on, honnête sur les désillusions du travail, de la famille, et du cœur. En cela le film fait figure de parcours initiatique pour Jean, 17 ans, en âge de sortir de son cocon d’argent, de se confronter à une vision plus globale de la société brésilienne. Par le biais de cette jeune fille qu’il rencontre dans le bus qu’il prend pour la première fois de sa vie ; par le biais des serviteurs de sa demeure qui disparaissent au fur et à mesure que les factures s’accumulent. Le cinéaste s’adresse à tous en filmant de l’intime, du personnel, car après tout cela reste l’histoire de l’émancipation d’un gamin qui découvre l’injustice. Et sans s’apitoyer sur lui-même le film a le mérite de montrer ce qui doit l’être, on ne s’attarde pas dans le ghetto mais on y passe, et quand on pense que finalement c’est plus ou moins folklorique avec tout ces jolis murs colorés, on prend la rue suivante, et la boue recouvre tout, les pierres comme les pieds.
En distillant des débats dans le film (à l’école où à table) Barbosa interroge en parallèle ses spectateurs sur les questions sociétales qui animent réellement le pays (les quotas raciaux dans les universités par exemple), mais sans pour autant imposer une vérité, plus pour conduire vers une réflexion détachée de tout manichéisme. Et, en distribuant les torts et les raisons indépendamment ou presque de la géographie sociale, Casa Grande évite habilement de tomber, ni, dans une démagogie inefficace, ni dans un didactisme lourdaud sur la relation dominé/dominant. Tout cela lui permet une certaine légèreté de ton, dans son propos comme dans ses images. Puisqu’une tendresse flotte à la surface du film finalement, par-dessus les malentendus et la discorde, par-dessus les mensonges et la trahison. La musique et la danse, véritables patrimoines nationaux sont omniprésents, Fellipe Barbosa en fait même son cheval de Troie pour acculturer ces différents milieux, et rend visible les ponts et les fossés, qui rapprochent et séparent ce, ou ces peuples, on ne sait plus trop.
Car, évidemment, le constat demeure et demeurera ; que la misère domine, tentaculaire et venimeuse, que la ségrégation persiste. Mais le réalisateur compose avec, plutôt dignement, sans exhiber et sans cacher ; laissant évoluer ses amoureux sans laisse et sans a priori. Presque dans une optique de convergence, ou du moins de rencontre, le cinéaste brésilien entrecroise les chemins, pour lier ou délier les destins ; le tout dans cette Casa Grande, indécente parmi tant d’autre.
Synopsis: Enfant de l’élite bourgeoise de Rio de Janeiro, Jean a 17 ans. Tandis que ses parents luttent pour cacher leur banqueroute, il prend peu à peu conscience des contradictions qui rongent sa ville et sa famille.
Casa Grande : Bande-annonce
Fiche technique: Casa Grande
Sortie: 3 juin 2015
Nationalité: Brésilienne
Réalisation: Fellipe Barbosa
Scénario: Fellipe Barbosa, Karen Sztajnberg
Interprétation: Thales Cavalcanti, Marcello Novaes, Suzana Pires, Alice Melo, Bruna Amaya, Clarissa Pinheiro
Musique: Victor Camelo, Patrick Laplan
Photographie: Pedro Sotero
Production: Iafa Britz, Fernanda da Capua, Mauro Pizzo
Société de Distribution: Damned Distribution
Genre: Romance, Social
Durée: 1h54
Avant même sa sortie du film en salles, Un français faisait parler de lui comme un film polémique.
Synopsis : Dans les années 80, à Nantes, le jeune Marco Lopez s’amuse avec sa bande de skinhead à fustiger violemment les minorités. Tandis qu’il s’éloigne doucement des idéaux haineux de ses amis, Marco tente de se reconstruire mais ne réussit qu’à s’isoler.
Un buzz et un scandale mérités ?
