Non-Stop de Jaume Collet-Serra : Critique du film

Non-Stop de Jaume Collet-Serra, 146 passagers, 146 suspects

Après « Sans identité » Liam Neeson retrouve le réalisateur (Esther, La maison de l’horreur) Jaume Collet-Serra où il interprète le rôle d’un agent de Police de l’air, Bill Marks, un policier meurtri par le décès de sa fille, alcoolique, qui embarque à bord d’un long courrier bondé de passagers, 146 plus exactement. Durant le vol, il reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et qui assure pouvoir assassiner un passager toutes les 20 minutes si on ne lui verse pas 150 millions de dollars.

Le pitch est à priori simple mais il est plutôt bien exploité, Jaume Collet-Serra construit un thriller solide, multipliant les suspects et les rebondissements. Un jeu de piste où tout le monde est suspect jusqu’au denier moment. Non-Stop est habillement mis en scène, le huis clos est mis à profit, en jouant avec la perspective et les gros plans, le réalisateur injecte une ambiance de paranoïa palpable.

Malgré un scénario comportant quelques invraisemblables, Non-Stop est un thriller bien huilé, divertissant, à la hauteur des attentes des amateurs du genre. Mise à part la pauvreté des dialogues, la réalisation reste honnête pour ce genre de film d’action. A noter, l’utilisation ingénieuse des conversations SMS.

Non-Stop est porté par un casting à la hauteur, Liam Neeson livre une bonne prestation, il incarne parfaitement l’anti-héros fatigué, au passé trouble et Julianne Moore est toujours aussi charmante.

Synopsis : Alors qu’il est en plein vol, un Marshall reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et vouloir assassiner un passager toutes les 20 minutes s’il ne reçoit pas 150 millions de dollars.

Fiche Technique : Non-Stop

Réalisation : Jaume Collet-Serra
Scénario: Ryan Engle, John W. Richardson, Chris Roach
Interprétation : Liam Neeson (Bill Marks), Julianne Moore (Jen Summers), Michelle Dockery (Nancy), Scoot McNairy (Tom Bowen), Nate Parker (Zach White), Corey Stoll (Austin), Lupita Nyong’o (Gwen), Omar Metwally (Dr. Fahim Nasir)…
Genre : Thriller
Sortie en salles : 26 mars 2014
Durée : 1h46
Directeur de la photographie : Flavio Martínez Labiano
Costumes : Catherine Marie Thomas
Montage : Jim May
Musique : John Ottman
Producteur : Joel Silver, Andrew Rona, Alex Heineman
Production : Universal Pictures, StudioCanal, Silver Pictures
Distribution : StudioCanal

Festival

Festival Lumière 2026 : Ray Gunn, le miracle de Brad Bird

Avec "Ray Gunn", Brad Bird ressuscite un projet vieux de trente ans dans un polar animé rétro-futuriste où l’héritage du film noir rencontre une société rongée par le racisme, la corruption et les faux-semblants. Entre virtuosité visuelle, richesse thématique et grand spectacle, le réalisateur des Indestructibles signe un bonbon à l’amertume néo-noir, aussi foisonnant que réjouissant.

Festival Lumière 2026 : Peking Opera Blues, Tsui Hark en maestro

Quarante ans après sa sortie hongkongaise, "Peking Opera Blues" arrive enfin dans les salles françaises le 21 octobre, restauré en 4K. Dans le Pékin chaotique de 1913, trois femmes que tout oppose se retrouvent à l’opéra pour une aventure où le vaudeville bouscule le pouvoir. Un classique survolté, tendre et irrésistible, (re)découvert au Festival Lumière 2026, dont Tsui Hark était l'un des grands invités.

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Newsletter

À ne pas manquer

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

Héros (2007) : Une séquestration sur les nerfs

Et c'est peut-être là que le film trouve sa plus belle idée : faire de la solitude un personnage à part entière, invisible mais omniprésent, qui hante chaque recoin de l'appartement. Pierre Forêt ne cherche pas tant à être aimé qu'à être enfin entendu, et c'est cette nuance qui donne au personnage sa fragilité touchante. On en sort avec l'impression étrange d'avoir ri à des choses qui ne font pas rire, et d'avoir pleuré à des choses qui ne font pas pleurer non plus. Tout le paradoxe de ce Héros, et sans doute sa plus grande force.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Minotaure : nourrir l’ogre

Exilé en France, Andreï Zviaguintsev est de retour, neuf ans après le mémorable Faute d'amour. Reprise de La Femme infidèle de Chabrol, cette chronique d'un adultère virant au drame fait écho à la Russie de 2022 qui entamait alors son "opération spéciale". Analyse d'un film aussi riche que stimulant.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.