Dope: Musique, Bande Originale

Dope – La B.O./Trame sonore/Soundtrack

Le Nouveau Prince de Bel Air

Univers hip-hop des années 90,  Zoë Kravitz, hommage au clips musicaux et l’émergence de la musique électronique… Comment pourrait-on passer à côté de cette « nouvelle » sortie (4 novembre 2015) qui a secoué Sundance et remporté le prix du public à Deauville. D’autant plus qu’au générique, on peut lire deux noms à la composition musicale : Germaine Franco et Pharrell Williams ! Si le point fort du film de Rick Famuyiwa, hommage au teen-movie des nineties est la musique, le superviseur musical et producteur délégué que l’on vient d’énoncer ci-dessus y est peut-être pour beaucoup. Les trois jeunes personnages principaux, condensés de toutes « minorités » (homosexualité, geek, couleur de peau ou origines latino) made in Hollywood (oui car personne n’est moche!) forment un groupe de hip-hop/punk nommé Awreeoh. Prêts à faire les 400 coups ensemble, Malcolm leader timide, se transforme en Walter White lorsque lui vient l’opportunité de dealer pour faire pression sur celui qui peut l’accepter à Harvard. L’univers musical, décomplexé et toujours entraînante, est en totale inadéquation avec le véritable contexte sous-jacent, problématique sociale qui touche beaucoup plus de jeune que l’on ne le croit, l’intégration dans une société moulée différemment. Et malheureusement le film ne développe jamais assez les personnages pour se concentrer sur une intrigue superficielle peu intéressante, mais il a le mérite d’injecter du sang neuf notamment grâce à l’OST. Derrière Awreeoh se cache Pharrell Williams et ses 4 compositions originales : « Don’t Bring Me Down », « Go Head », « Don’t Get Deleted » et « It’s My Turn Now » qui par ses beats saturés et son crescendo hip hop/électro reconstitue l’espoir urbain et la joie décomplexée que cherche à véhiculer le film.

Soundtrack Dope

Interprétée par

01. « Rebirth of Slick » Digable Planets

02. « Can’t Bring me Down » Awreeoh

03. « The World Is Yours » Nas

04. « Go Head » Awreeoh

05. « Rebel Without a Pause » Public Enemy

06. « Don’t Get Deleted » Awreeoh

07. « Scenario, » A Tribe Called Quest

08. « Cocaina Shawty » Kap G

09. « Poppin’ Off » Watch the Duck
https://www.youtube.com/watch?v=M-1Qt-7_xq0

10. « The Humpty Dance, » Digital Underground

11. « New Money » Buddy

12. « Hip Hop Hooray » Naughty by Nature

13. « Dirty Feeling » LolaWolf

14. « Home Is Where the Hatred Is » Gil Scott-Herron

15. « It’s My Turn Now » Awreeoh

Pour ouvrir sur l’univers hip hop des années 90, la rédaction attend avec impatience The Get Down de Baz Luhrmann prévu pour 2016 sur Netflix.

Pour avoir accès au site du film Dope : cliquez ici

Behind The Scenes

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

Ni vue, ni connue : une figurante (trop) douée

Après l’échec relatif des "Cyclades", Marc Fitoussi retrouve une inspiration remarquable avec "Ni vue, ni connue", une comédie à la fois drôle, caustique et sensible. En confiant à Isabelle Huppert le rôle d’une figurante obstinée rêvant de décrocher enfin un véritable rôle, le réalisateur signe un contre-emploi aussi audacieux que pertinent. À travers le parcours semé d’humiliations de Corinne Maclou, le film explore avec finesse l’invisibilité de ceux qui peuplent les marges du spectacle. Entourée de comédiens et réalisateurs jouant leur propre rôle, la figurante tente inlassablement de se faire une place dans un univers dominé par les rapports de pouvoir et les réseaux. Si le scénario se montre parfois prévisible, ce défaut est largement compensé par la qualité des dialogues, l’acuité du regard porté sur le milieu artistique et l’autodérision permanente d’Isabelle Huppert. Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait aussi drôle que cruel de la condition de figurant, sans jamais perdre de vue l’humanité de son personnage. Une excellente comédie qui conjugue intelligence, émotion et mordant.

Reefer Madness : C’est de la bonne !

Du jazz, des joints, des meurtres et des bigots en roue libre : Reefer Madness transforme la propagande antidrogue en comédie musicale complètement perchée. La prohibition n’a jamais été aussi funky !

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

The Social Reckoning : la data du jugement

Aaron Sorkin repasse derrière la caméra pour raconter les "Facebook Files", la lanceuse d'alerte Frances Haugen et un Mark Zuckerberg glaçant joué par Jeremy Strong. Un film-dossier dynamique et limpide, à la mise en scène sage, qui interroge notre rapport aux réseaux sociaux et à la vérité.
Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

La Bataille de Gaulle : pourquoi Antonin Baudry a confié son diptyque à deux compositeurs opposés

En confiant les deux volets de La Bataille de Gaulle à Volker Bertelmann puis à Théo Cascio, Antonin Baudry fait de son diptyque un objet musical rare, dont la rupture sonore éclaire aussi la réception critique.

La Baleine et le musicien, L’Illusion de Yakushima, Backrooms : trois compositeurs face à un destinataire qu’on n’attendait pas

Rone seul sur un catamaran au large de La Réunion, à attendre plusieurs jours avant de jouer ses premières notes pour une baleine à bosse. Koki Nakano qui compose ses 27 minutes de musique pour les deux heures de film de Naomi Kawase sur le don d'organe pédiatrique au Japon. Kane Parsons, vingt ans, qui co-compose la bande originale du plus gros succès de l'histoire d'A24, pour des espaces 3D vides hérités d'un mythe internet. Trois films sortis cette semaine, trois compositeurs face à un même geste : continuer à composer quand la garantie du destinataire est partie.

John Williams, David Holmes, Dupieux : trois musiques de films qui brouillent les pistes

Avec Disclosure Day, The Christophers et Le Vertige, John Williams, David Holmes et Franck Lascombes signent trois partitions où la musique ne dit plus seulement le film : elle déplace la question de l’auteur, de la signature et de l’identité sonore.