C’est le refus de certains distributeurs d’organiser des avant-premières, par peur de réactions violentes de groupuscules d’extrême-droite qui se sentiraient visés par le film, qui a posé la question du caractère tabou de la violence raciste en France et sa représentation. Un débat d’autant plus important d’être posé que l’on a constaté, ces dernières années, que le racisme est devenu le ressort comique le plus attractif du cinéma français (les meilleurs exemples en sont Case Départ et évidemment Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu) alors que la dénonciation de la haine de l’Autre suscite toujours des remous médiatiques. La bien-pensance et l’hypocrisie du 7ème art hexagonal vis-à-vis de la question de la xénophobie risquaient donc d’être égratignées par le second film de Diastème (sept ans après Le bruit des gens autour). De quoi attirer la curiosité des cinéphiles. Et pourtant, la sortie du film s’est déroulée sans accroc, et il a été distribué dans un nombre de salles respectable pour une petite production.
Ce que nous propose le film est le parcours d’un homme que l’on découvre dans son adolescence comme un individu ultra-violent et détestable. Grâce à des plans-séquences maîtrisés, ces premières minutes réussissent à nous plonger dans les virées brutales de ce groupe de néo-nazis avec un réalisme certain et un pouvoir immersif sidérant. La poursuite de cette narration se construit en découpant la vie de Marco à grands coups d’ellipses. Le résultat d’une telle construction, qui plus d’une fois nous perd dans la temporalité des scènes, nous obligeant parfois à rechercher des repères divers et variés (allant des campagnes politiques aux émissions de télé en passant par les événements sportifs), est que le scénario ne fait que se concentrer sur les grandes étapes et événements marquants de la vie de Marco sans jamais pouvoir prendre le temps de développer en profondeur son évolution psychologique. Celle-ci nous est de fait présentée de manière factuelle, donnant au long-métrage un aspect didactique regrettable.
C’est finalement moins la volonté derédemption de Marco, argument rendu candide par son manque d’approfondissement moral, que le parcours de ses amis qui alimente le discours politique du long-métrage. Entre la séropositivité de son ami devenu héroïnomane, le meurtre d’un autre par un punk ou encore l’incarcération du plus violent de la bande après un assassinat insoutenable, la façon dont l’entourage de Marco parait condamné à disparaître donne au propos un air de nihilisme. Mais c’est surtout en voyant le leader de ces skinheads opter pour un militantisme plus policé mais non moins virulent, que Diastème s’attaque frontalement au Front National en démontrant que, derrière sa politique de dédiabolisation, le parti de Marine Le Pen reste un repère d’anciens criminels uniquement animés par la haine la plus primaire. Une démonstration un peu explicative certes mais assez efficace.
La réussite du film doit beaucoup à la prestation d’Alban Lenoir, tout aussi crédible dans ses passages rageurs que dans la retenue de la maturité. Tandis que la bande-annonce pouvait laisser craindre une réalisation aux allures de téléfilm, la qualité de l’image est une bonne surprise. La mise en scène s’accorde parfaitement à la brutalité qu’elle dénonce. Le réel problème formel est donc bien cette construction narrative ultra-découpée qui s’emploie à nous exposer des morceaux de vie plutôt que d’approfondir les choix de son personnage.
Un Français est donc une œuvre inaboutie dans le sens où elle ne réussit qu’à aborder de façon superficielle la problématique de la haine raciste alors que celle-ci aurait mérité d’être étudiée de façon plus subtile en disséquant les origines psychologique d’une telle bêtise et l’organisation de ces mouvements fachos comme avaient pu le faire, dans leur pays respectif, Made in Britain ou American History X. Pourtant, sa façon de suivre les parcours –sur plus d’un quart de siècle– d’individus méprisables parvient à nous faire comprendre le cheminement de certains membres du FN ou de la Manif pour tous.
Un français : Bande-Annonce
Un Français : Fiche Technique
Réalisation: Diastème
Scénario: Diastème
Interprétation: Alban Lenoir (Marco Lopez), Samuel Jouy (Braguette), Paul Hamy (Grand-Guy), Jeanne Rosa (Kiki), Lucie Debay (Corinne)…
Image: Philippe Guilbert
Décor: Riton Dupire-Clément
Costume: Frédéric Cambier
Son: Jean-Marie Blondel
Montage: Chantal Hymans
Producteur: Philippe Lioret, Marielle Duigou
Production: Fin Août Productions, Mars Films, France 3 Cinéma
Distributeur: Mars Films
Genre : Drame social
Durée: 1H38
Date de sortie: 10 juin 2015
Matthew Heineman, cinéaste américain, est connu pour son dernier documentaire Escape Fire présenté au Festival Sundance 2012. Cartel Land a également été présenté au Festival Sundance 2015 et y a remporté deux prix.
