Gone Girl, un film de David Fincher : Critique

Synopsis : A l’occasion de son cinquième anniversaire de mariage, Nick Dunne signale la disparition de sa femme, Amy. Sous la pression de la police et l’affolement des médias, l’image du couple modèle commence à s’effriter. Très vite, les mensonges de Nick et son étrange comportement amènent tout le monde à se poser la même question : a-t-il tué sa femme ?

Une femme a disparu

Depuis le début de sa carrière il y a déjà plus de vingt ans, David Fincher s’est créé une place à part au panthéon des réalisateurs américains. Manieur d’images iconoclaste, son nom suffit à attiser la curiosité chez les cinéphiles du monde entier. Alors, lorsqu’il s’associe à une écrivain de la qualité de Gillian Flynn, dont les romans sombres à l’univers glauque et réaliste ont glacé le sang de millions de lecteurs, on est en droit de s’attendre au meilleur.

Casting quatre étoiles

Les adaptations, Fincher connaît bien. On a tendance à l’oublier, mais Fight Club était, à la base, un roman de Chuck Palahniuk. Et son dernier film n’était autre que sa vision du premier tome de Millenium. Gone Girl est un challenge bien plus compliqué à mettre en scène. Ceux qui ont lu le roman, construit sous la forme d’une alternance de points de vue, dont une moitié à la manière d’un journal intime, pouvaient douter de le voir adapté un jour, tant il semblait compliqué d’en faire un ensemble cohérent et cinématographique. En l’occurrence, Fincher a pu compter sur l’aide de Gillian Flynn, qui a elle-même rédigé le scénario.

Une bonne chose, puisque l’on retrouve parfaitement le mordant de ses dialogues, prononcés par un casting de très haute volée. Le couple Ben Affleck-Rosamund Pike fonctionne parfaitement, et cette dernière rentre parfaitement dans le rôle pourtant compliqué d’Amy Dunne, la fille disparue du titre. La réalisation de Fincher est également de très bonne facture, et les fans du metteur en scène seront en terrain familier, tant l’on retrouve son style caractéristique dans chaque plan, dans chaque mouvement de caméra calculé à la perfection. Alors, encore une victoire pour le roi David ?

Une adaptation plate

Pas vraiment, en fait. Sans surprises, Fincher suit à la lettre le scénario de Flynn, qui suit elle-même précisément le déroulement de son roman. Le problème, c’est qu’il ne rajoute rien à cette histoire, se contentant de faire le travail de façon presque mécanique, sans y insuffler un supplément d’âme. L’histoire satisfera donc les amateurs de polars sombres et tendus, aux retournements de situations multiples et bien amenés. Les fans du roman retrouveront l’ambiance glaciale et le machiavélisme du matériau originel. Mais il manque quelque chose, ce petit plus qui avait fait de The Game, par exemple, un monument de la manipulation.

Gone Girl est un bon film. Véritable plongée dans l’esprit dérangé d’un psychopathe, il surprendra les non initiés et ravira les amoureux du style si particulier de Gillian Flynn. Malheureusement, le soufflé a tendance à retomber, et on finit par assister aux événements avec un détachement clinique, auquel ne nous avait pas habitué le réalisateur. Si Gone Girl est un très bon thriller, glaçant et bien réalisé, il ne restera pas dans les annales comme le meilleur Fincher. C’est le problème d’avoir de telles attentes : à la fin, on est forcément déçu…

Gone Girl : Bande-annonce

Gone Girl : Fiche technique

Réalisation : David Fincher
Scénario : Gillian Flynn
Interprétation : Ben Affleck (Nick Dunne), Rosamund Pike (Amy Dunne), Carrie Coon (Margo Dunne), Kim Dickens (l’officier Boney), Tyler Perry (Tanner Bolt), Neil Patrick Harris (Desi Collings)
Directeur de la photographie : Jeff Cronenwerth
Compositeurs : Trent Reznor, Atticus Rose
Monteur : Kirk Baxter
Société de production : Cean Chaffin, Reese Witherspoon, Joshua Donen, Arnon MilchanProduction : New Regency Pictures, Pacific Standard, Regency Enterprises, Artemple-Hollywood
Distribution : Twentieth Century Fox France
Durée: 149 minutes
Genre: Thriller
Date de sortie: 8 octobre 2014

Etats-Unis – 2014 

Auteur : Mikael Yung

 

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