L’Âge de glace : les lois de l’univers, un film de Mike Thurmeier : Critique

L’âge de glace revient pour une cinquième aventure incroyable, encore plus folle et extravagante que les précédentes.

Synopsis : Toujours à la poursuite de son gland, Scrat finit, malgré lui, dans une soucoupe volante, provoquant la collision entre deux planètes. Les débris forment des astéroïdes en direction de la Terre. Manny, Diego, Sid, et le reste de la meute retrouve leur ancien ami Buck et collaborent ensemble pour sauver leur planète…

Une dernière aventure explosive !

Après avoir survécu à la fonte des glaces, aux dinosaures ou à la dérive des continents, nos héros doivent littéralement sauver le monde entier d’un astéroïde qui fonce droit eux. Dans ce nouveau film d’animation, Blue Sky voit les choses en grand, en ramenant tout les personnages préférés des précédents opus, ainsi, le célèbre Buck du troisième épisode est de retour pour notre plus grand plaisir. Mais chaque long-métrage de la saga amène aussi son lot de nouveaux personnages, comme le fiancé de Pêche, Julian, Shangri Lama, ou encore Brooke, qui arriveront facilement à trouver une place dans le cœur des fans.
Entre les anciens, et les nouveaux arrivants, nous avons ici le plus gros casting depuis L’âge de glace premier du nom.

D’un point de vue technique, Les lois de l’univers est certainement le plus beau des cinq films. Nous avons un univers très coloré, rappelant l’atmosphère du Temps des dinosaures, assez différent des autres chapitres, misant sur les couleurs froides de la banquise. Les effets spéciaux sont très réussis, que ce soit la partie de Scrat dans l’espace, ou celle de nos héros sur Terre, nous sommes loin des images de synthèse du début des années 2000. Les décors sont moins vides et plus fournis en détails.

De plus, le montage de James Palumbo rend l’animation très dynamique, à travers un scénario qui ne s’arrête jamais à cause des nombreux rebondissements et de la menace de l’astéroïde.

Cependant, le défaut majeur de L’Âge de glace : les lois de l’univers se trouve justement dans cette technique qui se veut grandiose. Nous sentons que les scénaristes souhaitent en faire le plus possible dans ce qui semble être la conclusion d’une saga commencée il y a 13 ans.
Ce trop-plein d’artifices et d’effets spéciaux, mêlé à un humour grossier mal adapté dans certaines situations, rendent le récit de plus en plus balour au fur et à mesure des mésaventures de nos héros.
Première conséquence, l’insistance sur le comportement ridicule du personnage de Buck en devient vite agaçante. En contre partie, notre chère Mémé aurait mérité plus de temps à l’écran pour nous dévoiler de nouveaux numéros hilarants, dignes du précédent long-métrage.

Ainsi, cela sera le principal problème : l’équilibre du temps de passage dans le film à cause de son imposante distribution. L’histoire repose sur ses personnages et leurs évolutions, assez bien construites depuis le commencement. Malheureusement, en dehors de la famille de Manny, aucun personnage n’est vraiment développé. Avec 11 animaux à suivre et 3 nouveaux venus, le récit est devenu choral. Nous regrettons surtout le manque de scènes entre nos trois héros Sid, Manny et Diego. Heureusement la mascotte reste intacte, on se régale toujours autant devant les pitreries de Scrat, seul responsable de tous les événements catastrophiques de ce nouvel épisode. Ses aventures dans l’espace sont vraiment originales, innovantes, mais ce n’est pas une vraie surprise, ce petit écureuil constitue à lui seul le succès de L’Âge de glace.

Malgré ces défauts, nous gardons une cohérence dans l’évolution de nos héros. Manny et Ellie vivent la dernière étape dans leur vie de parents, avant de laisser leur enfant voler de ses propres ailes. Du côté de Diégo, il se montre heureux avec Kira, et ils imaginent fonder une famille. Enfin, après tant de recherches, tant de difficultés, Sid, le magnifique, trouve finalement l’amour, ou plutôt, l’amour l’a trouvé.