Synopsis : A la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis règne la terreur des cartels de la drogue, responsables de meurtres et d’enlèvements chaque année. Le documentaire suit en parallèle le combat de deux hommes contre cette menace. Au cœur du village mexicain de Michoacán, José Mireles, surnommé El Doctor, est le chef de l’Autodefensas, un mouvement citoyen contre les Chevaliers Templiers, le plus redoutable cartel de drogue de la région qui sévit depuis plusieurs années. Aux Etats-Unis, aux frontières entre le Mexique et l’Arizona, le vétéran Tim ‘Nailer’ Foley et son groupe paramilitaire Arizona Border Recon, luttent contre l’invasion de la guerre des cartels mexicains en Arizona.
La Frontière indicible entre le bien et le mal.
Dès le début, Matthew Heineman se refuse à prendre parti. L’idée de réaliser ce film lui est venue d’un article qu’il avait lu sur les groupes d’autodéfense qui se forment à la frontière entre le Mexique et l’Arizona. Le documentaire suit deux histoires en parallèle, réunies par le problème des cartels de drogue.
Du coté des Etats-Unis, la peur et la paranoïa poussent Tim Nailer à créer son propre groupe de patrouille aux frontières mexicano-americaines. Coté Mexique, c’est à travers la figure du chef, José Mireles et son groupe d’autodéfense citoyenne, que l’on fait face à une guerre réelle qui oppose villageois et cartels de drogue.
On suit alors deux points de vues avec des histoires différentes, mais réunies par un même combat. La caméra garde un point de vue d’historien, droit et centré, tout en rentrant dans l’intimité de ces deux personnages. En particulier pour José Mireles, dont la vie a été chamboulée et mise en danger par son implication dans l’Autodéfense. Tout comme a pu se questionner le réalisateur en faisant le film, comment réagirions nous si nous étions à la place de ces deux hommes ? Serions-nous, nous aussi, prêts à nous battre pour notre communauté ? Serions-nous victimes ou assoiffés de justice face à un gouvernement incapable d’assurer la sécurité ? Ainsi, le documentaire nous immerge dans la vie de ces camps pour mieux nous montrer qu’il n’est plus juste question de camps ou d’ennemis.
Le Mexique, aux portes de l’Enfer.
Ainsi, durant des mois, le réalisateur s’est immergé au cœur du problème, du côté mexicain. A travers les différents groupes d’Autodefensa, on comprend leur pouvoir grandissant mais menaçant. La limite entre justice et guérilla devient floue parmi tous les hommes armés.
Au fur et à mesure que le documentaire évolue, on se rend compte que rien n’est tout blanc ou tout noir. Un jour ces groupes sont illégaux, le lendemain ils sont soutenus par l’état. Criminels ou justiciers, leur t-shirt blanc et leur masque ne font plus la différence. C’est exactement ce que veut montrer ce documentaire, la vérité même si celle-ci s’avère difficile. Les cartels de drogue financent ces groupes d’autodéfense, donc chacun a besoin de l’autre pour exister.
Documentaire proche de la fiction.
Si le documentaire se sert des codes de la fiction, il est tout à fait réel. Loin des scénarios présentés par les médias, via les séries télé comme Breaking Bad, l’histoire des trafics de drogue est le théâtre d’une guerre invisible. A la fois sombre et perturbant, le film veut raconter l’histoire des victimes, à travers des témoignages et des images de têtes décapitées.
Une équipe restreinte a été mobilisée pour le film et c’est essentiellement Matthew Heineman qui filme tel un reporter de guerre. Même lors des scènes de fusillade ou de nuit, la caméra adopte un point de vue proche d’un film de fiction. On oublie parfois, si ce n’est grâce à des mises au point floues et des tremblements, que l’on est dans un documentaire. Un documentaire qui veut faire réagir. Le cycle de violence dépeint doit être stoppé, ou du moins être combattu. Le réalisateur est conscient que ce film va faire débat, ça en est peut être même le but ? A la question, « Comment régler ce problème des cartels de drogues? » La réponse est économique avant tout. Si le Mexique produit autant de drogue, c’est parce que les américains en demandent et en achètent. L’enjeu est politique et la part de responsabilité incombe donc aussi aux Etats-Unis.
