Avec Disclosure Day, The Christophers et Le Vertige, John Williams, David Holmes et Franck Lascombes signent trois partitions où la musique ne dit plus seulement le film : elle déplace la question de l’auteur, de la signature et de l’identité sonore.
Quand les salles d'enregistrement lui sont devenues inaccessibles, Jonny Greenwood a pris un violoncelle et réaccordé les cordes à la main, une prise après l'autre, pour atteindre chaque hauteur voulue. La contrainte n'a pas appauvri la texture orchestrale de The Power of the Dog. Elle a forcé une attention au geste que cent musiciens disponibles auraient rendue inutile. C'est là, dans cette chambre sans orchestre, que le son cesse d'être une intention et devient une matière.
Trois films, trois compositeurs, trois façons radicales de ne plus seulement faire écouter la musique, mais de la faire habiter le spectateur : calibrer sa distance au monde, repousser ses frontières physiques, et synchroniser son pouls sur celui du film. Cette semaine, la bande-son cesse d’être un accompagnement. Elle devient une mesure précise du corps.
Un joueur de ping-pong propulsé dans les années 1980 par un score synthétique alors qu'il vit en 1952. Une réalisatrice atteinte d'un cancer dont la fragilité émerge sous le glamour grâce à des drones d'orgue. Un prisonnier politique qui s'échappe mentalement par la comédie musicale. Les bandes originales de Marty Supreme, Coutures et Kiss of the Spider Woman ne décorent pas l'histoire — elles sauvent les personnages.
Dans des studios loués entre deux dates de tournée, Charli XCX a composé sa réponse gothique à Wuthering Heights. L'album le plus sombre de sa carrière accompagne le film d'Emerald Fennell avec Margot Robbie — 34 minutes où l'hyperpop cède la place aux landes anglaises.
Imaginez la scène : deux hommes discutent, la caméra les filme, leurs lèvres bougent. Mais la musique monte, monte encore, jusqu'à couvrir complètement leurs voix. Le réalisateur ne baisse pas le volume — il laisse faire. Des sous-titres apparaissent à l'écran pour que le spectateur puisse suivre ce qu'ils se disent pendant que la chanson prend toute la place. Cette semaine en salle, un thriller coréen, un drame français sur la Résistance et un film d'horreur américain partagent le même refus : laisser la musique sagement en arrière-plan.
Les guitares électriques hurlent pendant que Siegfried tue le dragon. L'orchestre enveloppe Merlin dans une nappe de cordes éthérées. Deux séries sorties à seize jours d'intervalle en janvier 2026, deux paris musicaux diamétralement opposés — Die Nibelungen - Kampf der Königreiche provoque un scandale avec son mélange rock-orchestre tandis que The Pendragon Cycle rassure avec sa partition classique. L'un divise l'Allemagne, l'autre rassemble les critiques, mais derrière cette opposition se cache une question beaucoup plus profonde : comment fait-on sonner un mythe qu'on chante depuis 4000 ans ? Voici les morceaux clés, où les trouver, et pourquoi Wagner reste la clé pour tout comprendre.
En janvier 2026, deux séries adaptent des légendes médiévales avec des approches musicales radicalement opposées. Mais derrière ce clash entre rock moderne et orchestre classique se cache une vérité fascinante : ces histoires de héros, de dragons et d'amours impossibles sont chantées depuis 4000 ans, transmises de la steppe pontique jusqu'aux plateformes de streaming par des peuples qui ne connaissaient que la musique pour perpétuer leur mémoire.
Depuis le 29 janvier, La Chronique des Bridgerton est de retour avec sa saison 4, et la série continue sa tradition de reprises orchestrales. Cette fois, Taylor Swift, Olivia Rodrigo, Usher, Paramore et Coldplay dansent dans les bals de la Régence. La Partie 1 (épisodes 1 à 4) propose 6 reprises pop transformées en musique classique : "Enchanted" de Taylor Swift, le morceau que les fans réclamaient depuis des mois, "Bad Idea Right?" d'Olivia Rodrigo, "All I Wanted" de Paramore, et même "DJ Got Us Fallin' In Love" d'Usher en version quartet à cordes. Derrière ces arrangements : Kris Bowers (compositeur Emmy Award) et Justin Kamps (superviseur musical). L'effet est immédiat : Shazam tourne, TikTok viralise, les playlists explosent. La Partie 2 arrive le 26 février avec de nouvelles surprises. Découvrez la playlist complète avec le contexte de chaque morceau.
Un pianiste monte sur scène, ouvre la partition, s'assoit au piano. Il ne joue pas. Le public attend. Une minute passe, puis deux, puis trois. Aucune note ne sort. Nous sommes le 29 août 1952, au Maverick Concert Hall
de Woodstock. L'œuvre que David Tudor vient de ne pas jouer s'appelle 4'33". Son compositeur, John Cage, a écrit une partition sans une seule note. Juste trois mouvements marqués "TACET" — silence, en latin.
Depuis cette soirée, le silence n'est plus l'absence de musique. Miles Davis en fait un instrument dans le jazz, Arvo Pärt une structure dans le minimalisme. Le cinéma l'utilise pour amplifier la tension (*No Country for Old Men*, *A Quiet Place*). Aujourd'hui, dans l'ère du streaming continu, le silence se raréfie. Mais il reste ce qui permet au son d'exister vraiment. De Cage à Instagram, du concert à l'écran, retour sur un siècle de silences
qui font de la musique ou qui la révèlent.
Timothée Chalamet réinterprète Bob Dylan en live, Benjamin Wallfisch compose l'horreur orchestrale, Antonio Pinto sculpte le silence. Trois films, trois approches musicales : folk authentique, symphonie dissonante, minimalisme anxiogène. Les BO de la semaine décryptées.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »
Pionnier du cinéma français, héros de la Grande Guerre, bâtisseur visionnaire de l’empire Pathé-Natan, Bernard Natan fut aussi l’une des victimes les plus emblématiques de l’antisémitisme français. Avec "La Tragédie Bernard Natan", Pascal Bresson et Samuel Figuière donnent à voir un homme qui a contribué à moderniser le septième art avant d’être broyé par la haine, l’exclusion et la déportation.
Dans leur nouvelle bande dessinée, Elizabeth Barféty et Armelle entrent dans la vie d'une coopérative bio. Et elles y trouvent bien plus qu'un commerce.
Dans l’océan des adaptations du chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas, certaines œuvres prennent le large. Avec cette édition prestige réunissant deux volumes précédemment publiés, Patrick Mallet et Bruno Loth signent une traversée particulièrement convaincante du monument littéraire, portée par une narration limpide et un écrin éditorial à la hauteur de sa légende.
Bien avant le film d’animation et les records de la Switch, Mario menait déjà ses aventures sur papier. Avec "Super Mario Manga Adventures : Best Selection", Soleil Manga nous propose une anthologie aussi accessible que réjouissante, où l’humour débridé de Yukio Sawada croise plus de trente ans d’histoire Nintendo.