Nous voyons dans cette intrigue la parfaite conclusion pour tous nos personnages, malgré certains couacs portant préjudice au scénario.
L’Âge de glace : les lois de l’univers devrait satisfaire le public qui suit les aventures de Manny, Diego, Sid et Scrat depuis plus de 10 ans, en dépit d’une narration qui souffre d’un humour parfois mal amené. Désormais tous nos héros sont heureux aux côtés de leurs moitiés, il n’est peut-être pas nécessaire de pousser l’histoire sur un sixième film après ce point final…

L’Âge de glace : les lois de l’univers : Bande-annonce

L’Âge de glace : les lois de l’univers : Fiche Technique

Titre originale : Ice Age : Collision Course
Réalisation : Mike Thurmeier, Galen T. Chu
Scénario : Michael J. Wilson
Doublages (VO) : Ray Romano (Manny), John Leguizamo (Sid), Denis Leary (Diego), Queen Latifah (Ellie), Keke Palmer (Pêche), Jennifer Lopez (Kira), Simon Pegg (Buck), Wanda Sykes (Mémé), Chris Wedge (Scrat), Jesse Tyler Ferguson (Shangri Lama), Adam DeVine (Julian), Nick Offerman (Gavin), Max Greenfield (Roger), Stephanie Beatriz (Gertie), Melissa Rauch (Francine), Michael Strahan (Teddy), Jessie J (Brooke), Neil deGrasse Tyson (Neil deBuck Weasel)
Doublages (VF) : Gérard Lanvin (Manny), Élie Semoun (Sid), Vincent Cassel (Diego), Armelle Gallaud (Ellie), Lisa Caruso (Pêche), Laura Blanc (Kira), Emmanuel Curtil (Buck), Évelyne Grandjean (Mémé)
Montage : James Palumbo
Musique : John Debney
Producteurs : Lori Forte, Carlos Saldanha, Chris Wedge
Sociétés de production : 20th Century Fox Animation, Blue Sky Studios
Société de distribution : 20th Century Fox
Durée : 94 minutes
Genre : Animation, comédie
Date de sortie : 13 juillet 2016

Etats-Unis – 2016

Festival

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Deauville 2026 : The Last Pickpocket in New York, les mains dans les poches

Comment survivent les voleurs à la tire dans notre société moderne ultra connectée, où l'argent est devenu virtuel et les téléphones des traceurs ambulants ? En partant de cette question simple, "The Last Pickpocket in New York" propose un polar urbain délicieusement rétro qui rend hommage aux classiques du genre. Porté par la performance impeccable de John Turturro, le film convainc plus par son atmosphère nostalgique que par son scénario ingénu.

Deauville 2026 : The Man I Love, la fureur de vivre

Dans "The Man I Love", Ira Sachs met en scène Rami Malek dans le rôle d'un acteur confronté à la mort. Entre répétitions, danses, chants et désirs sexuels, il compose une ode à la vie exaltant le plaisir de chaque instant. Un drame queer qui manque malheureusement de consistance et d'émotion pour pleinement s'affirmer.

Deauville 2026 : Mouse, la souricière du chagrin

Présenté en compétition au Festival de Deauville après avoir reçu un très bon accueil à la Berlinale, "Mouse" déploie un récit de deuil adolescent sensible et délicat porté par un somptueux duo d’actrices. En filmant l’intime avec autant de tendresse que de naturalisme, Kelly O’Sullivan et Alex Thompson s’imposent comme des cinéastes incontournables du cinéma indépendant américain.

Newsletter

À ne pas manquer

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Maxime Kasparian
Maxime Kasparianhttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant master cinéma-audiovisuel, je suis un passionné du cinéma depuis mon plus jeune âge grâce la saga intergalactique Star Wars (il est évident de vous dire que mon film préféré jamais détrôné à ce jour est L’empire contre-attaque). J’ai aussi une profonde addiction pour les séries télévisées notamment Lost et 24h chrono qui sont pour moi les plus novatrices, et malgré mon âge qui a largement dépassé la vingtaine, je garde une âme d’enfant en continuant de regarder avec amour les nouveaux films d’animation Disney, Pixar et compagnie. Mes artistes de références : James Cameron, Steven Spielberg, Ridley Scott, JJ Abrams, Joss Whedon, Shonda Rhimes, Ewan McGregor, Michael Fassbender, Matthew McConaughey, Meryl Streep, Jennifer Lawrence, Sigourney Weaver, Cate Blanchett. J’espère percer dans la critique, j’adore parler et débattre du cinéma, de télévision, de séries télés qui sont, pour moi, les meilleurs moyens de s’évader, de faire rêver, mais aussi de refléter notre société et nos cultures.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

The Dog Stars : Ridley Scott s’essaie au post-apo (en pantoufles)

Dans un monde post-pandémique, Ridley Scott livre un survival maîtrisé mais sans surprise, porté par Jacob Elordi, Josh Brolin et Margaret Qualley dans les paysages du Colorado.