Cartel Land sera projeté aux Etats-Unis et au Mexique en Juillet 2015, et fera sûrement parler de lui.
Bande-annonce : Cartel Land
https://www.youtube.com/watch?v=dUehTaj_Kd0
Fiche technique – Cartel Land
Titre original : Cartel Land
Date de sortie : 3 juillet 2015 (Etats-Unis)
Nationalité : Américaine, mexicaine
Réalisation : Matthew Heineman
Scénario : Matthew Heineman
Interprétation : NR
Musique : NR
Photographie : NR
Décors : NR
Montage : Matthew Heineman
Production : Tom Yellin, Matthew Heineman
Sociétés de production : Our Time Projects, The Documentary Group
Sociétés de distribution : The Orchard
Budget : NR
Genre : Documentaire, Drame, Guerre
Durée : 98 mins
Récompense(s) : NR
Crée en 2007 par l’Association Spectre, le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg (FEFFS) est de retour pour une huitième édition.
Concurrent direct au Festival de Gérardmer dans le Grand Est, le FEFFS a rapidement su s’imposer auprès des fans et devenir l’un des plus importants festivals de genre en France. Sa popularité ne cesse de s’accroître d’année en année notamment grâce à la présence d’invités de marque (Tobe Hooper, George A. Romero, etc.), des avant-premières d’exceptions (Bellflower, Take Shelter, Moon, Buried, Monsters, Rubber, Kill List, etc.), des manifestations impressionnantes (la plus grande Zombie Walk d’Europe s’y trouve) et une programmation du feu de dieu. Cette année, le festival aura lieu du 18 au 27 septembre dans le centre-ville historique de Strasbourg. Quelques infos et une première affiche ont récemment été dévoilées par l’association.
Signée par l’illustrateur Mahon, qui officie depuis le début du festival, l’affiche présente les chérubins du Village des Damnés devant la reconnaissable Cathédrale de Strasbourg. Après avoir accueilli Tobe Hooper ou George A. Romero à la présidence du Jury Long-Métrage, cela laisserait-il sous-entendre que John Carpenter puisse être présent au festival ? Ou du moins qu’une rétrospective lui soit consacrée ? Quoiqu’il en soit, cette édition du FEFFS sera sous le signe de l’enfant dans le cinéma fantastique, la thématique y est en effet intitulée « Kids in the Dark ».
La programmation y est encore inconnue mais devrait être dévoilée progressivement ces prochaines semaines. Le communiqué officiel annonce que cette huitième édition du FEFFS projetera une trentaine d’avant-premières venues du monde entier, et en présence des réalisateurs. Ajouté à cela la diffusion neuf grands classiques « rarement diffusées sur Grand Ecran » prévus dans sa rétrospective thématique.
Le FEFFS au-delà de sa programmation alléchante, c’est également une section Jeux Vidéo très complète avec une compétition de jeux vidéo indépendant (l’Indie Game Contest), des expositions et des salles de jeux. Le Village Fantastique change de destination et sera désormais Place Saint-Thomas, pour tous les amoureux du cinéma de genre. La fameuse Zombie Walk, qui chaque année voit déambuler des hordes de zombie d’un jour dans les rues de Strasbourg, aura lieu le samedi 19 septembre. Des conférences et des expositions seront également au programme. Une projection en plein air gratuite est prévue le mardi 22 septembre 2015, ce qui s’avère indispensable tant la séance de SOS Fantômes l’an passé avait été un succès, avec deux mille spectateurs.
Rappelez-vous, l’an passé un membre de la rédaction était parti couvrir tout l’événement afin de vous dénicher les perles du cinéma de genre à ne pas louper. Il nous avait rapporté dans ses bagages des souvenirs inoubliables et quelques films marquants comme les révélations A Girl Walks Home Alone at Night de Ana Lily Amirpour, What We Do in the Shadows de Jemaine Clement et Taika Waititi, White Bird de Gregg Araki, Alléluia de Fabrice du Welz, Predestination des frères Spierig ou le somptueux court métrage The Landing de Josh Tanner.
Comptez sur la rédaction de CineSeriesmag pour être à nouveau présent au festival, cette année !