En confiant les deux volets de La Bataille de Gaulle à Volker Bertelmann puis à Théo Cascio, Antonin Baudry fait de son diptyque un objet musical rare, dont la rupture sonore éclaire aussi la réception critique.
Rone seul sur un catamaran au large de La Réunion, à attendre plusieurs jours avant de jouer ses premières notes pour une baleine à bosse. Koki Nakano qui compose ses 27 minutes de musique pour les deux heures de film de Naomi Kawase sur le don d'organe pédiatrique au Japon. Kane Parsons, vingt ans, qui co-compose la bande originale du plus gros succès de l'histoire d'A24, pour des espaces 3D vides hérités d'un mythe internet. Trois films sortis cette semaine, trois compositeurs face à un même geste : continuer à composer quand la garantie du destinataire est partie.
Avec Disclosure Day, The Christophers et Le Vertige, John Williams, David Holmes et Franck Lascombes signent trois partitions où la musique ne dit plus seulement le film : elle déplace la question de l’auteur, de la signature et de l’identité sonore.
Sur le film Rush, la BO composée par Hans Zimmer est une musique Rock associée à la vie de ses pilotes, Rock stars du monde sportif, du moins pour James Hunt. Une musique qui a la saveur des années 70, des chansons rock et pop, excellentissime, surtout "I Hear You Knocking" par Dave Edmunds, "Gimme Some Lovin" par Steve Winwood, et "The Rocker" de Thin Lizzy.
Tout commence par une belle rencontre, une histoire d'amour entre un cowboy flamand amoureux de l'Amérique, celle des grands espaces et une jeune femme multi- tatouée. Le tout sur fond de musique bluegrass, personnage clé d'un film où l'amour se noie.
Jeune & jolie explore, vagabonde sur les chansons légères de Françoise Hardy et le poème intemporel de Rimbaud "On n'est pas sérieux quand on a 17 ans", ramenant ce beau film à sa juste hauteur : une poésie contemporaine de l'adolescence, une nouvelle approche du mystère féminin, bref un joli conte juste et sensible.
La musique de Joseph Bishara est efficace, elle crée une parfaite ambiance sinistre grâce à cette alliance d'éléments allant du classique au punk, passant soudainement d'un genre à une autre, d'un mur de cacophonie, vous plongez dans une douce musique clairsemée toute aussi menaçante.
Marco Beltrami n'en est pas à sa première collaboration avec le réalisateur James Mangold après Yuma 3 h 10, une musique tragique, il réitère avec de superbes morceaux dans le film Wolverine : le combat de l'immortel.
La bande sonore du film World War Z prend une certaine dimension dramatique, une intensité marquant chaque instant clé, elle rehausse un film qui ne parvient pas à révolutionner le genre zombie.
L'histoire commence par la découverte d'une cassette bleue qui changera à jamais la vie d'une jeune fille vivant dans une communauté mormon dans l’Utah. Fascinée par ce qu'elle écoute, une musique écrite par Jack Lee Hanging on the phone, créée par le trio américain The Nerves, rendu célèbre par Blondie à la fin des années 70.
Dans Mamá, Velasquez libère dans cette partition une fureur terrifiante, des notes d'une beauté musicale luxuriante, une énergie puissante se diffusant et se déplaçant de la lumière vers les ténèbres, l'obscurité...
« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »
Dans "L’Âge des inutiles", David Da Silva croise Donald Trump, la Silicon Valley, l’intelligence artificielle et le cinéma pour poser une question simple mais inquiétante : et si le progrès que nous célébrons préparait déjà notre propre déclassement ? Non pas la grande apocalypse mécanique promise par la science-fiction, mais quelque chose de plus discret et rationnel : un monde où l’humain deviendrait peu à peu l’élément le moins rentable du système.
Un sex-shop, une vendeuse qui en a vu d’autres et Hugo, collègue aussi candide qu’intarissable : il n’en faut guère davantage pour transformer godes, porno, fantasmes et petites misères sexuelles en machine à gags. Sans prétendre révolutionner la gaudriole, cette BD trouve son meilleur carburant dans le télescopage entre la banalité du commerce et ce que ses produits ont de délicieusement embarrassant.